Le recteur de l’Université de Sherbrooke Pierre Cossette
Le recteur de l’Université de Sherbrooke Pierre Cossette

Une décision déchirante

Sébastien Lajoie
Sébastien Lajoie
La Tribune
SHERBROOKE — Une équation avec une très grande quantité d’inconnues. Voilà comment le recteur de l’Université de Sherbrooke Pierre Cossette a résumé le processus décisionnel qui a mené à l’annulation des sports universitaires d’automne, dont le football et le rugby, annoncée lundi.

Cette décision, attendue pour le 31 août, puis repoussée au 14 septembre, était attendue avec impatience par tous les athlètes universitaires québécois.

Ces derniers gardaient toujours vivant l’espoir de pratiquer leur sport cet automne, contrairement aux étudiants-athlètes des trois autres conférences du sport universitaire canadien USPORTS.

On le rappelle, la conférence de l’Ouest, de l’Ontario et des Maritimes ont annoncé le 8 juin l’annulation des sports d’automne.

Pierre Cossette, lui, était davantage en faveur de se donner du temps afin de prendre la décision la plus éclairée possible, au profit des étudiants-athlètes.

« À l’époque, l’idée de se donner une marge de manœuvre, quand on peut le faire de façon responsable, c’était préférable. Plus on prend des décisions tôt et plus on se limite dans ce qu’on peut faire. À l’Université de Sherbrooke, on veut faire le plus possible pour le plus grand nombre possible d’étudiants. Et plus le temps avançait et plus ce qui était possible de faire, ou de ne pas faire, se précisait. On était donc à l’aise d’attendre le plus tardivement possible dans l’été pour prendre des décisions », a-t-il argué.

« Nous comprenons que pour les athlètes, les entraîneurs, les partenaires financiers et les partisans du Vert & Or, ce soit décevant. On se réjouit néanmoins du fait que nous pourrons organiser des activités hors-concours en soccer, en golf et en cross-country. L’Université de Sherbrooke s’engage à soutenir les athlètes afin de leur permettre de poursuivre leur plein développement, tout comme elle s’efforce d’offrir une session académique majoritairement en présentiel cet automne pour l’ensemble de sa communauté étudiante. La rentrée s’est très bien déroulée sur nos différents campus. Tous les budgets du Vert & Or, le personnel d’entraîneurs, les services réguliers et le programme de bourses seront maintenus. Les entraînements des équipes dans les sports concernés continueront de se tenir, dans le respect des directives de la santé publique et des consignes des fédérations de sport ».

Une déception, certes, mais la rentrée se déroule rondement, ce qui est une bonne nouvelle.

« La rentrée se passe vraiment bien. Je ne dis pas que ce n’est pas stressant, c’est beaucoup de travail, mais on est très satisfait, les consignes sont respectées, les étudiants sont contents d’être là. On a environ 60 % de nos activités en présence et le reste à distance. Pour nous l’expérience étudiante est là. Et voilà pourquoi l’expérience sportive est au cœur de cette expérience étudiante. Pour un étudiant-athlète, le sport c’est très important et on ne veut pas négliger ça », a dit Pierre Cossette.

« Le football et le rugby sont des sports à plus haut risque de transmission du virus, c’est une évidence. Le début du jeu commence par une mêlée, et la fin du jeu, par un plaqué. On ne peut pas faire des bulles autour des athlètes, car ce sont des étudiants-athlètes. Il y a donc des risques de contagion plus élevés. Aussi, le football implique un très grand nombre d’athlètes, dispersés dans plusieurs facultés. Ça comporte certains enjeux. On est par contre content du fait que l’admissibilité des athlètes a été reportée d’un an. »

« On veut prendre un peu de recul, pour voir comment se poursuit la rentrée. Oui, ça se passe bien jusqu’ici, mais on voit une recrudescence des cas, au Québec. »

Pour la suite des choses, donc, il faudra s’adapter, a dit Pierre Cossette.

« C’est une équation avec une très grande quantité d’inconnues. On veut faire du sport, mais il y a tout ce qui vient à côté : la gestion des vestiaires et des transports, le fait que ça implique des déplacements inter-urbains, et que nos athlètes sont aussi des étudiants. La plupart de ces problèmes-là peuvent avoir des solutions, mais il faut comprendre que c’est beaucoup d’énergie et de ressources, mais on va faire le maximum. »

« Le vote était secret, on ne va pas commenter. On prend acte de la décision et on va simplement travailler dans ces balises-là. Dans chaque sport, ça prenait une majorité, mais le football est un cas très particulier, car il n’y a pas beaucoup d’équipes, seulement cinq. C’est différent d’un sport avec neuf équipes, par exemple. »

« Il y a un camp d’entraînement qui vient de s’amorcer en football, on va continuer nos pourparlers avec nos partenaires, on va se concentrer à organiser des événements pour les sports pour lesquels c’est déjà permis. »