Marc Quessy

Une surprise pour Niemeyer, la consécration pour Turcotte

«Ça me rappelle qu’il y a 10 ans exactement, ou presque, je disputais mon dernier match en carrière, à la Coupe Rogers, à Montréal, contre le meilleur joueur au monde, Roger Federer. Le temps file», a rigolé Frédéric Niemeyer.

Alors âgé de 33 ans, Niemeyer, classé 487e au monde, a livré une chaude lutte à l’un des meilleurs joueurs de tous les temps, s’inclinant 7-6 (7-3), 6-4 devant un stade bondé.

«Ce dernier match est devenu un souvenir impérissable, comme dans un film. Il a bien joué, j’ai bien joué, le meilleur a gagné. J’ai terminé ma carrière devant les miens, c’était en quelque sorte, un cadeau pour eux et l’un de mes plus beaux moments», a expliqué le tennisman de Deauville.

Il a gagné sept titres en Challenger et il a atteint le second tour à Wimbledon, en 2003. Il a également joué aux Jeux olympiques d’Athènes et de Pékin. Son meilleur classement sur l’ATP fut 134e, en 2004.

«Ma carrière m’a amené beaucoup de choses, j’ai voyagé, j’ai vécu des expériences inoubliables. J’ai été un peu surpris, d’apprendre que je serais honoré de la sorte. Je ne considère pas avoir atteint un niveau si élevé. C’est un bel honneur, je reste très humble; j’ai peut-être aidé à tracer le chemin pour ceux qui ont suivi par la suite, j’ai eu un peu mon mot à dire sur cette relève qui nous fait tant honneur», a dit celui qui fut un mentor pour Milos Raonic, entre autres, et qui travaille pour Tennis Canada depuis décembre 2009.

Le bronze pour Turcotte

Le patineur de vitesse Mathieu Turcotte a contribué à poursuivre l’excellence sherbrookoise en patinage de vitesse courte piste, avec trois médailles olympiques, dont l’or au relais 5000 m à Salt Lake City en 2002 et le bronze au 1000m individuel.

«C’est quelque chose, être honoré de la sorte, je ne m’attendais pas à ça. On y pense, mais il y a tellement d’athlètes qui ont bien fait, dans le passé. C’est un grand honneur, l’appel fut une belle surprise. Ça ramène des souvenirs de Sherbrooke, de mon cheminement. Sherbrooke est très présent.»

«La fameuse course de 1000m où j’ai gagné le bronze, c’est une course un peu inconnue dans le patinage de vitesse, avec un dénouement soudain; l’Australien Steven Bradbury, qui était en 5e position, avec un demi tour à faire, a gagné la course car les quatre premiers ont chuté, dont moi. Je me suis relevé et j’ai fini 3e. Je n’étais pas pressenti pour remporter une médaille. Ce fut un moment fort.»

Le sport pour le plaisir

Marc Quessy a fait partie de l’équipe nationale canadienne de basketball en fauteuil roulant, mais c’est lors des quatre Jeux paralympiques auxquels il a participé qu’il s’est aussi distingué.

Au total, il a amassé huit médailles olympiques, dont l’or au marathon en 1988.

«Moi, j’ai jamais fait de sport pour les médailles ou la reconnaissance. Je le faisais parce que j’aimais ça. J’aime encore ça. Je suis extrêmement fier, et heureux. Je rejoins deux grands amis, dont André Viger et Jacques Martin, dont une halte située près de la promenade du lac des Nations porte son nom. Je suis fier de ce que j’ai fait. Sincèrement, je ne croyais pas recevoir un tel honneur. J’ai fait plusieurs courses, les championnats du monde et les Jeux panaméricains en basket, des Jeux paralympiques, ouin, j’en fait fait pas mal, finalement! Je continue à faire du sport parce que j’aime ça.»