Une note A pour l’ensemble de l’œuvre chez les Cantonniers

CHRONIQUE / Y a-t-il vraiment quelqu’un qui avait vu dans sa boule de cristal que les Cantonniers de Magog accumuleraient 50 points sur une possibilité de 66 après 22 rencontres dans la Ligue midget AAA du Québec ? J’en doute. Si vous l’aviez prédit, dépêchez-vous à aller faire carrière à Las Vegas. Vous êtes le prochain Nostradamus du monde du sport, rien de moins.

Pourquoi donc est-ce si surprenant ? Parce que personne ne peut prétendre que les Cantonniers forment la meilleure équipe du circuit Lévesque sur papier. Ce qui propulse les Cantonniers vers les hauts sommets, c’est le collectif et la force de caractère.

À ce chapitre, les adolescents de Félix Potvin font la barbe aux 14 autres formations. Au cours des dernières saisons, la magie des Villeneuve, Beaudoin, Guay, Robidas, Dion, Belliveau, Doucet et compagnie ensorcelait les partisans de l’équipe. Cette saison, je parierais un vieux deux que la plupart des amateurs auraient de la difficulté à nommer cinq ou six porte-couleurs de l’équipe sans hésiter. Ce qu’on entend entre les périodes ou à la sortie de l’aréna se résume à ces mots : maudit qu’ils sont travaillants, toujours la pédale au plancher.

Vétérans 

Le rôle joué par les vétérans y est pour beaucoup. Trop souvent dans la Ligue midget AAA du Québec j’ai été témoin d’équipes alignant des joueurs de deuxième année déjà repêchés par des formations de la LHJMQ dont l’égo était plus grand que leur équipe midget AAA. Pas chez les Cantonniers. À Magog vous ne verrez pas un seul joueur se soucier de ses statistiques personnelles ou de son avenir dans la LHJMQ à court terme. Personne ne triche chez les Cantos. Se traîner les pieds, on ne connaît pas ça.

Étonnant de constater que l’absence de marqueurs naturels n’est pas un frein à l’attaque des Cantonniers qui sont tout de même quatrièmes au rayon des buts marqués. C’est là que vous voyez l’excellence du jeu collectif des Magogois.

Que dire aussi de la qualité du jeu des défenseurs et des gardiens ? Il n’y a peut-être pas de super vedette chez les arrières des Cantonniers, mais les six défenseurs jouent en parfaite harmonie avec le résultat que le meilleur groupe de défenseurs de la ligue a pignon sur rue à l’aréna de Magog. J’oserais même affirmer que le capitaine Félix Paquet est le meilleur défenseur de la ligue dans son territoire. Qui plus est, Paquet a ajouté une touche offensive à son jeu, lui qui revendique cinq buts, déjà quatre de plus que la saison dernière.

D’ailleurs, ce qui ne change pas chez les Cantonniers sous la férule de Félix Potvin, c’est l’excellence de leur jeu défensif. Pourtant l’ancien gardien de la LNH est à des années-lumière de l’entraîneur qui mise sur un jeu défensif. Au contraire, les Cantos sont toujours en mode relance de l’attaque et du contrôle de la rondelle. Jamais du jeu ennuyant avec les Cantonniers. 

Le futur

Est-il possible maintenant pour les Cantonniers de rouler à la même cadence en deuxième moitié de saison ? Rien n’est moins sûr. Leur calendrier n’est pas de tout repos avec notamment huit de leurs 11 dernières joutes sur des patinoires étrangères. La commande sera gigantesque.

Je n’ai aucune raison de croire que les Cantonniers deviendront médiocres du jour au lendemain. La venue de Tristan Roy procure encore plus de profondeur aux champions en titre. Roy est le joueur d’équipe idéal, toujours prêt à se sacrifier pour le logo. 

L’avance de 10 points des Cantos au sommet du classement général peut paraître confortable, mais c’est loin d’être le cas. La parité dans la ligue n’a jamais été aussi présente. Prenez une photo du classement aujourd’hui et il y a fort à parier que toutes les équipes auront bougé en fin de parcours. Actuellement, il est impossible d’identifier déjà une équipe qui part favorite.

La beauté de l’affaire, c’est que les Cantonniers sont encore dans le coup. L’histoire se répète depuis cinq ans. On appelle ça un succès bœuf. C’est à croire que la cour n’est pas encore assez pleine de trophées soulignant les conquêtes de cette formation. Pour mettre un peu de vie dans le nouveau centre-ville de Magog le printemps prochain, pourquoi pas un troisième défilé de suite ?

Or, la prudence est de mise. Ailleurs dans la ligue on veut clairement mettre fin au règne des Magogois. Qui vivra verra comme disait l’autre.