Jacob Perreault et son père Yanic.
Jacob Perreault et son père Yanic.

Une soirée magique remise à plus tard pour les Perreault

Sébastien Lajoie
Sébastien Lajoie
La Tribune
Le 26 juin devait être une soirée magique pour les Perreault. Jacob, né à Montréal lorsque son père Yanic portait le chandail du Canadien de Montréal, devait logiquement être sélectionné en première ronde du repêchage 2020 de la LNH, qui devait se dérouler au Centre Bell. Mais la pandémie de la COVID-19 avait d’autres plans...

Ainsi, le repêchage 2020 a été repoussé. Certains avancent le mois d’octobre, ou même le mois de novembre, pour sa tenue.

Qu’à cela ne tienne, la pandémie n’a pas empêché Jacob Perreault de peaufiner sa préparation en vue de sa troisième saison dans la OHL. L’attaquant du Sting de Sarnia a mis les bouchées doubles, d’abord dans le sous-sol de la résidence familial à Chicago, et depuis quelques semaines, sur la glace, afin de passer à la prochaine étape. 

Le tout sous l’œil attentif de son paternel Yanic.

Choix de premier tour du Sting il y a deux ans, le jeune Perreault a bien fait à sa saison recrue au hockey junior canadien, et ce, malgré le fait qu’il n’avait que 16 ans. 

En 63 matchs, le jeune homme a marqué 30 buts et amassé 25 passes pour 55 points et un différentiel positif de plus un. Seuls un joueur de 20 ans et deux joueurs de 19 ans ont alors présenté de meilleures statistiques chez le Sting dirigé par l’ancien défenseur des Stars de Dallas Derian Hatcher.

Perreault a fait encore mieux à sa deuxième saison, majorant sa production de buts (39) et de passes (31) pour 70 points, et ce, en seulement 57 rencontres.

La pandémie a cependant tout stoppé. Une bonne chose pour le Sting, qui a connu une saison ponctuée davantage de bas que de hauts.

Suivi de près

Responsable du développement des joueurs avec les Hawks de Chicago, Yanic Perreault a suivi de près la deuxième saison de fiston. Et surtout, il a aidé à encadrer la période morte créée par la pandémie.

« Quand tout s’est arrêté, tous les enfants (4) sont revenus à Chicago et depuis ce temps, tout le monde est à la maison. D’habitude on passe un peu de temps au Québec pendant l’été, mais là, avec les restrictions, c’est plus compliqué, alors on a décidé de rester à Chicago. Ici, les gars ont recommencé à s’entraîner sur la glace il y a environ un mois. Les camps de la LNH doivent recommencer vers le 10 juillet, on regarde tout ça, aller en sachant que tout peut changer très vite. L’avantage, c’est qu’on passe plus de temps en famille ! », a indiqué Yanic Perreault à La Tribune.

Liliane évolue en NCAA avec les Lakers de Mercyhurst, alors que Gabriel est avec le Mission de Chicago (bantam AAA) et que l’aîné Jérémy évolue en USPHL avec les Cougars de Chicago.

Les Perreault ne sont pas restés oisifs longtemps.

« On faisait nos entraînements en famille au sous-sol, pendant les premières semaines de la pandémie. Mais depuis un mois, certains centres d’entraînement ont rouvert et les arénas aussi. C’est par petits groupes, mais c’est très bien. Concernant la pandémie, la situation se passe relativement bien à Chicago. Le centre-ville a davantage été touché, au début de la crise, avec les maisons de retraite en tête, un peu comme au Québec. Il a fallu s’ajuster », a poursuivi celui qui a disputé 859 matchs dans la LNH (516 points).

Ce retour à l’entraînement est une motivation supplémentaire pour fiston Jacob, confirme le paternel, qui ne voulait pas que le jeune homme s’éloigne trop de la glace pendant la pandémie.

Si la famille a manqué le rendez-vous du 26 juin à Montréal à cause de la COVID, au moins, elle pourra se reprendre l’automne prochain.

« Au début, tout le monde avait hâte au mois de juin pour le repêchage. Surtout que cette année, ça devait avoir lieu à Montréal, où Jacob est né. Je jouais avec le CH à l’époque et il est né pas loin du Centre Bell. C’est sûr que ça aurait été spécial pour tout le monde. Depuis ce temps, on se demande quand ça (le repêchage) aura lieu. Ça circule que le repêchage se déroulerait en octobre, alors il y a encore plusieurs mois à passer avant d’y penser. De toute façon, Jacob s’est fait à l’idée », a précisé Yanic,

« L’important, entre-temps, c’est qu’il continue à s’améliorer à l’entraînement. Il a connu une bonne deuxième année, il a progressé par rapport à sa première année junior et ça, c’est encourageant. Il travaille fort depuis le début de l’été, il patine 4-5 fois par semaine et il fait quatre entraînements hors glace par semaine. Il a repris la forme ! En restant ici à Chicago, et en ayant accès aux patinoires un peu plus tôt qu’ailleurs, ce fut une bonne décision. Je ne voulais pas qu’il ne touche pas à la patinoire pendant plusieurs mois. »

En présentant des statistiques aussi intéressantes à son année de repêchage, Jacob Perreault a fait monter sa cote auprès des équipes de la LNH en vue du repêchage.

