Yanick Laulhé et son fils, Ludovick, vivent ensemble leur passion pour la pétanque.

Un Sherbrookois au championnat mondial

Sherbrooke sera bien représentée au championnat mondial de pétanque, qui aura lieu à Desbiens, au Lac-Saint-Jean, à la mi-septembre. L’un des meilleurs joueurs au pays, Yanick Laulhé, habite Saint-Élie et est prêt à tout gagner.

Le Sherbrookois jouera pour la première fois devant ses partisans dans le cadre d’un tournoi aussi prestigieux. « Jouer devant les gens qu’on côtoie tous les week-ends durant la saison, ça va faire plaisir, surtout qu’on va avoir la foule avec nous, pour une fois. Ce n’est pas comme en 2012 à Marseilles où tout était pour la France. Ça va être motivant », prévoit M. Laulhé, confiant.

En effet, si de grandes villes comme Marseille, Cannes, Nice, Bruxelles ou Genève ont été les hôtes de ce tournoi de pétanque, une toute petite municipalité d’environ 1 000 personnes accueillera cette année la compétition de calibre mondial. Cependant, M. Laulhé n’a aucun doute : l’ambiance sera au rendez-vous.

« Le maire Martel travaille très fort pour attirer beaucoup de monde dans la ville durant l’événement. Actuellement, c’est pratiquement complet », assure le joueur professionnel.

La dernière fois que ce tournoi était venu en Amérique du Nord, c’était à Québec, en 1975.

Une passion

Yanick Laulhé joue à la pétanque depuis qu’il est en âge de lancer une boule. Son père, un Marocain d’origine, a été champion de son pays, il y a quelques décennies. « Je devais avoir trois ou quatre ans lors de mes premiers lancers. J’ai fait mon premier vrai concours pour les Jeux du Québec en 1987 lorsque j’avais 11 ans. On s’était qualifiés premiers en Estrie et on avait gagné la consonance », se rappelle l’athlète.

« À 13 ans, mon père nous a amenés, mon frère et moi, à un tournoi à Acton Vale, poursuit-il. Il y avait 200 personnes. Les équipes étaient composées d’un homme, d’une femme et d’une personne à la pige. Personne ne nous connaissait. Finalement, je me suis retrouvé en finale contre mon frère. À partir de ce moment, mon père nous a amenés partout. J’ai ensuite gagné des tournois fédérés, des coupes du Québec, des nationaux et des championnats canadiens. »

Aujourd’hui, le pétanqueur se bat au tournoi le plus prestigieux. « On a fait les quarts de finale en 2012. Cette année, on envoie la meilleure équipe qu’on n’a jamais eue. Nous sommes quatre joueurs de très haut niveau. Tout est pour nous. En France, on n’avait aucune pression. Est-ce que la foule va nous donner une pression ? Je pense que oui. On est toujours un peu plus stressés devant nos partisans », analyse le pétanqueur.  

« Je me sens interpellé à m’entraîner plus pour tenter de rapporter une médaille », résume-t-il.

Les gens intéressés à effectuer un don pour financer la participation du Canada au championnat mondial de pétanque peuvent le faire via le site de sociofinancement www.gofundme.com/equipe-canadienne-de-petanque-2018.

Une histoire de famille

Si Yanick Laulhé a tout appris de son père en matière de pétanque, le champion canadien enseigne maintenant les techniques à son fils, Ludovick. L’enfant de 10 ans, visiblement motivé, ne vise qu’une seule chose : dépasser le maître.

Pour Yanick Laulhé, son fils a un talent exceptionnel. « Je me rappelle de mon jeu lorsque j’avais 10 ans et, clairement, il est meilleur que moi au même âge. Je crois qu’il va être champion du monde », prévoit le membre de la délégation canadienne, le sourire aux lèvres.

Comme son père l’a fait pour lui, Yanick Laulhé montre les rudiments du sport à son enfant. « Je lui enseigne la technique, le comportement à avoir, les réactions à avoir durant le jeu, à rester concentré et à avoir la tête froide », explique le champion canadien.

Si les jeunes de l’âge de Ludovick jouent habituellement au hockey ou au football, rares sont ceux qui jouent à la pétanque. « Mes amis et les gens de mon école trouvent ça intéressant. J’ai un ami qui connaît le sport et il y joue quand même bien. Généralement, les gens de mon âge ne connaissent pas la pétanque, car c’est un sport de Français », explique le jeune homme.

« Quand je leur dis que mon père est champion du Canada, les élèves sont tous surpris », continue l’enfant, qui s’entraîne environ trois fois par semaine.

Ludovick a également l’occasion de peaufiner ses techniques avec son grand-papa. « C’est une de mes grandes passions. J’évolue très vite et je me débrouille bien », affirme celui qui est aussi passionné de soccer et de jeux vidéo.