L'ancien joueur des Nordiques de Québec Pierre Aubry offrait des conseils de patinage aux joueurs de l'équipe benjamine des Barons du Séminaire de Sherbrooke mardi à l'aréna de l'Université Bishop's.

Un ex-Nordique ne croit plus au retour de la LNH

De passage à Sherbrooke pour aider les jeunes hockeyeurs des Barons du Séminaire de Sherbrooke, l'ancien joueur des Nordiques Pierre Aubry ne se montre pas très optimiste envers le possible retour de la LNH à Québec.
Celui qui se spécialise aujourd'hui dans l'enseignement des techniques de patinage estime que le seul hockey qui pourrait se jouer au Centre Vidéotron est celui des Remparts de Québec.
« Je n'ai pas entendu de bonnes nouvelles pour nous à la radio aujourd'hui à cause de ce qui se passe à Seattle (NDLR: le KeyArena pourrait accueillir la LNH en 2020). Je souhaite le retour des Nordiques et si ça se fait, ce sera grâce au déménagement d'une concession. Mais est-ce qu'il y a vraiment une organisation qui délaissera son club? Winnipeg est la plus récente ville à avoir eu cette chance et peut-être la dernière. Je serais très surpris de voir une nouvelle franchise à Québec. »
Pas de meilleur endroit
Pourtant, il n'y a pas de meilleur endroit selon lui pour implanter une nouvelle équipe de la LNH :
« Les joueurs professionnels aimeraient que Québec puisse avoir son club. C'est une belle ville. Au même titre que les joueurs aiment disputer une partie à Montréal ou Toronto. Je suis malheureusement certain qu'il n'y a pas eu d'entente avant la construction du Centre Vidéotron. Même aujourd'hui, Québec n'a pas d'entente d'après moi. »
Pierre Aubry semble avoir perdu tout espoir.
« Je suis moins optimiste depuis quelque temps. Québec n'aura pas d'équipe de la LNH à court terme du moins. La faible valeur du dollar canadien n'aidait vraiment pas il y a quelque temps, mais c'est un peu mieux présentement. Pourtant, une équipe de la LNH à Québec attirerait beaucoup de spectateurs. Ce serait très populaire! »
Ce qui le désole le plus?
« Depuis que les Nordiques sont partis, il y a beaucoup moins de joueurs québécois qui réussissent. Le Canadien autrefois ne laissait jamais passer un Québécois lors du repêchage, de peur de voir les Nordiques le repêcher. Ce n'est pas normal de voir plus de Québécois à Tampa Bay qu'à Montréal! »
Une job « pas sexy »
Ce n'est pas tous les jours que de jeunes hockeyeurs peuvent compter sur la présence d'un ancien de la Ligue nationale lors d'un entraînement. Mais les Barons avaient cette chance mardi à l'aréna de l'Université Bishop's.
« Marc-Étienne Drapeau est mon gendre et il aide Marc-Antoine Morin, l'entraîneur de l'équipe benjamine des Barons, indique celui qui a produit 50 points en 202 matchs de saison avec les Nordiques et les Red Wings de Detroit de 1980 à 1987. Comme je me spécialise en technique de patinage, les Barons ont demandé mon aide. »
« On avait en effet décelé quelques lacunes chez nos joueurs concernant le coup de patin, explique Marc-Antoine Morin. On a donc pensé à Pierre. Ça fait des années qu'il travaille dans le milieu et en début de saison, c'est souvent un problème chez les différentes équipes. »
Le message lancé?
« Désormais, tous les joueurs doivent savoir bien patiner pour percer la LNH, même les joueurs plus robustes, sinon ils ne suivraient plus le rythme. Ça fait 15 ans que j'enseigne les techniques de patinage et nos joueurs s'améliorent beaucoup. Il n'y a pas beaucoup d'autres anciens de la LNH qui enseignent ça au Québec. »
Et Dieu sait que les jeunes détestent pratiquer cette facette du jeu.
« Ce n'est pas non plus très excitant ou sexy d'enseigner les techniques de patinage, mais c'est tellement important », confie Aubry.