Charles-Antoine Roy viendra prêter main forte aux leaders actuels du Phœnix tout en offrant une force de frappe additionnelle à Stéphane Julien, qui misera sur une attaque variée et une défensive étanche.

Un Phoenix boosté dans une course à cinq

CHRONIQUE / L’alignement du Phœnix est impressionnant. Pour la première fois, le club sherbrookois est all in. Pas seulement cette année, mais aussi pour la saison prochaine. La question à se poser maintenant : est-ce que Jocelyn Thibault en a fait assez?

Le directeur général profitait du luxe d’avoir sous la main la meilleure équipe au Canada. Sentait-il vraiment le besoin de booster son groupe comme les Saguenéens de Chicoutimi l’ont fait? Ou encore les Wildcats de Moncton? Peut-être pas.

Mais une chose est certaine : on mesurera alors ce qui mène vraiment au championnat dans le junior majeur. La défensive ou l’offensive?

Parce que le Phœnix peut clairement se vanter de posséder la meilleure brigade défensive de tout le circuit. De l’autre côté, les Saguenéens et les Wildcats ont des attaques dignes d’un match des étoiles.

Même l’Océanic et les Eagles du Cap-Breton seront à surveiller. Le Phœnix s’engage ainsi dans une course à cinq. La bonne nouvelle? Il se trouve du bon côté du tableau. Parce que les quatre plus grands rivaux des Sherbrookois évoluent dans l’autre association. Celle de l’Est. Le Phœnix est seul dans l’Ouest. Ce ne sera pas l’Armada de Blainville-Boisbriand ou les Voltigeurs de Drummondville qui freineront la troupe de Stéphane Julien, croyez-moi.

Mais une fois arrivé dans le carré d’as, tout se corse soudainement. Le plus étonnant dans tout ça, c’est qu’il y aura deux équipes entre les Sags, les Wildcats, les Eagles et l’Océanic qui ne participeront pas à la demi-finale.

Si j’avais à gager, je dirais que les Eagles pourraient être exclus. Et les Saguenéens passeront en grande finale. Leur attaque est tout simplement incroyable. Imaginez : Rafaël Harvey-Pinard, Félix Bibeau, Dawson Mercer, Raphaël Lavoie, Hendrix Lapierre, Vladislav Kotkov et Samuel Houde à l’attaque avec Alexis Shank dans les buts.

De son côté, le Phœnix misera sur la profondeur de son offensive, sa défensive étanche et ses deux solides gardiens. Est-ce que les Samuel Hlavaj, Samuel Bolduc, Samuel Poulin, Félix Robert, Alex-Olivier Voyer, Xavier Parent, Benjamin Tardif, Taro Jentzsch, Charles-Antoine Roy et Patrick Guay pourront rivaliser face à ces équipes dès cette année?

Parce qu’il faut l’avouer, le Phœnix sera encore redoutable l’an prochain. Cette saison, la formation compte trois joueurs repêchés dans la LNH. Les Sags : six! Plus impressionnant encore, les Wildcats comptent neuf joueurs appartenant à des clubs de la LNH. NEUF!

L’ajout de Gabriel Fortier, Benoît Olivier Groulx, Jared McIsaac et du gardien Olivier Rodrigue dans la dernière année est tout simplement spectaculaire pour Moncton. À cela s’ajoute Jakob Pelletier, Jeremy McKenna et Alexander Khovanov. Ce n’est pas compliqué, on se croirait au camp d’Équipe Canada junior en regardant Chicoutimi affronter Moncton.

Il est également difficile de miser contre Alexis Lafrenière et sa bande, qui comptent désormais sur deux joueurs dominants provenant de la région : Nicolas Guay et Justin Bergeron. Mais tout comme les Eagles, j’ai bien l’impression qu’ils en ont pas assez fait durant la période de transactions pour réussir à soulever la coupe du Président.

La question se pose aussi dans le cas dans le cas du Phœnix : est-ce que Jocelyn Thibault aurait dû payer encore plus cher pour aller chercher des vedettes? Car mis à part Samuel Bolduc, les nouvelles acquisitions ne s’approchent pas des grosses pointures nommées plus haut, sans rien leur enlever. Même si j’adore toutefois l’ajout de Xavier Bernard et aussi les qualités de leader de Charles-Antoine Roy. Ces deux additions serviront grandement la cause du Phœnix.

