Jean Proteau réalisera son rêve de participer au Championnat mondial de Judo. Il est accompagné sur la photo de son fils Benjamin, lui aussi athlète de judo. Ils sont tous deux membres du club To Hakukan.

Un rêve devenu réalité pour Jean Proteau

À 53 ans, le Sherbrookois Jean Proteau vivra un rêve qui avait été mis sur la glace il y a plusieurs années : celui de participer au Championnat mondial de judo. Au milieu du mois d’octobre, il s’envolera vers Cancun. Pas dans le but de s’étendre sur la plage et de jouer au touriste. Mais plutôt avec l’intention de vaincre les meilleurs judokas de la planète.

C’est à l’âge de 14 ans, dans le petit village de Saint-Sébastien près de Lac-Mégantic, que Jean Proteau a commencé la pratique du judo.

« Avec mon frère jumeau, j’étais le seul qui pratiquait le judo. Même s’il n’y avait pas d’école de judo, on faisait la pluie et le beau temps. On était classés parmi les super espoirs du Québec. Un jour, un club est apparu dans mon village et j’ai tenté ma chance aux Provinciaux et à l’Omnium du Québec. J’avais fait bonne figure, mais j’avais décidé de tout arrêter. Je me suis toujours demandé si j’avais des chances de me rendre loin avec un meilleur encadrement. J’aurais sûrement fait un bon bout de chemin. Je regrette de ne pas m’être investi davantage dans ce sport et d’avoir tout abandonné plus jeune », affirme-t-il.

Son fils Benjamin a enfilé son premier kimono de judo à l’âge de cinq. Aujourd’hui, il possède dans sa collection une médaille de bronze chez les moins de 16 ans dans la catégorie des 46 kg aux Jeux du Québec, une médaille d’argent aux Nationaux chez les moins de 16 ans et une médaille de bronze chez les moins de 18 ans. 

« On m’a demandé un jour pourquoi je vivais mon rêve à travers mon fils. C’est à ce moment-là que j’ai décidé que la prochaine fois que j’accompagnerais Benjamin aux Nationaux, ce ne serait plus uniquement à titre de spectateur, mais aussi en tant qu’athlète. J’allais donc vivre mon rêve avec lui », confie Jean Proteau.

Seul dans sa catégorie

Le père de Benjamin a donc participé au Championnat national et gagné la médaille d’or chez les 50 ans et plus et la médaille de bronze chez les 40 à 49 ans. 

« Dans ma catégorie, il n’y a pas beaucoup de participants. Je suis donc obligé de concéder dix ans à mes adversaires, une vingtaine de livres et presque une tête. En participant au Championnat mondial, je vais enfin me mesurer à des athlètes de mon poids et de mon âge. Je saurai alors un peu mieux où je me situe. Mon but n’est pas nécessairement de gagner une médaille. Parce que je n’ai aucune idée du calibre. J’ai déjà l’impression d’avoir atteint mon but en me dirigeant à Cancun le 17 octobre prochain. »

Avec un peu de recul, Jean Proteau n’a qu’un seul conseil à donner à ceux qui souhaitent l’imiter.

« Il n’y a pas d’âge pour vivre son rêve. Il ne faut jamais abandonner », résume-t-il.