Sébastien Ruette était accompagné de toute sa famille, mercredi. Lauriane, Félix, Simon, sa conjointe Genevieve Therrien et Laetitia.
Sébastien Ruette était accompagné de toute sa famille, mercredi. Lauriane, Félix, Simon, sa conjointe Genevieve Therrien et Laetitia.

Une sixième cérémonie d’intronisation, malgré la COVID [PHOTOS]

Sébastien Lajoie
Sébastien Lajoie
La Tribune
Malgré la pandémie de la COVID-19, le Panthéon des sports de Sherbrooke a tout de même procédé à sa sixième cérémonie d’intronisation, mercredi soir, au Théâtre Granada de Sherbrooke. Mesures de distanciation, port du masque, nombre réduit d’invités et désinfection des micros entre les interventions du maître de cérémonie, tout y était afin que les intronisés puissent savourer ce moment d’immortalité en dépit du contexte actuel.

Cette sixième cérémonie a fait une place toute spéciale au hockey, alors que quatre intronisés sont des figures très bien connues non seulement des amateurs sherbrookois, mais des amateurs de la LNH un peu partout en Amérique du Nord.

Mathieu Dandenault et Stéphan Lebeau ont été intronisés en tant qu’athlètes, alors que Claude (Piton) Ruel et Charles Thiffault ont été intronisés en tant que bâtisseurs.

Sébastien Ruette (Volleyball catégorie athlète), Roger H. Legault (Golf) et Jean-Guy Ouellet (multisports-volleyball), dans la catégorie Bâtisseurs, de même que le Trimemphré de Magog (triathlon) catégorie Événement, seront également immortalisés le long du lac des Nations, près de la Halte des Nations

La soirée était d’ailleurs sous la présidence d’honneur du copropriétaire du Phoenix de Sherbrooke (LHJMQ) et ancien joueur professionnel dans la LNH, Jocelyn Thibault.

En tout, ce sont environ 80 personnes qui ont assisté à cet événement, qui a pourtant l’habitude d’accueillir un peu plus de 200 convives.

« C’est un grand honneur pour moi d’être associé à cet événement. Le Panthéon des sports est un projet, et ça me fait plaisir de m’impliquer comme président d’honneur. Je félicite les intronisés de 2020 pour leur implication dans le monde du sport. Justement, le sport vit des moments difficiles. Et des soirées comme celle-là, ça fait du bien. On voit des gens, on parle de positif, on souligne des parcours inspirants », a dit Jocelyn Thibault.

« Je suis personnellement impliqué dans plusieurs causes, depuis la fin de ma carrière de joueurs. Et chaque cause implique le développement de nos jeunes sportifs. Vous avez eu une grande influence sur les jeunes, et vous en avez encore. C’est votre soirée, votre moment. »

Lebeau remercie son entourage

Vainqueur de la coupe Stanley avec les Canadiens de Montréal en 1993, Stephan Lebeau a connu une très productive carrière chez les juniors, avec Shawinigan, et dans la Ligue américaine de hockey, avec les Canadiens de Sherbrooke, avant de passer chez les pros, dans la LNH, mais aussi en Europe.

Passionné de hockey, il a été entraîneur dans la LHMAAAQ, dans la LHJMQ et il est encore aujourd’hui entraîneur-chef des Cougars du Collège Champlain (Ligue de hockey collégiale du Québec).

Il était accompagné de sa femme Chantal, mais aussi de son frère Patrick. Les deux frères ont disputé un match dans la LNH ensemble, avec le Canadien.

« Cet honneur touche droit au cœur. On ne pratique pas son sport pour recevoir des reconnaissances. Mais quand ça arrive, ça nous touche. Je suis très touché de cet honneur-là. C’est une grande fierté d’avoir cette reconnaissance de sa communauté. Je remercie les gens du Panthéon, et aussi tous les gens qui m’ont accompagné long de mon parcours. Oui, c’est moi qui suis à l’avant-scène, grâce à mon obsession pour le sport, qui m’a permis d’avoir une carrière extraordinaire, de vivre des expériences inoubliables, mais je les partage avec tous ceux et celles qui étaient présents pour moi. Ça ne fait pas tout seul. »

« Mon frère est ici avec moi, et ça, c’est précieux. Il m’a fait une passe sur un de mes buts, dans la LNH, à son premier match, et j’ai fait une passe sur son premier but dans la LNH. C’est très spécial. Charles Thiffault est ici, qui a été un de mes entraîneurs lorsqu’on a gagné la coupe Stanley avec le Canadien. Et Claude Ruel, qui était au développement des joueurs chez le CH à l’époque que j’étais avec Shawinigan. Il m’a tellement aidé, par son intensité. Et ma conjointe Chantal. On est ensemble depuis 37 ans, elle m’accompagne depuis que j’ai 15 ans. Elle a été témoin de tout. Ce sont des exemples de gens qui t’aident à atteindre les plus hauts sommets. »

Stephan Lebeau et sa conjointe Chantal Poulin

Un Sherbrookois d’adoption comblé

Le volleyeur Sébastien Ruette, un ancien du Vert & Or de l’Université de Sherbrooke, a connu une incroyable carrière internationale.

