Gilles Bouchard et son attaquant blessé, Rafaël Harvey-Pinard, après le match de dimanche.

Une mise en scène dérangeante

CHRONIQUE / La photo a rapidement fait le tour des médias sociaux. En quelques heures, elle était virale.

L’entraîneur-chef des Huskies de Rouyn-Noranda, Gilles Bouchard, accompagné de son attaquant Rafaël Harvey-Pinard, en dessus de combine, le nez gros comme un ballon et des cotons-tiges dans chaque narine.

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Les deux hommes sont devant les médias, et les caméras de TVA sports, quelques minutes après la victoire du Phœnix 4-3 en prolongation face aux Huskies, dimanche au Palais des sports de Sherbrooke.

Bouchard est en ta, comme disait Moose Dupont, que les arbitres n’aient pas appelé le coup de bâton qui a salement amoché son attaquant, qui avait jusque là inscrit les trois buts de son équipe.

Ce geste impuni, a-t-il argué, a privé son équipe d’une excellente chance de marquer, en prolongation.

Et pour prouver son point aux médias, et critiquer les officiels de façon plutôt peu orthodoxe, il a fait sortir du vestiaire un jeune homme de 19 ans.

Quand l’entraîneur a terminé son laïus contre l’arbitrage, il a dit au jeune : tu peux y aller. Le jeune n’aura pas dit un mot, sauf d’exposer son appendice nasal rougeâtre.

Moi, être le père du jeune, je n’aurais pas, mais pas du tout, apprécié.

Que tu sois en accord ou non avec la décision des arbitres, c’est ton choix. Tu as aussi le choix de questionner les décisions, et de les contester, si ton portefeuille destiné aux amendes est prêt.

Mais utiliser un kid pour faire valoir ton point, c’est non. Et ce, peu importe l’équipe ou le sport.
La reprise télé est éloquente.

Harvey-Pinard fonce vers le filet du Phœnix, et le défenseur Luke Green tente de le surveiller. Lorsque Tommy Beaudoin tente de lui faire la passe en transversale, Green, d’instinct, fait le geste défensif pour soulever le bâton d’Harvey-Pinard.

Le hic, c’est qu’il n’y a pas de bâton. Il n’y a que le visage du jeune, plus précisément son nez, qui absorbe tout le choc.

Mon humble avis est que le geste de Green n’était pas volontaire. Mais bien malheureux.

Y avait-il matière à pénalité? Oui.

Est-ce que les arbitres ont erré? Oui. À preuve, les quatre officiels du match se sont consultés après l’arrêt de jeu et aucun d’entre eux n’a été en mesure, visiblement, de confirmer avoir vu le geste.

Il est là, le problème.

Les Huskies, Gilles Bouchard et Rafaël Harvey-Pinard en tête, étaient en maudit, après le match. C’est tout à fait compréhensible.

Mais de nous la jouer vaudeville comme ça, dans le cadre d’une mauvaise imitation de Reggie Dunlop lorsqu’un des frères Hanson reçoit un trousseau de clés au visage dans le film Slap shot (un autre montage qui devenu viral dimanche sur les médias sociaux), c’est non.

Bouchard savait que la télé roulait en direct. Il s’en est servi pour faire passer son message. Au détriment du kid.

C’est inacceptable.

S’il fallait que tous les entraîneurs de hockey fassent sortir leurs joueurs blessés après un match pour les exposer aux médias et contester la qualité de l’arbitrage, on n’aurait pas fini.

Ces adultes qui dirigent nos enfants doivent montrer la bonne attitude, et agir en adulte.

J’ose espérer que la LHJMQ prendra acte de ce comportement et agira en conséquence.