Le directeur général du Phœnix de Sherbrooke, Jocelyn Thibault, et son président Denis Bourque, discutaient à Québec en compagnie de Marc Denis, cogestionnaire des Saguenéens de Chicoutimi.

Un gardien européen avec le Phœnix?

Il s’agit d’un secret mal gardé. Pour viser les grands honneurs, le Phœnix de Sherbrooke devra acquérir un gardien de premier plan. Et ce portier pourrait très bien se retrouver en Europe.

« La situation des Européens pourrait changer, admet Jocelyn Thibault, directeur général du Phoenix. Il serait possible d’échanger l’un de nos Euros, Oliver Okuliar ou Taro Jentzsch, pour combler certains besoins. Même si l’on adore ces deux joueurs. Par contre, le repêchage européen serait une belle façon de corriger des lacunes au sein de notre équipe à une certaine position. »

Rappelons que depuis l’an dernier, les équipes de la LHJMQ peuvent ajouter un cerbère européen par la voie du repêchage européen, qui aura lieu lundi prochain. À la fin de la saison, Okuliar avait d’ailleurs un rôle secondaire à jouer.

« Il s’agit d’une option. Plusieurs bons gardiens sont disponibles dans le circuit, mais le prix peut être très élevé », note Thibault.

Parmi eux, on note entre autres Creed Jones à Gatineau (19 ans), Tristan Bérubé de Rimouski (20 ans) et Olivier Rodrigue de Drummondville (19 ans). Ce dernier serait toutefois le plus onéreux du groupe. C’est-à-dire deux choix de première ronde, au minimum. Ce que le Phoenix ne serait pas prêt à offrir.

Or, Jocelyn Thibault se dit ouvert à dépenser l’un de ses choix de premier tour pour un joueur d’expérience qui comblerait un besoin immédiat. On pense entre autres à Shawn Element, reconnu pour sa robustesse. Ou Nathan Légaré, âgé de seulement 18 ans.

« On ne veut toutefois pas aller chercher des joueurs qui seront dans la ligue pendant encore un an uniquement. Mettre les œufs dans le même panier au repêchage, ce ne serait peut-être pas la meilleure idée. Acquérir des joueurs de 18 ou 19 ans, ce serait plus sensé. On n’aime pas l’idée du joueur de location. Une fois la saison terminée, ces joueurs de 20 ans quittent la LHJMQ et ne peuvent plus être échangés. »

Le Phœnix évalue aussi l’option de sélectionner des joueurs qui lorgnent les États-Unis.

« Notre plan A, c’est de repêcher un joueur qui sera présent à notre camp d’entraînement. C’est certain. Mais on a un plan B, C, D, E, F et peut-être même un plan G. J’aime être préparé. J’adore construire mon équipe moi-même avec des joueurs repêchés. Mais cette fois, je crois que c’est important d’ajouter des joueurs prêts à nous aider immédiatement. Mais je n’ai aucune idée de ce qui peut arriver dans les 48 prochaines heures. »

« Le top 10 est très relevé, rappelle Jocelyn Thibault en vue de la journée de samedi. La pire chose qui pourrait nous arriver, c’est de repêcher un joueur récalcitrant qui ne se présentera jamais dans la LHJMQ. À ce moment-là, on recevrait le même choix qui s’additionnerait à nos choix de l’an prochain. Donc si notre choix numéro 9 ne se présente pas, on ajouterait un choix numéro 9 à la première ronde de l’an prochain. C’est même très bien, selon notre stratégie. Mais ça nous retarderait d’une année. Par contre, si le joueur est prêt à jouer pour une équipe des Maritimes par exemple, je peux l’échanger contre deux choix importants au repêchage, admettons, et je recevrais en plus un choix de début de deuxième ronde. Ça aussi, ce n’est vraiment pas mauvais. »

Un recruteur-chef prêt à tout

Alain Préfontaine et son équipe de recruteurs ont investi toute une année de travail pour peut-être finalement voir quelques choix importants du Phœnix être échangés au repêchage contre des joueurs établis. Le recruteur-chef se dit prêt à tout. Même à repêcher des joueurs qui seront absents à la séance de sélection à cause de tous ces récalcitrants ayant les yeux rivés sur les États-Unis.

« J’ai été chanceux à mon arrivée à Sherbrooke parce que le Phœnix recommençait un nouveau cycle, précise-t-il. Depuis ce temps, on compte encore sur 16 joueurs repêchés par notre organisation. Aujourd’hui, on arrive au sommet de notre cycle et même si notre équipe de recruteurs a vu 350 parties de hockey cette année, ça ne nous dérangerait pas de ne pas repêcher. Si nos choix de première ronde sont échangés contre des joueurs qui sont prêts à nous faire gagner, on sera bien heureux quand même. On fait tous du hockey pour gagner après tout! »

Ce dernier admet toutefois que la cuvée 2019 est excellente.

« Jusqu’au début de la troisième ronde, il y a de très bons espoirs. On peut créer un top 36. Après, on parle de joueurs de profondeur. À partir de la troisième ronde, les bons défenseurs et les bons gardiens seront une denrée rare. Ce n’est pas une grande année de gardiens ou défenseurs, mais on a plusieurs bons attaquants. »

Alain Préfontaine se dit conscient que le Phœnix se trouve parmi les équipes les plus actives sur le marché des transactions. 

« On est confortables des deux bords de la clôture. On est prêts à repêcher ou à échanger nos choix. Nous ne sommes pas obligés de repêcher. On a quand même encore 20 de nos joueurs sur 23 et on regarde vers quelques agents libres. Même avec nos choix 9 et 10, ces joueurs seront prêts à nous aider dès cette année. Et de bons joueurs, ça s’échange toujours. Que ce soit à Noël ou l’an prochain. »

Alain Préfontaine devra toutefois s’attarder aux besoins de sa formation.

« Notre liste est un outil de travail. Un plan que l’on dresse. Ça se peut que lorsque viendra le temps de sélectionner un joueur, que ce soit toujours un défenseur sur notre liste, mais on ne veut pas six défenseurs! J’ai ma liste des 50 meilleurs durant les quatre ou cinq premières rondes, et après je fais ma liste de défenseurs, ma liste de gardiens et ma liste d’attaquants. »

Et que pense-t-il des joueurs récalcitrants?

« À talent égal ou presque, je vais prendre celui qui veut jouer dans la LHJMQ. Mais si j’ai un joueur qui était troisième sur ma liste et que je repêche au 10e rang, je vais le sélectionner, même s’il regarde vers les États-Unis. »

« C’est une mode, poursuit Alain Préfonfainte. La dernière fois que cette situation est survenue, c’est en 2011, l’année de Nathan MacKinnon. J’espère que ce sera la dernière année parce que l’an prochain, la NCAA ne pourra plus signer des joueurs de 14 ou 15 ans. L’âge limite sera de 16 ans. Il suffit de regarder les dix dernières années pour voir à quel point les jeunes reviennent au Québec après une mauvaise expérience aux États-Unis. Et s’ils pensent que l’on voyage beaucoup, c’est pire dans la USHL. »