Ne pas être repêché peut être insultant, démoralisant ou motivant. C’est le joueur qui décide de son attitude après avoir été ignoré par les équipes du niveau supérieur. 68 de ces joueurs se sont présentés à l’aréna Thibault-GM, en fin de semaine, afin d’obtenir une autre chance — peut être une dernière — d’attirer l’œil d’un recruteur.

Une autre chance pour les jeunes joueurs

Ne pas être repêché peut être insultant, démoralisant ou motivant. C’est le joueur qui décide de son attitude après avoir été ignoré par les équipes du niveau supérieur. 68 de ces joueurs se sont présentés au complexe sportif Thibault GM, en fin de semaine, afin d’obtenir une autre chance — peut être une dernière — pour attirer l’œil d’un recruteur à l’occasion de la première édition d’un showcase organisé par Vincent Riendeau, Stephan Longpré et David Evangelho.

Ce sont donc plusieurs recruteurs qui ont bravé une mauvaise météo pour se diriger vers l’aréna. Pour Alexandre Caron, un gardien de but appartenant à l’Océanic de Rimouski, il s’agit d’un événement important.

« On peut se faire voir pendant les parties. Plusieurs dépisteurs sont ici, c’est le fun. Mon but ultime est de jouer dans la LHJMQ l’an prochain. Sinon, j’aimerais faire le junior AAA. On va voir les options qui s’ouvrent à moi », indique-t-il, mentionnant qu’il aimerait aller jouer en Europe. 

Dans la catégorie des expériences inoubliables, Alexandre Caron peut se vanter de s’être entraîné avec Marc-André Fleury, triple vainqueur de la Coupe Stanley. « C’était juste magique. De se pratiquer avec un gardien de la LNH, c’est indescriptible. C’est wow. Il n’y a pas de mots pour dire ça », affirme celui qui n’avait pas encore perdu dans le tournoi au moment de l’entrevue. 

Alexandre Caron

Ses parents, Chantal Lefebvre et Gilles Caron, voulaient l’accompagner dans cette étape. « On a toujours suivi notre fils dans son sport. C’est important pour nous d’être ici pour montrer qu’on est encore avec lui. Ça va très bien à date. S’il est fier, on va être fier de lui », souligne la maman du cerbère sorelois.

Maxime Pelletier, défenseur pour les Marquis du Mont-Sainte-Anne, croit toujours en ses chances de poursuivre son expérience de hockeyeur au niveau compétitif. « On peut se faire voir. On peut démontrer qui l’on est aux recruteurs et faire valoir notre jeu. Le hockey au Québec, c’est pour les jeunes. Rendu à 21 ans, tu n’as plus beaucoup de chances, vu que l’apogée des joueurs se fait vers 27 ans. Les recruteurs viennent nous voir environ 2 ans. Je sens que j’ai pris un step par rapport à l’an dernier. L’an passé, je jouais avec des gars plus vieux. Cette année, j’ai un plus grand rôle, je prends de l’expérience et de l’assurance. C’est ce que je veux montrer aux recruteurs », indique-t-il, ajoutant qu’il a eu des discussions avec les Jeannois d’Alma, mais qui ne crache pas sur son objectif de porter l’uniforme d’une équipe du circuit Courteau. 

Une belle organisation

Les joueurs rencontrés étaient unanimes, le besoin était présent pour un événement de la sorte. « On a tenté d’amener les meilleurs joueurs en province natifs de 2002 afin qu’ils se fassent voir à nouveau, explique l’organisateur David Evangelho. En tout, une trentaine de recruteurs auront fait acte de présence. Les jeunes ont eu une excellente visibilité tout au long du combine. »

« Souvent, lorsque les joueurs arrivent au cégep, ça passe ou ça casse, poursuit-il. Plusieurs joueurs ont passé entre les mailles du filet et ça leur donne une bonne visibilité. Il y a des joueurs qui ont été repêchés dans la LHJMQ, mais qui ont peut-être d’autres objectifs. Il y a des joueurs qui appartiennent à des équipes. Chaque joueur a ses objectifs personnels. C’est à nous de trouver des recruteurs pour qu’ils les voient à l’œuvre. »

L’événement devrait revenir l’an prochain.

Recruteur des États-Unis

De la LHJMQ au junior AAA, passant par les ligues collégiales et les « prep school », des représentants d’équipes américaines sont également venus passer quelques heures à Sherbrooke. Bruno Simard des Buccaneers de Des Moines dans la United States Hockey League (USHL) est descendu de Québec pour voir la crème de la crème de la crème des joueurs natifs de 2002. À ce qu’il sache, il est le seul recruteur de cette ligue à sillonner la province de Québec à la recherche de talents. La USHL est comparable à la LHJMQ. 

Bruno Simard

« Nous, dans la USHL, beaucoup de nos joueurs vont du côté professionnel, sans négliger l’aspect études avec la NCAA, indique M. Simard. On voit des joueurs qui se développent un peu sur le tard. La voie des universités américaines devient plus intéressante pour eux, car ils vont avoir le temps de se développer jusqu’à 20 ans. »

Est-ce que ça facilite la tâche d’un recruteur de voir tout le talent à la même place ? « Maintenant, il y a beaucoup de circuits. Il y a des joueurs dans le midget AAA, dans la LHPS, dans le juvénile. Il y a de bons joueurs partout et l’on ne peut pas le négliger. Même si c’est juste un joueur, ce n’est pas perdu. Les joueurs aussi ont beaucoup d’avenues. Si l’on regroupe tous les joueurs à la même place, c’est un voyage qui rapporte plus », décrit-il. 

Des joueurs pourraient avoir de belles surprises. « Éventuellement on va rencontrer des joueurs et peut-être faire des invitations en vue des camps d’été. On verra si ça peut débloquer plus loin. J’écoutais des joueurs dire qu’ils voulaient se faire voir. Il y a des joueurs qui peuvent passer sous le radar et ça leur donne une chance. On ne s’attend pas à avoir 12 joueurs l’an prochain, c’est vraiment un processus qu’on établit pour offrir une possibilité de plus aux joueurs du Québec pour ceux qui veulent tenter autre chose. Il n’y a pas de mauvaise avenue », analyse le recruteur.