Je suis d’accord avec Jocelyn Thibault lorsqu’il prétend que son équipe se « retrouve dans le mix » et « a une chance de gagner » cette saison. Surtout s’il demeure en santé, ce qui n’est pas le cas présentement. Mais si j’avais à miser un vieux deux, je gagerais davantage sur l’édition 2020-2021 du Phœnix.

Trois excellents joueurs de 20 ans quitteront : Voyer, Robert et Charles-Antoine Roy. Mais le noyau actuellement âgé de 18 ans sera arrivé à pleine maturité. Il y aurait une congestion aux postes de joueurs de 20 ans. Samuel Bolduc et Xavier Bernard pourraient disputer leur dernière saison dans la LHJMQ. Benjamin Tardif occupera sans aucun doute l’un de ces trois postes avec Bolduc. Par la suite, il resterait à choisir entre Olivier Crête-Belzile, Nathaël Roy et Xavier Bernard. Bref, deux joueurs de 20 ans pourraient être monnayés contre des plus jeunes, tout comme le dernier choix de première ronde que le Phœnix possède encore en banque.

Dans le cas où Samuel Poulin serait également de retour, avec un Samuel Hlavaj plus expérimenté et un nouveau joueur européen dominant qui comblera le départ de Taro Jentzsch, tout sera encore permis pour le Phœnix, qui a devant lui deux belles occasions de viser la coupe. Un exploit signé Jocelyn Thibault.

Et ensuite, ce sera au tour du Phœnix de vendre ses meilleurs effectifs contre des choix au repêchage et des recrues afin de repartir un nouveau cycle en 2022-2023. Mais d’ici là, le Phœnix tentera le tout pour le tout dès ce printemps et pourrait très bien atteindre la grande finale.

C’est à ce moment que l’expression « tout se jouera sur la glace » prendra son sens.

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Jacques s’y attendait

La transaction de Jérémy Jacques, envoyé à Baie-Comeau, n’a pas surpris le principal intéressé, qui compte se servir de ce changement comme tremplin. 

Rappelons que le défenseur de 18 ans a été échangé contre des choix de 3e ronde et de 6e ronde 2022. Il se pourrait également que ces choix soient bonifiés en fin de saison, ce qui n’a cependant pas été confirmé. 

« Je m’y attendais puisque nous étions rendus neuf défenseurs à Sherbrooke, soutient l’ancien Cantonnier. Alors ce n’était pas une grosse surprise. Jocelyn Thibault a été bon avec moi en me permettant d’aller jouer pour une équipe avec laquelle j’aurai plus de temps de glace. Je souhaite le meilleur au Phœnix et aux partisans pour le reste de la saison! Je suis très heureux de me joindre au Drakkar. C’est aussi une très bonne organisation qui s’occupe bien de ses joueurs et les partisans sont parmi les plus intenses de la ligue! Ce sera très plaisant de jouer là bas également. »

Le Phœnix s’est effectivement amélioré durant la dernière période de transactions, mais il lui aura toutefois fallu laisser aller deux bons défenseurs pour arriver à ses fins.

« On comptait neuf défenseurs et à 18 ans, Jérémy Jacques attirait l’attention des autres directeurs généraux, confie Jocelyn Thibault. On aime ce joueur, il a rendu de bons services à notre équipe, mais c’était difficile de lui trouver une place dans le top 6 alors qu’à Baie-Comeau, il aura son temps de glace. La transaction était bonne pour nous. Puis dans le cas de Yann-Félix Lapointe, c’était le prix à payer pour accueillir Samuel Bolduc. L’Armada tenait à l’avoir. »

« J’aime ça avoir des joueurs de 20 ans à l’attaque, poursuit le DG. Trois attaquants de 20 ans, ça fait une différence. Ils sont bons en échec avant et dans de longues séries, ils ont un impact. Ils deviennent fatigants pour l’adversaire. » Jérôme Gaudreau