L’équipe Sports Wheels/Venom d’Halifax a raflé le titre de la classe invitation féminine aux dépens de la formation Formbec de Drummondville.

Une microrafale qui fait mal au Pif

La microrafale de samedi aura finalement eu un impact majeur sur les recettes de la 44e Classique Pif. Ce qui n’empêche toutefois pas le directeur général Jean-Charles Doyon de dresser un bilan positif de son dernier tournoi de balle lente.

« C’était l’apocalypse. Je n’avais jamais vu ça au Pif auparavant. On avait une belle veillée en vue, avec les feux d’artifice et le concours de coups de circuit. Tous les organisateurs d’événements ou de festivals vous le diront : on ne peut pas se permettre de perdre une soirée comme celle du vendredi ou du samedi. Ce sont les plus populaires. Ça fait mal! » a indiqué le directeur général du Pif. 

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Une équipe féminine composée au restaurant remporte le Pif

Le grand retour de Beloli

Jean-Charles Doyon retient heureusement plusieurs éléments positifs lorsque vient le moment de tracer le bilan des derniers jours. 

« Je suis content de voir que la parité est revenue dans la classe Provinciale autant chez les filles que chez les hommes. Et ce, du début jusqu’à la fin. C’était impossible de savoir qui allait gagner ce tournoi. Les équipes étaient bien balancées et je crois que le tournoi de qualification a aidé à ramener cette parité », croit Jean-Charles Doyon.

La soirée de vendredi aura permis aux organisateurs d’éponger les pertes de samedi.

« C’était une soirée incroyable. Il n’y en a pas eu beaucoup comme celles-là dans le passé. En plus, lors des finales dimanche, il devait y avoir entre 2000 à 3000 personnes au parc. L’équipe Beloli est de retour au sommet de la classe Invitation et elle compte bien revenir pour la 45e édition, ce qui est une excellente nouvelle. Le club Recrupharm/Rousseau sport du Sherbrookois David Goulet était par contre inconsolable », clame le DG. 

Jean-Charles Doyon lève aussi son chapeau aux bénévoles et aux employés qui ont réalisé un travail monstre pour assurer la tenue des activités. 

« Tout le monde était prêt dimanche pour remettre les terrains en bon état et la bonne nouvelle était que la nuit avait tout de même fait son œuvre et grâce à cette accalmie, les terrains n’étaient pas en si mauvais état. On a dû raccourcir les matchs afin de pouvoir accélérer le tout et présenter toutes les parties avant les finales. »

Après une absence de 18 ans, l’équipe américaine Beloli a renoué avec la Classique Pif et avec les grands honneurs.

Le grand retour de Beloli

Il a fallu 18 ans à l’entraîneur vedette Keith Beloli pour remettre les pieds au Pif. Mais il ne lui a fallu qu’un grand retour pour remporter le trophée du plus grand tournoi de balle lente en Amérique du Nord... une huitième fois.

Le coach américain a débarqué en ville avec les Beloli/Smashit Sports/OSS/Yeti, une équipe toute neuve à qui il a visiblement su transmettre son affection pour la Classique Pif.

« C’est extraordinaire de revenir après tout ce temps et d’en sortir vainqueur, une huitième fois! » partage avec excitation M. Beloli. Le coach bien connu au tournoi sherbrookois, qu’il a remporté dès sa première participation, en 1984. S’étant présentée sous plusieurs noms à travers les années, l’équipe de Beloli a toujours su tracer son chemin jusqu’au sommet. On se rappellera d’ailleurs des éditions de 1995 à 2001, où le trophée lui a échappé qu’une seule fois. 

« Je ne pense pas qu’il y ait une autre équipe qui soit près de cet exploit », ajoute-t-il à propos de sa formation homonyme, basée au Massachusetts. Son secret? « De bons joueurs qui travaillent bien ensemble », répond-il.

L’équipe a disputé un match serré contre l’équipe de joueurs étoiles Recrupharm/Rousseau sport, menée par le Sherbrookois David Goulet. Cette dernière a cédé la victoire avec 14 points, soit un seul de moins que la troupe de Beloli. 