Après avoir été nommé recrue de l’année au Canada au niveau universitaire, celui qui est originaire de Nicolet joint l’équipe nationale de volleyball, en 1998.

Dès 2000, il met le cap vers la France, où il évoluera avec le Paris Volley, un club de première division de la Ligue professionnelle de France.

Il est par la suite nommé meilleur attaquant du « final four » lors de la Coupe des Champions, en 2003, le tournoi de volleyball le plus prestigieux en Europe.

Sa double nationalité canadienne et française lui permet d’être sélectionné à 86 reprises au sein de l’équipe nationale canadienne, et 20 fois sur l’équipe de France.

« J’ai fait mon cégep et mon université à Sherbrooke, avant de quitter pour l’Europe. Après ma carrière, je suis venu m’installer ici. C’est une immense fierté de savoir que j’aurai ma plaque autour du lac des Nations, où beaucoup de gens se promènent pendant toute l’année. Mes enfants n’étaient pas nés, lorsque je jouais au volleyball, alors ils vont pouvoir avoir des beaux souvenirs de son père », a-t-il dit.

« Ça permet de se rappeler de bons souvenirs. Quand je disputais des finales européennes, l’adrénaline qu’on avait sur le terrain, la cohésion avec les coéquipiers, les grandes foules. C’est incroyable de gagner des gros matchs », a dit celui qui travaille maintenant à la Banque Nationale, et qui était accompagné de sa femme et de ses quatre enfants, des jumelles, et des jumeaux.

« Je tenais à ce qu’ils soient avec moi pour ce moment. J’ai arrêté le volley à 29 ans, à cause d’une blessure, et les filles sont nées un mois ou deux après. J’aurais aimé qu’ils vivent ça, à l’époque, mais je suis content qu’ils partagent cette soirée-là avec moi. »

Un chercheur dans le monde du hockey

Entraîneur avec les Nordiques de Québec et avec le Canadien de Montréal, Charles Thiffault est vu par plusieurs comme l’un des plus grands enseignants du hockey.

C’est en 1974, avec Gaston Marcotte et Georges Larivière, qu’il fonde le Groupe de recherche et de développement en hockey, rattaché au département d’éducation physique de l’Université Laval.

« On nous appelait les “ pelleteux de nuages ”, se rappelle-t-il en rigolant.

Thiffault a été professeur à l’Université de Sherbrooke pendant 10 ans, et pendant huit autres années à l’Université Laval.

Il a entre autres participé à la formation et au perfectionnement des entraîneurs de hockey, un peu partout au Québec.

« Comme prof, enseignant et entraîneur de hockey, je prends cet honneur avec beaucoup d’humilité. Tu ne fais pas tout ce travail pour aller chercher une plaque commémorative. Ça amène un rayonnement, je crois, pour les hommes de hockey. Quand on a commencé, dans le domaine du hockey, on était en arrière, par rapport à ce qui se faisait dans d’autres pays. Dans nos observations, de ce qui se faisait ailleurs dans le monde, les records étaient battus, les standards s’amélioraient, mais le hockey, lui, il stagnait. Avec notre gang de « pelleteux de nuages », on a fait notre petite part pour faire avancer le sport. C’est un honneur pour tous ces enseignants du hockey. »

Trois fois la coupe pour Dandenault

Rares sont les anciens joueurs de la LNH qui peuvent se targuer d’avoir remporté la coupe Stanley. Ne serait-ce qu’une seule fois. Mathieu Dandenault, lui, l’a gagné à trois reprises, avec les Red Wings de Detroit (1997, 1998 et 2002)!

Une brillante carrière de 13 saisons dans la LNH pour celui qui a par la suite agi comme analyste de hockey à TVA Sports par la suite.

Pour le Sherbrookois, être immortalisé sur les bords du lac des Nations, c’est un retour dans le temps.

« Pour moi, le lac des Nations, c’est surtout les cours de ski nautique, à 7 h 30 le matin, deux fois par semaine, sur l’eau! Je suis toujours ému de revenir à Sherbrooke. Je suis aussi présent sur la murale à l’entrée du Palais des sports, et l’organisation du Phoenix de Sherbrooke a récemment retiré mon chandail des

Faucons, il y a quelques années. Je suis vraiment ému et choyé. L’esprit d’appartenance pour ma ville est très fort. Mes bons souvenirs quand j’étais jeune, mes années juniors. Quand on avait congé le dimanche, j’allais voir ma grand-mère qui me faisait de la compote aux pommes et elle me montrait tous les articles de La Tribune qui parlaient de moi! Cette intronisation, c’est aussi celle des membres de ma famille, de tous ceux qui m’ont aidé au fil du temps. Le succès que j’ai eu, c’est aussi grâce à eux. »-