L'arrivée de Xavier Desharnais et de Tomi Stefanovski, samedi lors de la Traversée du lac St-Jean à Roberval.

Une victoire méritée pour Desharnais

De l'avis de Simon Tobin et David Bilodeau, Xavier Desharnais n'a pas volé sa victoire samedi dernier à la Traversée internationale du lac St-Jean.
<p> Simon Tobin</p>
Tobin, le meilleur nageur en eau libre au Québec et peut-être au pays jusqu'à sa retraite il y a deux ans, et Bilodeau, un Forestois d'origine qui a déjà terminé deuxième à Magog, donnent tout le crédit à Desharnais.
Tobin, qui prenait place sur le quai à Roberval au moment de l'arrivée de Desharnais, parle d'une course sans faute du sherbrookois de 24 ans. «Xavier était dans sa journée. Je crois sincèrement que le nageur qu'il craignait le plus est l'autre québécois, Philippe Guertin. Quand ce dernier a lancé une attaque pour s'échapper vers le 20e kilomètre et que ça s'est tourné contre lui, Xavier a certainement pris bonne note que le chemin était libre si je peux parler ainsi, car il est demeuré dans un peloton avec Blaum et Stefanosvski. C'était un groupe de trois nageurs avec le même profil et personne n'était en mesure de larguer les autres. On connaît la suite», d'expliquer Tobin.
Celui-ci se demande maintenant si Xavier Desharnais ne sera pas trop sollicité par les médias qui voudront se l'arracher à quelques jours du marathon de 34 kilomètres de la Traversée du lac Memphrémagog. «Xavier ne doit rien modifier à son plan estival. Qu'il célèbre à la fin de l'été et il donnera à ce moment-là toutes les entrevues qu'il voudra bien. Ça peut être dangereux pour lui s'il déroge de son plan», estime Simon Tobin.
<p>David Bilodeau</p>
Chapeau Xavier
Quant à David Bilodeau, qui a déjà coaché Desharnais lorsque celui-ci débutait en natation, il n'était pas présent au lac St-Jean, mais il sait plus que quiconque la somme de travail qui se cache derrière cette victoire chèrement acquise à Roberval. «Les gens n'ont pas idée les efforts et les sacrifices que cette discipline demande. Moi j'ai décroché vers 22, 23 ans. Xavier continue de s'investir complètement. Ce n'est pas le sport le plus glamour; il y a la recherche constante de commanditaires, sans oublier que Xavier a subi un dur coup en 2012 quand il avait raté de peu la qualification des Jeux Olympiques de Londres. Comme si ce n'était pas suffisant, il se complique la vie en étant végétalien», de blaguer Bilodeau qui n'a jamais douté des capacités de Desharnais de gagner un jour un marathon dans les eaux québécoises.
À savoir si Xavier Desharnais risque de passer à côté de son rendez-vous samedi prochain au marathon de 34 km qui l'attend à Magog s'il se laisse distraire par toutes les demandes d'entrevue d'ici là, David Bilodeau ne partage pas l'opinion de Simon Tobin.
«C'est la rançon de la gloire et il faut composer avec ça. Xavier pourrait tirer profit de cette énergie qui le suivra partout cette semaine pour être gonflé à bloc samedi au moment du départ», d'enchaîner Bilodeau.