Les adolescentes Alys et Océane Rajotte de Magog demeurent toujours aussi passionnées et motivées par le patinage artistique. Les deux sœurs ont laissé leur marque lors des derniers Championnats provinciaux de la discipline. Vivant avec un TSA, Océanne, la plus jeune, peut maintenant compter sur un fidèle accompagnateur, Indienne, une chienne Mira.
Les adolescentes Alys et Océane Rajotte de Magog demeurent toujours aussi passionnées et motivées par le patinage artistique. Les deux sœurs ont laissé leur marque lors des derniers Championnats provinciaux de la discipline. Vivant avec un TSA, Océanne, la plus jeune, peut maintenant compter sur un fidèle accompagnateur, Indienne, une chienne Mira.

Un prix de consolation à saveur d’or

Le mois de mars devait être celui des mondiaux de patinage artistique à Montréal. À plus petite échelle, l’enthousiasme était à son comble chez les adeptes de cette discipline au Québec devant le grand rendez-vous annoncé. Le coronavirus est venu tout gâcher.

Heureusement pour les sœurs Alys et Océane Rajotte de Magog, les Championnats provinciaux de patinage artistique ont pu avoir lieu à Lévis et les deux jeunes adolescentes ont raflé la première position dans leur catégorie respective. Un prix de consolation qui vaut son pesant d’or quand on s’arrête à la suite des événements causés par la COVID-19.

Alys a terminé première dans la catégorie prénovice dames, tandis qu’Océane imitait sa sœur aînée dans la catégorie olympiques spéciaux, niveau 5.

Le chemin du retour vers Magog s’est donc déroulé dans la joie. La performance d’Alys et Océane Rajotte à ces Championnats provinciaux est venue confirmer également leur excellente saison et surtout leur belle progression.

Alys avait entrepris la saison à Ottawa avec une première position à la Minto Summer Skate, une compétition nationale regroupant quelque 140 athlètes. Patinage Québec vient aussi de lui signifier qu’elle avait sa place sur l’équipe de développement espoir du Québec.

Quant à Océane, le fait de passer à un niveau supérieur, de réaliser des sauts plus complexes et d’avoir réussi à combattre sa nervosité, elle qui vit avec un Trouble du spectre de l’autisme (TSA), prouve que la saison 2019-2020 en a été une de grande victoire personnelle pour elle.

Or, la crise du coronavirus qui a mis tout le Québec au confinement est venue mettre un frein à une saison dont la fin s’annonçait aussi rayonnante que le début. Non pas que d’autres compétitions figuraient à l’agenda des deux sœurs, mais celles-ci misaient beaucoup sur le spectacle annuel des Libellules de Magog, club dont elles sont membres, pour fraterniser et montrer leur savoir-faire.

« J’avais hâte d’exécuter mon numéro solo sans me soucier de mon pointage. Juste patiner, sans pression, donner un bon spectacle aux gens dans les gradins », exprime Alys.

Quant à Océane, c’est surtout l’impossibilité de faire des numéros de groupe qui la chagrinait. « D’abord avec mes amies du club et aussi avec les petits enfants de trois ans et plus que j’aide durant l’année », mentionne-t-elle.

Pour en revenir à Alys, 14 ans, il faut savoir aussi que le patinage artistique l’occupe quotidiennement ou presque, elle qui est inscrite à un programme sport-études à l’école secondaire du Triolet à Sherbrooke. Dans son cas, l’entraînement prend rarement congé.

« L’entraînement sur la glace me manque beaucoup. Je m’ennuie des filles qui s’entraînent avec moi et de mes autres amies à l’école », a-t-elle souligné.

À la maison

La résidence familiale a donc pris le relais et sert maintenant de lieu d’entraînement au lieu du complexe Thibault GM et de l’aréna de Magog. « C’est assurément plus difficile pour Alys de s’entraîner à la maison devant son entraîneuse qui la corrige par vidéo à raison de deux ou trois entraînements supervisés par semaine. Ce n’est pas la même dynamique que s’entraîner avec ses partenaires qui la côtoient régulièrement sur une glace. Elle ajoute aussi des séances individuelles et parfois avec toute la famille », mentionne Claude Rajotte, le père.

Océane se joint aussi à la danse et l’entraînement fait également partie de sa routine à la maison. « On a sorti du vieil équipement des boules à mites, dont un tapis roulant, et elle s’exécute. Elle s’entraîne parfois avec sa sœur qui la motive. Elle a quand même hâte de retrouver une vie normale, loin du confinement, et de pouvoir recommencer à patiner au camp d’été si la situation le permet évidemment », précise le paternel.

Les parents aussi montrent l’exemple. « L’entraînement à la maison exige une bonne organisation familiale. Pour encourager les filles, nous avons aussi décidé Claude et moi de nous entraîner cinq à six fois par semaine depuis le début du confinement. Nous avons décidé collectivement d’éviter de passer des journées entières devant nos écrans. On essaie de garder une routine entre le jeu, l’entraînement et les travaux scolaires. La discipline acquise dans le patin artistique aide nos filles à emboîter le pas même si parfois c’est plus difficile », a expliqué Elaine Couture, la maman.

Vivant avec un TSA, Océanne Rajotte peut maintenant compter sur un fidèle accompagnateur, Indienne, une chienne Mira.

Indienne, la nouvelle-venue

La famille Couture-Rajotte s’est agrandie au cours des derniers mois alors qu’Océane bénéficie maintenant de la compagnie d’un chien Mira. « C’est devenu une amie pour Océane. Indienne (son nom) réconforte et apporte de l’apaisement à Océane quand elle est anxieuse », soutiennent les parents.

Indienne accompagne Océane dans les compétitions et parfois à l’entraînement à l’aréna. , ajoute Elaine Couture.

On se souvient que le Québec tout entier avait découvert Océane Rajotte alors qu’elle avait seulement quatre ans et donnait ses premiers coups de patin. Elle était aussi devenue en 2013, alors qu’elle venait tout juste de célébrer ses cinq ans, la plus jeune athlète à participer aux Jeux du Québec.

Âgée maintenant de 12 ans, la présence d’Océane Rajotte est de plus en plus remarquée chez les Libellules de Magog. Sa maman explique. « À neuf ans elle a montré de l’intérêt pour aider les débutantes. Elle a donc commencé comme assistante de programmes et progressivement les entraîneurs lui ont donné plus de responsabilités. Cela lui a permis d’acquérir plus de maturité et augmenter son sens des responsabilités. »

Les deux sœurs nourissent maintenant d’autres ambitions. Après avoir tout gagné ce qui était possible de gagner au Québec dans la catégorie Olympiques spéciaux, Océane a les yeux sur les Championnats canadiens et quand elle aura atteint l’âge de 14 ans les Championnats mondiaux. Pour Alys, le chemin qui se dessine devant elle est une participation éventuelle aux Championnats canadiens après avoir mérité sa place sur l’équipe officielle du Québec. C’est du moins son objectif dans une catégorie où la compétition n’est pas sans être très féroce.

Les défis, on connaît ça chez la famille Rajotte et Couture.