William Villeneuve connaît un excellent début de saison avec les Sea Dogs.
William Villeneuve connaît un excellent début de saison avec les Sea Dogs.

Une saison cruciale pour William Villeneuve

Jérôme Gaudreau
Jérôme Gaudreau
La Tribune
Chaque ancien espoir de la LHJMQ l’admettra. La deuxième saison dans le junior majeur est cruciale et bien remplie. Repêché au deuxième rang de la première ronde en 2018, le Sherbrookois William Villeneuve en est conscient. Après être passé à travers quelques épreuves menant à son lot de difficultés lors de sa première campagne, le défenseur des Sea Dogs de Saint John semble prêt à rebondir.

En joignant la deuxième pire équipe du circuit, le défi était grand pour le jeune défenseur alors âgé de 16 ans. 

« Je veux rebondir après une deuxième moitié de saison difficile à ma première année dans la LHJMQ, a confié William Villeneuve lors de son passage à Sherbrooke samedi. J’ai souffert d’une mononucléose en revenant du congé des Fêtes. Mon retour a été difficile et j’étais déçu de mon jeu. »

Son différentiel de -52 était à prévoir. Les Sea Dogs entamaient une reconstruction. Sa fiche d’un seul but et 19 points en 55 parties aussi. Une saison recrue à 16 ans n’est jamais facile. 

Cette fois, en 32 matchs seulement, Villeneuve affiche déjà un dossier de cinq buts et 22 mentions d’aide. Son différentiel : -1. 

« La chose la plus importante que j’ai améliorée depuis mon arrivée dans la LHJMQ, c’est mon jeu défensif devant le filet. Au midget AAA, on avait une excellente équipe à Magog. J’étais moins souvent dans ma zone. Pour être un bon hockeyeur en 2019, tu dois être meilleur dans les trois zones », souligne celui qui a pris part à la finale de la coupe Telus en 2018 avec les Cantonniers.

Ce lent départ a ensuite eu des répercussions. 

« En étant retranché de l’alignement lors du camp pour le Championnat mondial des moins de 18 ans, j’étais très déçu. C’était un choc pour moi. J’ai voulu prouver par la suite que les dirigeants de l’équipe canadienne avaient eu tort. Je suis revenu à mon style de jeu et j’avais du plaisir à jouer. C’est peut-être pour ça que ça va bien depuis le début de la saison. »

Autre déception : la Centrale de recrutement de la Ligue nationale de hockey lui a attribué la cote C, ce qui le classe dans le groupe de candidats susceptibles d’être repêchés lors des rondes quatre à six à la prochaine séance de sélection.

« Je sais que la deuxième saison dans la LHJMQ est toujours importante, mais j’essaie de ne pas regarder les classements de joueurs et les évaluations de tout le monde, comme les commentaires dans les médias, qu’ils soient négatifs ou positifs », soutient Villeneuve.

Nicolas Guay

Nicolas Guay comme mentor

Depuis cette saison, William Villeneuve a la chance de pouvoir compter sur l’aide d’un autre joueur estrien : Nicolas Guay.

« Il n’y a pas deux Nicolas Guay dans la ligue, confie Villeneuve. Il agit en professionnel. Depuis le jour 1 ici, il est notre leader incontesté cette saison. C’est lui le capitaine du bateau, tout le monde veut le suivre. Pour des jeunes joueurs comme moi, c’est important d’apprendre en regardant les vétérans comme lui agir sur la glace ou à l’extérieur de la patinoire. »

Le Magogois admet qu’il y a encore beaucoup de travail à faire et que l’avenir semble rose à Saint John.

« On manque de maturité, on manque de hargne. Ça devient fâchant des fois. Mais on est en reconstruction. Si notre équipe veut gagner dans le futur, il faut changer ça rapidement. Moi, je veux gagner maintenant. C’est ma dernière année dans la LHJMQ », soutient Nicolas Guay.

« On tente de construire nos assises sur ce qui s’est fait dans le passé, poursuit-il. Les Sea Dogs avaient un club rapide et talentueux. Il y a de gros joueurs de hockey de Saint John qui ont atteint la Ligue nationale. On pense entre autres à Thomas Chabot ou Jonathan Huberdeau. C’est normal, parce que les Sea Dogs forment une organisation de première classe. »

La bonne nouvelle est que les espoirs ne manquent pas chez les Sea Dogs. Parmi eux, le premier choix du dernier repêchage, Joshua Roy.

« Nicolas est un exemple pour tous les autres joueurs dans le vestiaire. Il en est à sa dernière saison. C’est un bon leader. Ce n’est pas pour rien qu’il était aussi le capitaine des Voltigeurs alors qu’il y avait d’excellents joueurs la saison dernière à Drummondville. Pour nous les jeunes, on doit le regarder faire et l’imiter. »

« Avec Charlie Desroches, William Villeneuve et Jérémy Poirier à la ligne bleue, les Sea Dogs sont en voiture, croit Guay. Les succès d’une équipe partent de la défensive. »

Et les Sea Dogs ne veulent pas attendre encore deux ans avant d’être au sommet. 

« On est encore jeunes, admet Roy. On a connu un moins bon début de saison que prévu. Plus ça va, plus on trouve le moyen de gagner nos parties. On travaille plus fort, ce qui nous permet de connaître du succès ces temps-ci. On se fait souvent dire que dans deux ans, on sera excellents. Mais on ne veut pas attendre jusque-là. On veut surprendre dès maintenant. »