Si les partisans ont réservé tout un accueil aux Cantonniers à leur retour de Magog, les joueurs, eux, ont refusé de célébrer à outrance leur médaille d’argent devant les amateurs.

Une satisfaction en demi-teinte pour les Cantos

Un petit groupe d’amateurs et quelques parents attendaient avec enthousiasme l’autobus des Cantonniers lundi en fin d’après-midi à l’aréna de Magog. Si les partisans ont accueilli leur équipe comme si elle ramenait la coupe Telus dans ses bagages, les joueurs, eux, n’avaient pas le même entrain.

C’est une équipe mi-figue mi-raisin qui est revenue de Sudbury au lendemain de sa défaite en finale des championnats canadiens face à une équipe « internationale » et plus vieille.

« Notre satisfaction est en demi-teinte, confie le défenseur William Villeneuve. Pour être franc, je suis déçu du résultat, mais notre saison a été incroyable. Tout le monde en sort grandi. Les 22 joueurs s’aimaient comme des frères. On a créé des liens solides et en fin de compte, c’est ce qui est le plus important. Le défi était grand. Les Hounds forment une grosse équipe. Les Cantonniers étaient encore jeunes. Ça se jouait lors d’un seul match et ils l’ont gagné. C’est ça le hockey. »

La défaite de 5-1 n’a rien de gênant en effet. Rappelons que dix joueurs des Hounds de Notre Dame sur 22 ne provenaient pas de la Saskatchewan et la formation comptait cinq joueurs de 17 ans contre aucun pour les Cantonniers.

« Les gars ont bien rivalisé contre une équipe construite différemment de la nôtre, rappelle l’entraîneur Félix Potvin. On savait que cette équipe-là était composée de cette façon donc ce n’est pas une excuse. On devait les battre et on a eu une bonne chance de le faire. »

Accueil bien mérité

Ne connaissant pas le résultat du tournoi et à voir la réaction des fans, il aurait été facile de croire que les Cantonniers avaient tout raflé.

« Je ne pouvais pas rater ça : je suis le fan numéro 1 de l’équipe, explique Samuel Messier. Chapeau aux gars, à l’entraîneur et à tout le monde. C’était une saison tripante. Je leur souhaite bonne chance dans leur prochain défi. On attendait depuis longtemps une édition comme celle-là et on est chanceux d’avoir vu ce groupe jouer ensemble. »

« Les joueurs méritent cet accueil, ajoute Potvin. C’est une belle sensation. Ils ont tout donné. Oui, il y a une déception : celle de ne pas ramener l’or. Mais être deuxième au Canada, ce n’est pas mal non plus. On y croyait et parfois, ça ne tourne pas de notre côté. »

« On a travaillé très fort, renchérit Patrick Guay. On a vécu une année exceptionnelle. On ne connaît pas ce genre de saison chaque année. C’était spécial. Maintenant, c’est terminé. Tout s’est passé très vite. C’était tellement le fun. On n’a pas de regrets. »

Pas de regrets, mais pas totalement satisfaits.

« On n’a pas totalement réussi notre mission selon nous, mais ça fait toujours plaisir de voir les partisans être fiers de leur équipe, admet Marshall Lessard. Pour une équipe de joueurs de 15 ou 16 ans qui affrontaient des adversaires de 17 ans ou 18 ans, c’est un bel accomplissement de perdre en finale. Je souhaite maintenant le meilleur à la prochaine édition. Avec un entraîneur comme Félix, tous les joueurs peuvent progresser. Maintenant, on devra se reposer afin de mieux recommencer l’entraînement, que ce soit ici ou ailleurs. »

Que du positif

Les membres des Cantonniers garderont des souvenirs mémorables de cette expérience à Sudbury.

« On joue ensemble depuis qu’on est jeunes. On va s’en rappeler toute notre vie », confirme Patrick Guay.

« On avait un groupe exceptionnel, poursuit-il. On refusait d’appliquer une pression inutile sur notre club même si notre groupe attirait l’attention depuis quelques années. Notre club est champion du Québec. Le Canada, c’est grand. C’est différent. Le pointage ne reflète pas l’allure de la partie. La victoire aurait pu aller d’un bord comme de l’autre. »

« On a vécu une grosse semaine, rappelle William Villeneuve. C’était intense. Sept matchs en sept jours, c’était exigeant. On a tout donné sur la patinoire et tous les joueurs sont heureux d’être revenus. On était complètement brûlés et on peut maintenant prendre du temps de repos. En finale, on a oublié la fatigue et on a tout donné. C’était le dernier match après tout. »

Même son de cloche de la part de l’entraîneur et du président.

« Il ne restait que six équipes au Canada, rappelle Potvin. Pour ces jeunes de 15 ou 16 ans, c’est une expérience de haut niveau. En tant qu’entraîneur, c’était une première. J’étais content d’aider les jeunes à vivre ça. Mais toutes les années, c’est à refaire. »

« Je suis très fier de ce groupe et c’est difficile de faire autrement, affirme Renaud Légaré, président des Cantonniers. Ils sont la deuxième meilleure équipe au Canada. On se souviendra longtemps de ce groupe à Magog. Ça pourrait se représenter si la structure de développement est solide. Et ça recommence dès mardi : 70 joueurs prendront part au précamp et on en sélectionne 40 qui poursuivront la semaine suivante. Notre saison ne se termine jamais on dirait! »

Chose sûre, les jeunes hockeyeurs n’en retirent que du positif.

« Plus un joueur joue bien en séries, plus il se rend loin et plus il montre ce qu’il sait faire. Ils ont eu la chance de se faire voir encore plus par les recruteurs. C’est bien pour nos joueurs classés assez haut pour le prochain repêchage, mais pour les autres aussi », clame Félix Potvin, qui ne peut garantir son retour la saison prochaine.

« J’ai de l’intérêt pour le junior majeur, mais ce n’est pas une priorité, indique celui qui sera au précamp des Cantonniers mardi. Présentement, je suis bien avec le groupe à Magog. J’ai plusieurs passe-temps en dehors du hockey. Selon les opportunités qui s’offrent à moi, je prendrai une décision. »