Le Sherbrookois Bastien Mony a remporté la coupe Kraken, une régate à bord d’une pirogue traditionnelle organisée le long de la côte de la Tanzanie.

Un Sherbrookois champion d'une course de bateaux en Tanzanie

Des 23 équipes ayant pris part à la coupe Kraken, une régate de bateaux de pêche traditionnels sur la côte de la Tanzanie, c’est celle du Sherbrookois Bastien Mony, de son père Charles et du Français Gilles Lamiré qui a enlevé les honneurs. Elle était d’ailleurs la seule équipe francophone à tenter de franchir les 450 miles entre Zanzibar et la province de Lindi, du 28 décembre au 6 janvier.

« Cette expérience est un mélange parfait de sport, de découverte, de solidarité et d’un peu de folie. Toute la course a été marquante. Ce sont des pirogues rudimentaires, mais il y a des peuples qui traversent des océans là-dessus. Émotivement, c’était très fort de naviguer sur ces bateaux », raconte Bastien Mony, qui œuvre en matière d’électrification des transports au Centre de technologies avancées de l’Université de Sherbrooke.

La voile, il est tombé dedans quand il était petit. À la blague, il a lancé le défi à son père de s’inscrire à la coupe Kraken. « Mon père fait de la voile depuis toujours. J’ai commencé à suivre des cours à trois ans. Je suis maintenant formateur pour la Fédération de voile. Ça occupe tous mes étés. »

Bastien Mony participe normalement à des courses en catamaran F18. « Il y a quand même une ressemblance avec les pirogues, les ngalawas. Les pirogues sont grosses, mais on ne sent pas bien les choses quand on est à bord. Le bateau ne réagit pas vite et il est instable comme les petites embarcations. Il faut travailler fort pour éviter de chavirer. »

Les pirogues traditionnelles, les ngalawas, sont des embarcations à voile.

Charles Mony, qui habite Québec, rapporte fièrement que l’équipe franco-québécoise n’a jamais chaviré, ce qui lui aurait coûté une bonne heure et demie pour reprendre la route. « C’est plus rudimentaire qu’un catamaran, donc on ne peut pas atteindre les mêmes vitesses. En catamaran, on peut aller à 35 nœuds, mais nous avons réussi à atteindre 19 nœuds avec notre ngalawa, ce qui est très bon. Le plus grand défi est de garder l’équilibre et il faut retirer l’eau du bateau chaque fois qu’une vague nous frappe. Je ne m’imaginerais pas traverser l’océan Indien avec ça », confie-t-il. 

L’équilibre, c’était le travail de Bastien. « Ma principale job, c’était de garder le bateau à plat, de compenser chaque vague avec mon poids. Le bateau est un trimaran, mais les balanciers extérieurs ne flottent pas. Ils visent à nous aider à chercher de la stabilité. »

Les équipes passaient environ 11 h par jour sur l’eau et devaient s’arrêter à 17 h 30 pour éviter de s’échouer. Le repos était aussi très salutaire. Les participants se retrouvaient alors dans des villages de pêcheurs, où ils achetaient le poisson fraîchement capturé pour le faire griller sous les étoiles. « Ces gens-là ne voient à peu près personne de l’extérieur. Pour eux, c’est l’événement de l’année. En arrivant dans un village en bateau, le contact est différent de quand on arrive en avion. On a moins l’étiquette de touriste. Les villageois passaient la soirée avec nous et nous apprenions sur leur façon de vivre. Les relations humaines étaient très fortes. Il vaut la peine d’encourager les gens à découvrir les communautés locales. »

C’est un peu ce que Charles Mony a tenté de mettre en valeur en organisant une collecte de fonds pour les communautés que son organisation, Village Monde, soutient en Tanzanie. Il courait donc symboliquement sous l’emblème de Village Monde, qui vise à encourager le tourisme durable et à améliorer les conditions de vie des communautés éloignées et marginalisées.

La première place de la coupe Kraken n’est pas assortie d’une bourse en argent, mais le trio, qui visait un podium, repart avec un trophée.