Le joueur Travis Tucker, qui a reçu le titre de joueur le plus utile, vivait sa toute première expérience au Pif, à l’instar de plusieurs de ses collègues. « C’est vraiment incroyable ici. Il y a toute une ambiance et énormément de support. On n’a pas ça en Caroline du Nord. » La balle lente n’est pas aussi populaire là d’où il vient, explique celui qui pratique ce sport depuis maintenant 16 ans. C’est un ami qui l’a convaincu de se joindre à l’équipe de Beloli, un entraîneur qu’il qualifie de « très positif ». « Je suis heureux pour lui, je vois à quel point c’est important pour lui d’avoir gagné le tournoi », mentionne-t-il. 

Un ciel clément pour la dernière journée

Ce n’est qu’une fois les finales terminées que les organisateurs de la Classique Pif ont pu pousser un soupir de soulagement. Ayant déjà dû annuler les activités et les parties de samedi soir après avoir été frappés par une microrafale, ils ont craint le pire pour la journée de dimanche. Quelques nuages menaçants ont tournoyé autour du parc Quintal, mais sans jamais perturber sérieusement le tournoi.

L’équipe Sports Wheels/Venom, d’Halifax, qui faisait ses premiers pas en tournoi depuis sa création cet hiver, est repartie de la Classique Pif avec les grands honneurs de la classe invitation féminine. Un week-end à vocation plutôt constructive au départ pour l’équipe, mais qui s’est avéré beaucoup plus fructueux que prévu.

« C’est fantastique. Je savais qu’on était bonnes, mais pas à ce point-là! On a mis les efforts et toutes les filles ont démontré leur valeur », commente Cynthia Duffy, nommée la joueuse la plus utile lors du match final. Son équipe a remporté la partie avec 27 points au tableau, contre les 15 points qu’avaient réussi à amasser les Formbec de Drummondville. Cynthia Duffy a produit 25 points durant le tournoi, dont quatre en finale grâce à trois coups sûrs, dont un circuit. La joueuse a maintenu une moyenne de ,630 et a claqué cinq longues balles durant le tournoi. 

« Notre objectif était de gagner quelques parties. On peut dire qu’on l’a largement surpassé! » commente la joueuse, qui se décrit particulièrement fière d’avoir ainsi défendu la Nouvelle-Écosse sur le terrain. 

Elle et Simon Spears ont eu récemment l’idée de former cette équipe de joueuses étoiles, une formation qui serait « à leur goût ». « On s’est assises au restaurant, et on a dressé la liste des joueuses qu’on voulait sur une serviette de table. C’est une grande idée devenue réalité », sourit Spears, qui ne joue à la balle lente que depuis trois ans. 

Et déjà, l’esprit d’équipe est formidable chez les Sports Wheels/Venom, fait remarquer l’un des coachs, Chris Crossley. « Et elles n’abandonnent jamais », ajoute-t-il. Une frénésie qui était nettement palpable tout au long de la partie.  

« C’est une famille. Si quelqu’un tombe, on est tous là pour la relever. De toute façon, ça ne vaut pas la peine de jouer si on n’y trouve pas de plaisir » dit Spears, qui souligne que ce week-end a resserré beaucoup de liens entre les membres. 

Une première expérience au Pif pour cette nouvelle équipe, mais pas pour Cynthia Duffy. « C’est carrément le meilleur tournoi auquel on peut participer! » dit-elle, avant d’ajouter à la blague que la météo sherbrookoise « est vraiment étrange ».  

L’équipe, qui note avoir bénéficié d’un énorme soutien de la communauté d’Halifax afin d’être en mesure de participer au tournoi, confirme qu’elle sera assurément de retour pour l’an prochain pour la 45e édition du Pif.

L’autre équipe finaliste, les Formbec de Drummondville, marquait la fin d’une longue absence de représentation québécoise en finale féminine de la classe invitation du Pif. La dernière équipe québécoise à avoir réalisé l’exploit, soit les Extrêmes de la Mauricie, l’avait fait en 2014.