Leur présence n'est plus que passagère, des cerfs viennent se nourrir pratiquement chaque jour derrière les maisons se trouvant à l'ouest du parc Blanchard.

Un hameau de chevreuils au coeur de la ville

Chronique / Des citoyens de l'arrondissement du Mont-Bellevue demandent à la Ville de Sherbrooke ainsi qu'aux gestionnaires de la faune de s'attaquer à la prolifération de chevreuils dans leur voisinage. Les cervidés seraient passés de visiteurs occasionnels à résidants permanents dans l'une des zones résidentielles bordant le parc Blanchard.
Viviane Drolet, qui habite sur la rue de Lisieux, ainsi que son voisin Gaétan Collard, de la rue Delorme, soutiennent que les chevreuils prolifèrent et deviennent invasifs autour des maisons.
« L'hiver dernier, ils étaient huit à se promener à la queue leu leu et à brouter mes cèdres ainsi que mes plantes ornementales. J'ai eu beau installer des filets de protection, ils ont trouvé le moyen de me causer des dommages. Ils vivent au milieu de nous, ils prolifèrent parmi nous, notre quartier est devenu leur milieu de vie. Il ne se passe pratiquement plus une journée sans que j'en aperçoive autour de ma maison », témoigne Mme Drolet avec des photos fraîches à l'appui.
« Je suis également persuadé que le cheptel augmente, car il n'y a rien pour ralentir sa croissance. Le vaste territoire aux abords de la zone verte municipale leur offre un habitat de choix », renchérit son voisin.
Les usagers du corridor récréatif longeant la berge sud de la rivière Magog apprécient le couvert végétal de quelques kilomètres entre le pont Jacques-Cartier et la rue Delorme. Ils se retrouvent alors à proximité de la passerelle permettant de traverser la rivière à la hauteur de l'autoroute 410.
Des terrains boisés privés ainsi que des champs appartenant à des compagnies implantées dans le parc industriel attenant, dont le fabricant de bâtons de hockey Sher-Wood, doublent le périmètre à l'intérieur duquel les cerfs peuvent trouver des aires de repos sans avoir à craindre les humains. C'est leur quête de nourriture qui les rend visibles.
Des chevreuils sont régulièrement aperçus au bois Beckett, dans le parc du Mont-Bellevue ou dans le corridor récréatif longeant la rivière Saint-François, en direction de Lennoxville ou de Brompton. Des secteurs autorisés pour la chasse se trouvant à proximité de ces espaces verts, la récolte par les chasseurs est un facteur de régulation.
Le boisé Lucien-Blanchard et son pourtour représentent un habitat propice pour les chevreuils au coeur de la ville, mais loin des zones de chasse.
« Nous ne demandons pas d'ouvrir la chasse dans le parc Blanchard ou de lancer un développement tous azimuts afin que les humains prennent la place des cervidés. Il faut cependant que les autorités reconnaissent que c'est une situation particulière qui doit minimalement être documentée pour assurer un suivi et contrer cette prolifération », croit M. Collard, qui est chasseur et piégeur.
Une équipe d'agents de la faune a été invitée l'hiver dernier à venir constater les impacts de la présence des cervidés. Un rapport a été produit, mais les citoyens n'ont pas été informés des intentions des gestionnaires fauniques.
Les plaignants souhaitent la mise en place d'un comité mixte de gestion. À ce jour, ils n'ont toujours pas obtenu d'engagement en ce sens ni de la part de la Ville ou encore du gouvernement.
Rappelons que pas moins de 413 cerfs ont été abattus par les chasseurs l'an dernier à Sherbrooke, la 6e ville en importance au Québec. Sans cette récolte, les cas problématiques de ce genre se multiplieraient.