Le gardien Mathieu Bellemare a été solide devant le but des Olympiques, repoussant 45 des 50 tirs dirigés par les joueurs du Phœnix.

Un premier gain en prolongation

Bien difficile à déterminer quelle équipe méritait la victoire entre les Olympiques de Gatineau et le Phœnix de Sherbrooke au centre Robert-Guertin mercredi soir.

Les visiteurs qui tiraient de l’arrière 1-0 après une période même s’ils avaient dominé les locaux 17-4 dans les tirs après 15 minutes de jeu? Les Olympiques qui menaient 4-1 après deux périodes en reprenant momentanément le dessus au chapitre des lancers? Ou encore le Phœnix qui a profité de six punitions consécutives aux Gatinois pour revenir de l’arrière et l’emporter 5-4 en prolongation?

Toujours est-il que Thomas Grégoire a joué les héros en comptant son deuxième but du match sur le 50e tir du Phœnix en prolongation. La foule annoncée à 1853 spectateurs a eu droit à un vrai match de hockey junior au Vieux Bob. Ils ont vu trois matches pour le prix d’un.

Dans les 15 premières minutes, l’équipe de l’Estrie était seule sur la glace. Dans les 15 minutes suivantes, les Olympiques avaient pris l’avance 22-21 dans les tirs. Pendant le reste du match, les visiteurs ont l’avantage 27-5!

Après la partie, l’entraîneur-chef Éric Landry peinait à reconnaître la réelle identité de sa formation. « En première période, nous les avons regardé jouer. En deuxième, nous avions pris le contrôle. En troisième, nous nous pensions bons tout à coup. Nous avons essayé des jeux risqués. Nous n’avons pas simplifié les choses. Les six punitions de suite ont été difficiles. T’as beau envoyer des joueurs différents sur la glace, il reste qu’en fin de compte, c’est souvent les mêmes... »

La remontée du Phœnix est venue effacer une prestation magistrale du gardien Mathieu Bellemare. Après 20 minutes, son équipe menait 1-0 grâce à ses 18 arrêts et à un but d’Alexandre Landreville. Thomas Grégoire l’a enfin déjoué avec un plomb bien placé dans la partie supérieure en début de deuxième période, mais les Gatinois ont profité de leurs unités spéciales pour marquer trois buts de suite dans le deuxième vingt.

Mitchell Balmas et Jeffrey Durocher ont déjoué Brendan Cregan pendant des avantages numériques. Puis, Giordano Finoro a donné une avance de 4-1 aux Gatinois pendant une infériorité numérique.
Enfin, les Olympiques ont pu marquer des buts sans Vitalii Abramov. Leur première victoire sans lui semblait acquise. Erreur.

En troisième période, Hugo Roy et Marek Zachar ont réduit l’écart à 4-3 pendant des attaques massives et Nicolas Roy a égalé la marque avec 90 secondes à faire. Puis, le défenseur Thomas Grégoire a offert une première victoire en prolongation au Phœnix cette année (en sept essais) en complétant un jeu spectaculaire qui a mystifié Mathieu Bellemare.

Ce dernier aurait mérité un meilleur sort pour ses efforts. Il a tout de même sauvé un point au classement à son équipe.

« Mathieu a très bien fait ce soir. Alexandre Landreville aussi en bloquant des tirs, en comptant un but et en gagnant des mises en jeu importantes. La bonne nouvelle, c’est que nous avons marqué des buts, mais nous ne pouvons pas nous permettre d’accorder 50 tirs dans un match. Sherbrooke lançait de partout », a ajouté l’entraîneur Landry. À lui seul, en gardant son bâton trop élevé à deux reprises, Gabriel Bilodeau aura offert huit minutes d’avantage numérique au Phœnix qui n’en demandait pas tant.

Une victoire « différente »

Le Phoenix devait combler un déficit de trois buts... et il a réussi. Une nouvelle façon de faire des Sherbrookois pour aller chercher la victoire.

Rarement le Phœnix a comblé un écart aussi grand. Un tel déficit et pourtant, il ne connaissait pas un mauvais match.

Avec 50 tirs au but, le Phœnix a totalement dominé les Olympiques, principalement en première et en troisième période. La logique a été respectée.

« On a été dominants en première période et on perdait 1-0. En deuxième période, on a connu plus de difficulté et on a fait un retour en force en troisième pour finalement revenir à Sherbrooke avec un beau gros deux points », a confié l’entraîneur Stéphane Julien.

Le pilote des Oiseaux admet qu’il a rarement vu le Phœnix empocher un gain de cette façon.

« C’est une victoire différente parce que dans le passé, on a rarement été capables de combler un déficit de ce genre. J’avais l’impression après 40 minutes que mes joueurs pouvaient revenir de l’arrière. J’ai entendu les leaders dans le vestiaire, j’ai brassé un peu mon club et j’ai senti qu’ils voulaient aller chercher cette victoire », informe Julien.

Marek Zachar, Yaroslav Alexeyev, Nicolas Poulin et Thomas Grégoire ont été particulièrement bons.

« On s’est concentrés sur le processus et mes leaders ont répondu à l’appel. Brendan Cregan n’a pas disputé son meilleur match, mais il a réalisé tout un arrêt en troisième qui a semblé inspirer ses coéquipiers et il a empoché les deux points, ce qui est le plus important », enchaîne l’entraîneur.

C’est d’ailleurs Cregan qui sera devant le filet, encore une fois, samedi au Palais des sports contre les Foreurs de Val-d’Or.  - Jérôme Gaudreau