Stéphane Dion et tout le personnel de Hockey Sherbrooke vivent un début de saison des plus particuliers.
Stéphane Dion et tout le personnel de Hockey Sherbrooke vivent un début de saison des plus particuliers.

Une année pleine de défis chez Hockey Sherbrooke

Jérôme Gaudreau
Jérôme Gaudreau
La Tribune
Une saison remplie d’embûches et d’irrégularités attend le personnel de Hockey Sherbrooke. Les prochains mois s’annoncent aussi bien différents pour les hockeyeurs et leurs parents, qui attendent tous avec impatience la venue de la phase 6 permettant le retour à la normale.

Depuis le mois de mars, Hockey Québec respecte un plan de retour au jeu de six phases préparé avec l’aide des experts de la santé. Actuellement, la phase 5 en vigueur permet les matchs disputés entre équipes de même région. Des parties hors-concours seulement avec possibilité de matchs entre équipes de régions limitrophes sous conditions. 

Bref, pas de compétition, pas de contacts physiques ou de mises en échec et pas de statistiques.

« On a beaucoup de travail encore devant nous avant de lancer officiellement la saison, soutient le directeur général de Hockey Sherbrooke, Stéphane Dion. On reçoit énormément de questions et d’appels des parents. Ils veulent savoir quand la saison commencera, s’il y a des tournois, comment les matchs se joueront et quelles seront les mesures prises en lien avec la COVID-19. Tout est écrit sur notre site Internet. On doit également s’adapter aux nouvelles réalités. Pour toutes ces raisons, on est débordés et on demande aux parents de rester compréhensifs. »

Impatients de recevoir un retour de Hockey Sherbrooke, certains parents font parfois connaître leur mécontentement. 

« On accueille cette année une nouvelle adjointe administrative et une nouvelle adjointe à la direction. En plus de traiter toutes les demandes, elles sont également en formation. Les parents n’ont pas à s’inquiéter : on répondra à leurs demandes, mais il se peut que ça prenne plus de temps que normalement parce que nous avons également beaucoup de nouvelles choses à gérer. On fait tout ce qui est en notre possible avec les ressources en place », promet Stéphane Dion.

Puisque les équipes ont été réduites, les administrateurs vivent un début de saison des plus particuliers.

« S’il y a moins de joueurs par équipe, il y a plus de clubs et on a besoin de plus de temps de glace. C’est la raison pour laquelle le temps des parties a été diminué à 50 minutes. Mais avec la baisse d’inscriptions attendue, il est possible que tout s’équilibre. Quand on regarde la tendance chez les associations des autres sports d’équipe, on peut s’attendre à une baisse d’inscriptions nous aussi. On peut penser accueillir quelques centaines de hockeyeurs de moins que la saison dernière », estime Stéphane Dion.

À trois semaines de la fin de la période d’inscriptions, le directeur général de Hockey Sherbrooke invite fortement les membres à ne pas tarder à s’inscrire. 

« Rendu au milieu du mois de septembre, on aura une meilleure idée de l’état de la situation. En s’inscrivant rapidement, les membres nous aideraient à mieux planifier la prochaine saison et à connaître plus vite le nombre d’équipes à former dans chaque niveau. »

En rafale

Le 31 août, les camps de hockey récréatif débuteront dans les catégories atome, pee-wee, bantam et midget dans les classes AA, BB, A, B et C. « Il s’agira d’un camp de mise en forme pour permettre à tous les joueurs de toucher une première fois à la glace avant les évaluations, qui commenceront le 8 septembre. Tous les joueurs seront classés pour ensuite être envoyés dans le bon calibre », informe Stéphane Dion.

Le coût d’inscription n’a pas encore été fixé pour la saison 2020-2021 du hockey scolaire et civil en raison d’un retard budgétaire expliqué par le retard des fournisseurs et les mesures sanitaires adoptées. Plus d’informations sur les coûts seront transmises la semaine prochaine. 

Si Hockey Sherbrooke compte plus d’équipes que la saison dernière à cause de la diminution du nombre de joueurs par formation (10 joueurs et un gardien), un manque de gardiens pourrait être constaté et les différentes associations pourraient être forcées de s’entraider pour s’assurer que chaque équipe puisse compter sur un gardien. De nouveaux entraîneurs seront aussi invités à s’impliquer.

Étant donné l’arrêt prématuré des activités causé par la pandémie, plusieurs joueurs n’ont toujours pas remis le matériel de Hockey Sherbrooke à l’association sherbrookoise. « On est encore en attente de 10 % des chandails de partie et de pratique. C’est beaucoup », précise le DG de Hockey Sherbrooke. 

Aucune pénurie d’arbitres n’est à prévoir. « On pourrait s’en sortir assez bien cette année, pense Stéphane Dion. Mais on invitera quand même les nouveaux candidats à s’inscrire. »

Hockey Sherbrooke espère finalement pouvoir compter sur de nombreux parents pour combler les postes de responsables COVID afin de tenir un registre de joueurs. « On ne souhaite pas être obligé d’engager du personnel pour assurer ce rôle puisque la facture des parents grimperait », rappelle le DG de Hockey Sherbrooke.