Le Sting, à l’opposé, a connu toutes sortes de difficultés, bouclant le classement écourté de la saison 2019-2020 au 17e rang de la OHL, avec une fiche de 22 victoires et 40 défaites.

Le Sting a perdu ses sept premiers matchs de la saison, et il a enfilé quelques séquences sans victoire au cours de la saison.

« Jacob a amélioré un peu de tout. À ta deuxième année dans le junior, tu sais à quoi t’attendre, mais tu ne peux tenir rien pour acquis. Il a été capable de garder la rondelle plus longtemps, il avait davantage confiance et il était plus fort physiquement. Il a aussi amélioré sa vitesse et son lancer. L’équipe était moins forte, et ce n’était pas toujours facile. L’équipe n’avait pas beaucoup de profondeur et ils ont eu plusieurs blessés. Ce n’est pas facile quand tu perds régulièrement. Et c’est une situation que Jacob n’avait jamais connue. Avec le Mission de Chicago, ils avaient une grosse équipe et ils ont gagné le championnat national. On a continué à l’encourager à travailler fort », a dit Yanic.

Des listes approximatives

La plupart des experts voient Jacob être sélectionné au premier tour du repêchage LNH.

En cette période estivale, et avec la tenue de la loterie vendredi soir, les « mock drafts » se sont multipliées au cours des dernières semaines.

« C’est sûr qu’il y en a beaucoup, des articles, des classements, des «mock drafts». Oui on les regarde, mais c’est pas la fin du monde. Certains t’aiment, et d’autres moins. Il a déjà vécu le repêchage de la OHL, tu dois en prendre et en laisser. Je commence à connaître ce groupe d’âge là né en 2002, les gars au Québec, aux États-Unis en Ontario, on suit ça aussi dans l’Ouest, on connaît le bassin. Il y a beaucoup de bons joueurs à travers le monde. Le plus important, c’est qu’il soit choisi par une équipe qui va l’aimer et qui va l’aider à continuer à se développer. Se faire repêcher et jouer dans la LNH, il y a encore une grosse coche et il comprend ça très bien. Il sait qu’il doit faire les efforts », a dit Yanic Perreault, qui a été repêché en troisième ronde (47e au total) par les Maple Leafs de Toronto en 1991.

Le père conseille le fils

La communication a toujours été bonne entre le père et le fils.

Jacob confirme qu’il écoute les conseils du paternel à la lettre, qui a suivi cette voie qu’il s’apprête à emprunter au cours des prochains mois.

Et entre-temps, lui aussi ne porte pas trop attention aux différentes listes de repêchage.

« Je ne m’y attarde pas vraiment, c’est simplement l’opinion de certaines personnes. Je sais que les équipes de la LNH ont leur propre liste, je leur ai parlé et je sais où je me situe environ dans leur liste. Surtout, ça me dit que je dois continuer à m’améliorer », a dit le jeune homme de 18 ans.

« Papa m’aide beaucoup, il a suivi ce chemin déjà, alors je suis ses conseils. On parle de mes matchs et durant la période morte, on se fixe des objectifs d’amélioration avec plus d’entraînement physique. »

« J’ai eu une bonne saison, mais on a eu des blessés et des suspensions, mais on a gardé le cap et on a pu finir l’année en force, mais c’est sûr qu’on n’a pas fait les séries. L’an prochain, il faut changer les choses et s’améliorer. »

« Je suis déçu de ne pas avoir pu terminer la saison, même s’il ne restait que six matchs à faire, je voulais les jouer. Quand la pandémie a frappé, la meilleure solution était de revenir à la maison et de profiter du temps en famille. On s’entraînait en famille, pendant que tout était fermé. On lançait des rondelles, on faisait des circuits au sous-sol et on courait dehors. Depuis quelques semaines, on peut s’entraîner de nouveau en gymnase et sur la glace », a dit celui qui participe à des entraînements dirigés par son père et par l’ancien joueur de la LNH Gino Cavalinni, qui s’occupe du Mission de Chicago.

« Je vais continuer à mettre les efforts. J’ai des choses à travailler, dont le «start and go», à partir de ma propre zone. Je veux aussi m’établir comme un joueur bon dans les deux sens de la patinoire. J’aimerais avoir plus d’opportunités an désavantage numérique l’an prochain », a-t-il dit.

« J’ai hâte à la prochaine saison. En fait, je serais prêt même si elle commençait demain ! »