L’ancien gardien des Castors de Sherbrooke, Dany Sabourin, était aux premières loges lors de « l’affaire Jos Canale ».

Un duel qui rappelle les frasques d'une rivalité ancienne

Si le Phœnix de Sherbrooke s’attend à une vraie guerre de tranchées contre les Huskies en séries, on peut dire que Rouyn-Noranda a gagné la dernière bataille contre Sherbrooke en éliminant les défunts Castors au premier tour lors de la dernière série entre les deux villes. Dany Sabourin s’en souvient très bien. Mais l’ancien gardien des Castors se rappelle aussi des événements du 27 mars 2000, le quatrième match de la série durant lequel il avait été l’un des instigateurs d’un événement historique pour la LHJMQ : l’affaire Jos Canale.

Aujourd’hui, Dany Sabourin se retrouve dans le clan adverse en étant l’entraîneur des gardiens de but des Huskies. Mais il y a 18 ans, il détestait les fans de Rouyn-Noranda.

Parce que ce jour-là, les Castors s’inclinaient 3-1 lorsque les partisans des Huskies ont mis le feu aux poudres en lançant les fameuses billes qui se retrouvaient dans les bidons qui leur avaient été remis afin de faire du bruit dans l’amphithéâtre en guise d’encouragements.

Lorsque Sabourin a vu sa copine assise près du banc recevoir ces billes, quelques minutes après avoir été retiré du match au profit d’un sixième attaquant, les deux fils se sont touchés. En assistant à la scène, l’assistant-entraîneur des Castors Daniel Vincelette a vu rouge et a saisi un bâton, comme un tomahawk, afin de frapper un partisan qui aurait lancé des projectiles.

L’entraîneur Jos Canale venait tout juste d’être expulsé de la rencontre et est revenu sur le banc afin de multiplier les coups de bâton vers les partisans adverses. Résultat : il est arrêté et amené au poste de police de Rouyn-Noranda. En août 2001, Jos Canale est trouvé coupable de voies de fait armées et reçoit l’absolution pour son geste.

Vincelette avait également plaidé coupable à un chef de voies de fait armées.

« Je ne me souviens pas d’une grande rivalité contre les Huskies en saison, mais ce soir-là, tout avait dégénéré. Je n’apprends rien à personne en disant que lors des éliminatoires, on apprend à détester l’adversaire. Je m’étais alors approché de la baie vitrée pour dire ma façon de penser à un partisan. C’est à ce moment que des coups de bâton ont été portés », se souvient l’ancien portier, pourtant reconnu pour son calme.

Les Huskies possédaient toute une équipe en 1999-2000, menée entre autres par Mike Ribeiro, et les Castors avaient subi l’élimination au premier tour.

« Aujourd’hui, les Huskies comptent sur de bons partisans, lance Sabourin en riant. Sérieusement, on ne saura jamais vraiment qui a lancé les billes en notre direction. Tout le monde fait des erreurs. C’était difficile de jouer à Rouyn-Noranda et encore aujourd’hui, ce n’est pas facile. La surface de la patinoire est plus petite et les Huskies ont toujours eu une bonne équipe dernièrement. J’avais beaucoup apprécié mon temps passé à Sherbrooke, mais je suis maintenant entraîneur avec les Huskies. J’ai donc hâte que cette série commence! »

Dany Sabourin à l’époque des Castors de Sherbrooke.

En mode préparation

Après avoir fait le tour du monde, la vidéo présentant les séquences du 27 mars 2000 a été beaucoup partagée lors des derniers jours sur les réseaux sociaux. Question probablement d’attiser le feu à l’aube de cette série.

Trois jours avant le début du duel entre le Phœnix et les Huskies, Sabourin ne ressent toutefois pas encore cette frénésie.

« On est en mode préparation. La saison vient à peine de se terminer. Oui, les gens en parlent beaucoup en ville, mais j’ai l’impression que tout le monde sentira davantage la fièvre des séries dès ce week-end. L’ambiance des séries s’installe peu à peu, mais de notre côté, on garde le focus sur le hockey. »

Les yeux rivés sur son dauphin

Samuel Harvey demeure l’un des meilleurs gardiens du circuit junior canadien. C’est donc vers lui que les yeux sont tournés dans cette série contre les Huskies de Rouyn-Noranda. Mais son entraîneur Dany Sabourin refuse de croire que la pression se trouve sur les épaules de son gardien.

« Il faut rester humble. Samuel a connu une belle saison, mais les Huskies ne sont pas du tout l’histoire d’un seul homme. En séries, on repart les compteurs à zéro. Reilly Pickard est également un très bon gardien et on aura droit à un beau duel devant le filet, mais tout le monde devra contribuer pour gagner et c’est bon pour les 16 équipes qui se retrouvent présentement en séries. »