Une saison plus modeste pointe à l’horizon pour Soccer Magog

Comme partout ailleurs au Québec, la patience des jeunes adeptes du ballon rond à Soccer Magog est mise à rude épreuve avec la pandémie de la COVID-19. Julie Desmarais, présidente de Soccer Magog, croit toujours à une saison transformée.

Le soccer est le sport le plus populaire auprès des jeunes à Magog et dans la région avoisinante. La réputation du Festi-Tour, un tournoi d'envergure nationale organisé par Soccer Magog, n'est plus à faire alors que le tournoi a gagné une multitude de prix au fil des années. Le soccer tient le haut du pavé sur la scène sportive durant la saison estivale à Magog. La prochaine saison sera assurément beaucoup plus modeste, surtout que les scénarios les plus optimistes se tournent vers le mois de juin, pas avant, pour le début des activités.

« Pour le moment, on fait du surplace et c'est un peu frustrant. Soccer Québec n'est pas très bavard et c'est l'incertitude aussi pour eux. Nous aimerions informer davantage les parents, mais il faut avoir du concret. Toutefois, nous comprenons très bien ce qui se passe à la grandeur de la planète et bien sûr que le sport amateur n'est pas la priorité actuellement. Je veux tout de même assurer les parents que nous respecterons à la lettre les règles de sécurité au moment du retour au jeu si on obtient le feu vert éventuellement. Ça comprend les joueurs, les entraîneurs, les officiels, les spectateurs, tout le monde qui gravite autour d'un terrain de soccer », affirme la présidente.

À l'interne, les dirigeants de Soccer Magog essaient de prévoir les coups, se préparer à toute éventualité. L'entretien des terrains est toutefois hors de leur contrôle. « Un bon matin la bonne nouvelle va peut-être surgir et on pourra accueillir de nouveau nos joueurs. Lorsque cela se produira, il faudra s'assurer que les terrains seront en état d'accueillir les jeunes pour ne pas ajouter une autre attente de 7 ou 10 jours. L'entretien des terrains n'est assurément pas la priorité des employés municipaux par le temps qui court. Mais il faudra réagir rapidement le temps venu. Cela peut paraître anodin, mais ce serait inacceptable d'ajouter un autre délai au début de la saison parce que l'état des terrains ne le permettrait pas », ajoute Julie Desmarais.

Inscriptions

Difficile de savoir si le coronavirus a eu un impact négatif sur les inscriptions. Soccer Magog avait procédé à un blitz d'inscriptions avant la fin de l'hiver. Actuellement, on dénote à peine une centaine de jeunes de moins que l'an dernier à pareille date. Soccer Magog croit avoir une explication. « La différence se situe au niveau des jeunes provenant des municipalités environnantes. Des taxes de non-résident s'appliquent pour les familles des jeunes de l'extérieur. Ils doivent s'inscrire à Magog même, ce qui est présentement impossible. Les écoles étant fermées, on ne peut pas non plus solliciter les enfants et les parents. C'est ce qui explique la différence avec l'an dernier. Ce n'est pas inquiétant », prétend Julie Desmarais.

Cette dernière est consciente que la saison écourtée occasionnera des nouvelles façons de faire . « Le calendrier sera probablement organisé différemment, peut-être avec des programmes doubles pour les équipes le week-end. On n'écarte rien. Et s'il faut rembourser les parents parce que la pandémie s'étire dans le temps ou encore leur permettre de payer les frais d'inscription sur une plus longue période, nous serons très flexibles. »

Ironiquement, le 9 mars, quelques jours avant le début de la crise du coronavirus au Québec, Soccer Magog embauchait un nouveau directeur sportif en Omar Gueddari. « Aujourd'hui on peut affirmer que ce n'était pas le timing idéal, mais personne ne pouvait savoir. Comme on croit encore à une saison, ça prend une personne pour s'attarder aux préparatifs. On ne peut pas faire ça à une semaine d'avis quand le signal de départ sera donné. Omar en profite aussi pour produire des capsules pour nos membres », souligne la présidente.

Festi-Tour

Du côté du Festi-Tour, un tournoi qui attire annuellement entre 120 et 130 équipes, on ne peut pas dire qu'on se garoche aux portes pour s'inscrire. « Normal dans les circonstances, surtout que la dernière annonce du gouvernement sur les événements comme le nôtre pour les jeunes a laissé place à beaucoup d'interprétation, de renchérir Julie Desmarais. Est-ce que le tournoi, prévu début juillet, peut revenir dans sa forme actuelle? J'en doute. Pas facile d'organiser un tournoi avec la directive de la distanciation physique de deux mètres. Les équipes de l'extérieur auront peut-être moins le goût de voyager dans d'autres régions. Mais on peut certainement le tenir sur une base plus récréative, plus locale, avec moins d'équipes et un horaire moins serré. On peut aussi s'entraider entre tournois. Victoriaville présente également un très gros tournoi. J'ai vérifié et d'autres tournois dans la province prévus en été n'ont pas encore été annulés. Il y a peut-être moyen de s'organiser et travailler main dans la main. »