La Ville de Sherbrooke a démontré son intérêt pour présenter une Classique hivernale, possiblement en 2021. Le commissaire Gilles Courteau a donné son accord. Reste à trouver l'endroit idéal.

Une Classique hivernale plus sobre?

CHRONIQUE / Elle était belle, cette dernière Classique hivernale. Il faut l’avouer : le site était parfait. Une patinoire réfrigérée permanente en plein centre-ville de Drummondville, suffisamment d’espace pour le Village de la Classique et pour les gradins, des infrastructures modernes déjà bâties tout autour pouvant accueillir de belle façon les invités. De quoi inspirer Sherbrooke. Le hic, c’est que la ville de Sherbrooke ne possède peut-être pas de site d’une aussi bonne qualité pour cet événement.

Un peu de chiffres

Avant tout, revenons à cette fin de semaine de hockey en plein air qui avait lieu à Drummondville. L’objectif était de remplir les gradins lors des deux parties de la LHJMQ. Pour atteindre le seuil de la rentabilité, on visait 90 %. Et ce, sans compter les 2000 personnes présentes au match du midget AAA.

Or, avec les 4284 spectateurs de vendredi pour la rencontre entre les Voltigeurs et le Phœnix et les 5432 spectateurs présents lors de la partie entre ces mêmes Voltigeurs et les Tigres de Victoriaville, on obtient la somme de 9716 personnes. Les gradins pouvaient accueillir 6000 amateurs. Donc 90 % de 12 000, cela nous mène à 10 800.

On peut d’ailleurs se questionner sur les stratégies marketing de l’événement. Entre autres, peu de publicité faite à Victoriaville et à Sherbrooke pour attirer les partisans adverses.

Et pour que le comité organisateur accuse le Phœnix de ne pas avoir fait sa part dans la vente de billets et pour qu’il approche Hockey Sherbrooke quatre jours avant l’événement afin de remplir des autobus de jeunes hockeyeurs, il y avait certainement un vent de panique. Normal, puisque le comité n’a finalement pas atteint son but.

Les organisateurs ont réussi à remplir les gradins à 81 % pour les matchs de la LHJMQ, ce qui laisse croire qu’un léger déficit pourrait être épongé par la Ville, les Voltigeurs et la Société de développement économique de Drummondville.

Dans le meilleur des cas, il n’y aura pas de pertes, mais pas de profits non plus. Le bilan officiel sera dévoilé dans quelques semaines.

Le coût de location des gradins était d’environ 200 000 $ sur un budget de plus de 600 000 $. En 2015 à Saint-Tite, les dépenses ont été évaluées à 350 000 $. Au total, 13 000 personnes étaient présentes lors des deux parties organisées sur le site du Festival western, profitant ainsi de la présence de gradins. Il ne restait qu’à installer une patinoire réfrigérée temporaire, dont la qualité de la glace était ordinaire.

Martin Mondou, directeur général des Cataractes de Shawinigan, avait alors avoué ceci : « C’est très coûteux. Ça représente un risque financier important. Cela aurait pu créer un gouffre financier ». Évidemment, puisque le nombre de spectateurs dépend de la météo.

Un format réduit

Quelques possibilités de sites s’offrent aux Sherbrookois, qui se sont montrés intéressés à accueillir une Classique hivernale de la LHJMQ.

D’abord, le stade de l’Université de Sherbrooke, qui est privilégié.

Ensuite, le stade de l’Université Bishop’s, celui des Volontaires du Cégep de Sherbrooke au parc Sylvie-Daigle près du Palais de sports ou même le nouveau stade RBC du Triolet.

À l’UdeS, une glace réfrigérée temporaire installée en plein milieu du terrain de football serait la solution facile. Les spectateurs seraient alors très éloignés de l’action. Ce que l’on reproche aux Classiques hivernales de la LNH présentées dans les différents stades de football.

Rappelons que la proximité entre les joueurs et les amateurs avait été très appréciée par les amateurs à Saint-Tite et Drummondville.

Dans ce cas, les organisateurs n’auraient pas à louer de gradins temporaires, uniquement une patinoire. Les coûts frôleraient alors ceux de la Classique à Saint-Tite : 350 000 $ de dépenses totales.

La solution pour permettre le même type d’expérience qu’à Saint-Tite et à Drummondville ? Rapprocher la patinoire des gradins principaux à l’UdeS, là où se trouvent les loges, et installer sur le terrain de football des gradins temporaires afin de rapprocher les spectateurs de l’action. Le coût : environ 100 000 $ pour 3000 sièges. Le budget serait alors de plus 450 000 $, mais 3000 sièges supplémentaires seraient certainement trop.

À l’Université Bishop’s, au Triolet ou à côté du Palais des sports, les frais seraient sensiblement les mêmes : une glace réfrigérée et des gradins temporaires pour atteindre les 6000 sièges.

La question est là : pourquoi viser les 6000 amateurs à Sherbrooke, sachant que Drummondville frôlera le seuil de la rentabilité ?

Et si la Ville de Sherbrooke et le Phœnix ne présentaient pas plutôt un format réduit de cette Classique afin de diminuer les coûts et maximiser les chances d’éviter les déficits.
Pourquoi ne pas tout simplement espérer 4500 spectateurs par rencontre en n’utilisant que la section principale des gradins de l’UdeS principalement.

Et si l’on regardait du côté du parc Alfred-Élie-Dufresne et de la patinoire du Bleu-Blanc-Bouge de Sherbrooke ? La qualité de la glace serait parfaite puisqu’il s’agit d’une installation permanente. Il faudrait alors la permission de la Fondation des Canadiens pour l’enfance, copropriétaire de l’endroit avec la Ville. Ce n’est pas gagné d’avance, croyez-moi...

Aucune dépense pour installer une patinoire. Est-ce que les lieux sont suffisamment vastes pour accueillir 6000 personnes ? J’en serais fort étonné. Des gradins de 3000 sièges ou un peu plus ? Plus logique. Mais pour ce qui est du Village de la Classique, avec les animations, les kiosques, etc. Ce serait serré.

Ok, les lieux ne sont pas aussi féeriques : un stationnement souterrain, du béton, un quartier défavorisé. Mais les gradins cacheraient certainement tout ce béton. On n’y verrait probablement que du feu.

Le directeur général et actionnaire du Phoenix, Jocelyn Thibault, admet que ce site devra être envisagé. Mais ce sera la Ville de Sherbrooke qui aura le dernier mot, puisqu’elle sera l’actrice principale de cette histoire.

Avec un meilleur marketing, la Classique hivernale de Sherbrooke prévue en 2021 pourrait attirer encore plus de monde qu’à Drummondville. Mais les dépenses seront plus élevées. Le danger de ne pas faire ses frais aussi.

Pour ma part, j’opterais pour la version sobre. Reste maintenant à évaluer les risques que les organisateurs souhaitent prendre et l’ampleur qu’ils aimeraient donner à l’événement.