Mario Durocher s’apprête à atteindre le plateau important des 500 victoires en carrière comme entraîneur-chef dans la LHJMQ.

Un Noël hâtif pour Mario Durocher ?

Le pilote sherbrookois Mario Durocher pourrait s’offrir un cadeau avant le temps. À quelques jours de Noël, il peut espérer faire partie du groupe sélect d’entraîneurs ayant 500 victoires et plus dans la LHJMQ. Malgré cet exploit considérable, Durocher refuse de prendre le crédit.

Après Richard Martel (589 victoires), Guy Chouinard (569) et Réal Paiement (541), l’entraîneur des Foreurs sera le prochain à atteindre ce plateau. En fait, il ne lui manque que deux gains pour y parvenir et la formation de Val-d’Or doit disputer trois parties avant Noël.

Or, les adversaires sont redoutables : deux matchs contre les Huskies de Rouyn-Noranda et un contre les Remparts de Québec.

« C’est loin d’être fait, admet Durocher. C’est certain que ce serait un beau cadeau avant le temps, mais les 500 victoires à titre d’entraîneur-chef ne sont qu’une preuve de longévité pour moi. Ce n’est pas moi qui ai marqué les buts, effectué les arrêts, etc. Obtenir 500 victoires, c’est gratifiant, mais je suis aussi fier des victoires acquises lorsque j’étais adjoint. Je suis tout de même fier de rejoindre Guy Chouinard, un homme qui m’a appris beaucoup. Je dois aussi remercier Pierre Creamer d’avoir été un mentor quand je commençais dans le métier. »

Après avoir fait ses preuves en tant qu’adjoint avec les Faucons de Sherbrooke en 1992, Mario Durocher s’est rendu à Victoriaville pour ensuite effectuer un détour par Magog avec les Cantonniers, équipe avec laquelle il a soulevé la Coupe Air Canada. C’est en 2000 que Durocher a officiellement fait le saut dans la LHJMQ en tant qu’entraîneur-chef des Tigres de Victoriaville.

« Le hockey a tellement changé depuis ce temps. J’ai dû m’adapter. Avec les séquences vidéos, les cellulaires chez les jeunes et tout le reste, c’est très différent. Mais le côté humain de mon travail demeure. Quand je croise l’un de mes anciens joueurs dans la rue et qu’il ne change pas de trottoir, c’est ma paie. Ma plus grande fierté, c’est de voir le jeune de 16 ans devenir un homme à la fin de son stage junior. Le hockey est une école de vie et on prépare les joueurs à être utiles à la société. C’est mon plus beau cadeau. »

Sa plus grande force qui lui permettra bientôt de célébrer sa 500e victoire selon lui?

« Avoir l’esprit d’un gagnant. C’est difficile de gagner. Quand on perd, on apprend. Mais quand on gagne aussi. On ne doit pas seulement analyser les défaites, mais les victoires également », confie le pilote des Foreurs.

Une mauvaise séquence

Après avoir commencé la reconstruction du club l’an dernier, les Foreurs forment une jeune équipe et connaissent des séquences difficiles, comme celle vécue présentement.

« On n’a pas gagné lors de nos six derniers matchs. J’espère voir notre formation mettre un terme rapidement à cette mauvaise série. La bonne nouvelle, c’est que deux de nos trois prochaines parties sont à Val-d’Or et l’autre à Rouyn. »

Le résultat devient parfois secondaire pour une jeune équipe. Le processus est alors plus important.

« On possède de bonnes recrues et de beaux espoirs. C’est la bonne nouvelle », souligne celui qui n’a toujours pas vu son contrat être renouvelé pour la prochaine saison.

Un classique du temps des Fêtes

Qui dit temps des Fêtes dit aussi Championnat de hockey junior. Après avoir empoché deux médailles d’argent en 2003 et 2004, comme adjoint d’abord et entraîneur-chef ensuite, Durocher suit les activités d’Équipe Canada d’un autre œil.
On se souviendra d’ailleurs de la bévue de Marc-André Fleury en 2004, qui avait mené à la défaite du Canada en finale. Un souvenir douloureux pour l’entraîneur.

« Ça m’a pris cinq ans avant de pouvoir regarder le match de nouveau. J’ai grandi beaucoup à la suite de cette expérience. Et lorsque j’ai vu Marc-André réaliser de gros arrêts pour mener les Penguins de Pittsburgh vers la conquête de la Coupe Stanley, j’étais très heureux. Cette année, je vais regarder une fois de plus ce championnat même s’il n’y aura pas beaucoup de Québécois ou aucun. L’équipe est tout de même dirigée par Dominique Ducharme. Je lui souhaite l’or, parce que Hockey Canada dresse un constat d’échec sinon. »