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À trois semaines de la fin de la période d’inscriptions, le directeur général de Hockey Sherbrooke invite fortement les membres à ne pas tarder à s’inscrire.  

Près de 2000 hockeyeurs estriens passeraient leur tour

Ce n’est pas seulement à Sherbrooke qu’une baisse d’inscriptions est prévue. Partout en Estrie, les différentes associations se préparent à accueillir bien moins de hockeyeurs cette saison en raison de la COVID-19. Des membres qu’elles comptent revoir dès que la pandémie cessera.

Lors du début de saison 2019, Hockey Estrie avait enregistré près de 7000 inscriptions. Cette fois, elle s’attend à frôler les 5000.

« C’est un scénario réaliste pour différents facteurs, indique le directeur général de Hockey Estrie, Jasmin Gaudet. Dans certaines associations, ça rentre plus vite. Comme chez Hockey Sherbrooke, qui possède plus de personnel administratif afin de contacter plus rapidement les membres. Ailleurs, la prochaine fin de semaine sera cruciale. Normalement, on aurait déjà 50 % des inscriptions comptabilisées. On accuse présentement un léger retard. Il n’y a toutefois pas encore de son de cloche alarmant. »

Au total, Hockey Estrie regroupe normalement 8000 membres en incluant les entraîneurs, les officiels et les joueurs. 

« Je suis convaincu qu’environ 90 % de nos joueurs veulent jouer cette année, mais avec une saison hors-concours et l’absence de tournois, les parents préfèrent attendre l’arrivée de la phase 6. On n’est pas inquiets : on retrouvera nos joueurs une fois que la pandémie sera terminée », souhaite Jasmin Gaudet.

D’ici là, Hockey Estrie continue de recruter des parents bénévoles prêts à agir en tant que responsables COVID. 

« On doit pouvoir compter sur une personne par équipe qui prendra les présences pour assurer une liste de joueurs à contacter s’il y a un cas de COVID-19. C’est présentement notre plus grand défi pour ce qui est des mesures en lien avec la COVID-19 », indique le DG de Hockey Estrie. Jérôme Gaudreau

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Des pertes importantes pour chaque tournoi annulé 

Si les sept tournois de Hockey Sherbrooke doivent être annulés, l’association estime ses pertes à près de 100 000 $. Sans compter la baisse prévue des inscriptions pour la saison 2020-2021, qui pourrait approcher les 40 000 $ de pertes supplémentaires. Ce qui amène Hockey Sherbrooke à espérer que la situation de la COVID-19 s’améliore rapidement afin de pouvoir toucher ces revenus importants et ainsi diminuer la facture des parents.

Aucun tournoi n’est annulé pour le moment à Sherbrooke. Mais une décision devra être prise rapidement pour les trois premiers tournois, puisque le Tournoi atome de Sherbrooke a normalement lieu à la fin du mois d’octobre. Le Tournoi international bantam de Sherbrooke est prévu en novembre alors que le Tournoi pee-wee/bantam de Sherbrooke doit se tenir à la fin décembre. 

« Si la phase 6 est entamée et que le temps nous permet d’organiser le tournoi, on le fera, assure le directeur général de Hockey Sherbrooke, Stéphane Dion. Sinon, il faudra l’annuler. Ces trois derniers tournois de 2020 nous assurent près de 50 000 $. Avec la baisse d’inscription anticipée, on approche les 90 000 $ environ et c’est un chiffre conservateur. Puis s’il fallait mettre une croix sur l’ensemble de nos tournois, on pourrait atteindre cette année les 140 000 $ de pertes sur un budget d’environ 2 millions de dollars. C’est considérable. »

50 tournois en Estrie

Pour Jasmin Gaudet, directeur général de Hockey Estrie, l’annulation de 50 tournois en Estrie constituerait une bien mauvaise nouvelle pour les différentes associations de la région et leurs joueurs.

« Ce serait tout un choc, admet-il. Hockey Estrie en subirait aussi les effets, mais ça va plus loin que ça. L’économie régionale en souffrirait. Les tournois amènent beaucoup de gens dans les hôtels, les restaurants et les commerces de la région. »

Selon Stéphane Dion, les jeunes seront les premiers touchés par l’annulation des tournois. Quel joueur de hockey originaire de la région ne se souvient pas de sa participation au tournoi Novice-O-Rama ou bien encore au TIBS?

« Ce sont les jeunes qui bénéficieront d’abord du retour à la normale lorsque Hockey Québec entamera sa sixième et dernière phase du retour au jeu. On espère d’ailleurs que les parents en soient conscients et fassent encore plus d’efforts en évitant les attroupements et en respectant les règles sanitaires et la distanciation. On ne peut pas jouer à la police. On ne peut que demander un effort collectif pour atténuer la contamination. Sinon, on fonce dans un mur », estime le directeur général de Hockey Sherbrooke. Jérôme Gaudreau