Danick Caron, un produit des Marquis du Mont-Sainte-Anne, a mérité haut la main un poste avec la troupe de Félix Potvin.

Une fierté de porter le chandail

Chaque année ou presque, le camp d’entraînement des Cantonniers de Magog réserve son lot de surprises. Lorsqu’il s’est présenté au camp 2018, Danick Caron savait qu’il avait déjà deux prises contre lui avant même de donner ses premiers coups de patin. Le hockeyeur de Magog n’a jamais cédé à la pression et c’est un coup de circuit qu’il a fini par claquer en méritant haut la main un poste avec la troupe de Félix Potvin.

Contrairement aux autres joueurs présents à l’ouverture du camp, Caron était absent lors du camp printanier. En plus, il n’était pas un produit de la structure intégrée de Hockey Estrie. Bref, Caron n’attirait pas l’attention pour les bonnes raisons et si certains joueurs ne le voyaient pas comme un sérieux rival pour mériter la confiance des entraîneurs, ils ont vite déchanté.

« J’ai maintenu le cap sur la seule chose que je contrôlais et c’était d’offrir le meilleur de moi-même. Je suis convaincu que c’est seulement au dernier match préparatoire que j’ai mérité mon poste. Il y avait tellement de bons joueurs au camp et avec le retour des vétérans ça ne laissait pas beaucoup d’espace pour se faufiler. Félix Potvin avait avisé tout le monde que c’était le match de la dernière chance contre le Lac St-Louis et qu’il y aurait des décisions importantes et cruciales à prendre. Je me suis battu comme si ma vie en dépendait », mentionne Caron qui ne voulait pas vivre le cauchemar d’être retranché une deuxième année de suite.

Samedi dernier contre les puissants Lions du Lac St-Louis, Caron est celui qui a mis le feu aux poudres en enfilant deux des trois buts des siens dans leur remontée de dernière minute. En prolongation, il s’est permis une échappée, mais n’a pas été en mesure de compléter son tour du chapeau. Caron était partout sur la glace.

« Danick a répondu présent à toutes les parties. Ce n’est pas par charité qu’il est demeuré avec nous. Il est fougueux, rapide et possède un bon tir. Il en veut toujours plus. Il a prouvé que la pression ne l’étouffait pas. À un moment donné, tu commences à te faire un plan. Danick nous a obligés à le modifier », a commenté à son sujet Félix Potvin.

« C’est pas mal ça que je suis comme joueur, de renchérir le produit des Marquis du Mont-Sainte-Anne. Je suis prêt à prendre la chaise qu’on me donnera, mais je suis le genre à toujours viser plus haut. »

Rêve d’enfance

Fait inusité, le domicile des Cantonniers de Magog est pratiquement dans la cour de la résidence familiale. « Après une pratique ou un match, tous les joueurs repartent en voiture avec leurs parents ou les familles d’accueil. Danick, je le voyais quitter par ses propres moyens et à pied. J’ai finalement su qu’il demeurait à proximité de l’aréna. Si jamais il arrive à un match en retard, je vais me questionner », de blaguer Félix Potvin au sujet de son nouveau protégé.

« En marchant, j’ai besoin de trois minutes pour me rendre à l’aréna. J’ai fait mon hockey mineur à Magog, mais à partir du secondaire 1 j’ai intégré le programme des Marquis du Collège du Mont-Sainte-Anne. Je n’ai jamais été bien loin pour aller encourager les Cantonniers depuis ma jeune enfance. Cela a toujours été mon rêve de porter leur chandail. Ce fut tout un soulagement quand on m’a confirmé que j’avais mon numéro. Un sentiment de fierté en même temps, mais là le travail ne fait que commencer. Le fait d’être de Magog ne me procure aucun avantage. Que l’on provienne de Sherbrooke, Granby ou n’importe quelle autre ville, quand on débarque à l’aréna de Magog, nous sommes d’abord et avant tout des Cantonniers. C’est ma nouvelle famille pour un an », confie Danick Caron.