Une balle, deux chevreuils, une absolution (vidéo)

En novembre dernier, un chasseur estrien a abattu deux cerfs d'un seul coup de feu à Saint- François-Xavier de Brompton. Sont tombés, le mâle qui était dans sa mire ainsi qu'une femelle qui n'était absolument pas prise pour cible et qui est devenue une « victime collatérale ».
La séquence a été filmée avec un appareil vidéo déclenché à distance et est en ligne sur YouTube (tapez « Amazing accidental double kill with one bullet »).
« Je n'étais pas positionné dans le même angle que la caméra. Sur la vidéo, la femelle paraît dans l'axe de tir alors qu'en réalité, elle ne l'était pas. Je n'ai pas eu l'avis d'un expert en balistique, mais la seule explication plausible est une déviation de la balle après l'impact initial », m'a décrit le chasseur n'ayant pas signé sa vidéo sur le web et qui préfère ne pas être identifié dans la présente chronique.
Le mâle a été atteint au cou alors qu'il avait la tête relevée tandis que la femelle a reçu le projectile à la tête pendant qu'elle avait le nez au sol. L'oeil n'est pas assez vif pour saisir sur la vidéo un quelconque décalage dans ce double parcours, les deux cerfs basculent en même temps.
Surpris de s'être retrouvé avec deux chevreuils, le chasseur s'est empressé de visionner sur place les images captées par sa caméra pour essayer de mieux comprendre ce qui venait de se produire.
« Ça m'a réconforté de voir que j'avais la séquence au complet, car je savais que ça faciliterait les explications auprès des agents de la faune. Même sans ces preuves, j'aurais contacté les autorités, car je savais que je n'avais pas le droit d'être en possession d'une femelle. À mes yeux, en agissant de la sorte, je démontrais ma bonne foi. »
L'enquête n'a pas été tellement longue.
« Ce cas nous a effectivement été soumis. Des agents ont pris la déclaration du chasseur, ils ont regardé la vidéo et, après quelques vérifications, en sont effectivement venus à la conclusion que cette double récolte était purement accidentelle. Vidéo ou pas, une déclaration volontaire est toujours préférable et moins suspecte qu'une dénonciation nous poussant au domicile d'une personne n'ayant rien dit », commente le sergent Gilles Chiasson du Service de protection de la faune de l'Estrie.
Selon M. Chiasson, malgré son caractère inusité, cette histoire est un rappel à la prudence.
« C'est une démonstration on ne peut plus éloquente qu'une balle de gros calibre demeure souvent vivante et dangereuse même après avoir atteint sa cible. Il faut toujours garder cela en mémoire, surtout que d'autres humains peuvent se trouver à proximité de l'endroit où l'on chasse ».
Le chasseur a évidemment conservé son mâle abattu en toute légalité. Comme il avait suivi les consignes du personnel de la Faune d'éviscérer la femelle afin de préserver la qualité de la viande, celle-ci a été remise à l'organisme Moisson-Estrie.