André Bolduc est responsables des porteurs de ballon chez les Alouettes de Montréal. — photo archives, la presse

« Une saison éprouvante » pour André Bolduc et les Alouettes  

SHERBROOKE — Les Alouettes de Montréal ont conclu une autre saison décevante, la fin de semaine dernière. Pour la quatrième année de suite, l’équipe ratera les éliminatoires. La situation est plus que jamais difficile. « Une situation éprouvante », confirme André Bolduc.

Ce dernier, qui était responsable des porteurs de ballon avec l’équipe maintenant dirigée par l’entraîneur américain Mike Sherman, indique qu’il prendra un petit congé, avant de reprendre le boulot dans quelques semaines.

La dernière saison a été exigeante, dit-il.

« C’est certain que c’est éprouvant. Mais dans ces conditions, même si c’était difficile car on ne gagnait pas souvent, je me ramenais toujours aux joueurs. Après tout, on est à leur service. On les nourris d’informations, on en prend soin. Ils nous regardent pour gérer leur humeur et on doit être à la hauteur », a dit Bolduc, qui est revenu à Sherbrooke depuis la fin de saison des Alouettes.

« Quand j’arrivais au bureau, tôt le matin, c’était pour moi un devoir de les accueillir avec le sourire et de continuer le travail. »

Les Alouettes ont présenté une fiche de 5-13 en 2018, et ils ont remporté deux de ces victoires en fin de saison, contre des Argonauts de Toronto qui étaient déjà éliminés, et face à l’équipe B des Tiger Cats d’Hamilton.

Les Alouettes ratent ainsi les éliminatoires pour une quatrième saison consécutive.

« Ce qui est le plus décevant, c’est que malgré notre fiche, on avait une chance de faire une place en éliminatoires, car la division Est est plus faible. Hamilton joue une semaine de plus que nous et ils ont une fiche 8-10. C’est vraiment malheureux qu’on n’ait pas réussi à se faufiler. Une fois en éliminatoires, tout peux arriver, surtout si tu peux jouer à la maison », a dit André Bolduc.

Ce dernier, avec le recul, identifie clairement le point de bascule de son équipe, en 2018.

« Notre défaite face aux Lions de la Colombie-Britannique (le vendredi 14 septembre, NDLR), à la maison, a fait la différence dans notre saison. Ça nous a enfoncés un peu plus, et ça a relancé les Lions, qui se sont plus tard taillés une place en éliminatoires. Et en plus, quelques jours plus tard, on leur a échangé Tyrell Sutton », a-t-il déploré.

Ainsi, tout d’un coup, André Bolduc et l’unité offensive des Alouettes se retrouvaient sans son porteur numéro un.

La débandade des Alouettes s’est donc poursuivie pour une quatrième année.

« Je te dirais que nos problèmes ont commencé aussi loin que lors du congédiement de Tom Higgins, en 2015. »

L’équipe avait alors une fiche de 3-5.

« On venait tout juste de gagner face aux Lions, en Colombie-Britannique, pour la première fois en huit ans, je crois. C’était gros. Tom a appris son congédiement lors de notre retour. Depuis ce temps-là, on glisse, et ça a eu un effet boule de neige. Ce fut un congédiement qui fut difficile à expliquer; oui, Tom avait eu un accrochage avec le joueur défensif John Bowman, c’est dur. »

En toile de fond de cette glissade, cette incapacité chronique à trouver un quart-arrière qui fera fonctionner cette attaque qui n’a général que 345 points en 18 rencontres, le plus bas total de la Ligue canadienne de football (LCF).

Johnny Manziel a connu des difficultés cette année, incapable de produire un rendement constant, derrière une ligne offensive inefficace — elle a accordé 66 sacs du quart, le plus haut total de la LCF — et un corps de receveurs loin d’être convaincant.

Sept quarts-arrière ont été utilisés par les Alouettes, en 2018.

« On a utilisé Manziel et (Antonio) Pipkin afin de stimuler une compétition à l’interne, qui pourra se poursuivre on l’espère au camp d’entraînement. On devait continuer à évaluer les gars. Comme on ne jouait pas en éliminatoires, c’était le temps. Johnny est un compétiteur, mais il n’a pas joué à Hamilton, avant de se joindre à nous. Il n’a eu qu’une victoire avec nous. »

« Il y a du gros travail à faire pour la ligne offensive et les receveurs. Dans une ligue à trois essais, ce sont deux priorités. »

Les critiques du public, et même des médias, sont de plus en plus virulentes envers la direction de l’équipe.

« C’est sûr que ça fait mal. Kavis (Reed) fait son possible, ce qui se passe n’est pas par manque de travail. Mais les fans ont raison parfois; on a disputé de mauvais matchs à la maison. »

Si Bolduc a perdu Sutton, il se réjouit de pouvoir travailler avec William Stanback.

Le jeune homme a accumulé 539 verges au sol et montré de très belles choses.

« Ce gars-là a tout pour être une super vedette. À 23 ans, il pourrait même intéresser la NFL. Il a de supers mains, et c’est un très bon gars. »

André Bolduc s’attend à occuper les mêmes fonctions avec l’équipe, la saison prochaine.