Xavier Desharnais annonce que la saison 2018 de nage en eau libre sera sa dernière.

Un dernier tour de piste pour Xavier Desharnais

Xavier Desharnais veut faire le tour une dernière fois.

Le Sherbrookois participera à une dernière saison de natation en eau libre, en 2018, avant de se consacrer à d’autres projets.

Il estime avoir fait le tour du jardin du circuit en eau libre, un circuit qui n’est plus le même depuis quelques années, avoue-t-il.

« Je finis présentement ma maîtrise à l’Université de Montréal en kinésiologie. Le plan est maintenant d’être accepté en médecine, c’est ce que je veux faire. J’ai fait des demandes à Montréal, Québec et Sherbrooke. J’ai hésité longtemps à continuer ou non la nage. Chose certaine, tant qu’à continuer, je voulais le faire selon mes propres critères et mon propre programme d’entraînement. »

Xavier Desharnais est assurément l’une des figures les plus populaires, et performantes, du petit monde de la natation en eau libre, non seulement au Québec et au Canada, mais aussi à l’international.

Desharnais a véritablement amorcé sa carrière à Magog, en participant au marathon de 34 km de la Traversée internationale du lac Memphrémagog, en 2008.

À l’été 2010, il est sélectionné sur l’équipe canadienne qui participe au Championnat du monde en eau libre disputé à Roberval au Québec. Il termine 13e sur les 21 meilleurs nageurs au 25 km, à sa première participation à un championnat mondial.

Il représente à nouveau le Canada au Championnat du Monde FINA l’année d’après et finit cette fois 15e sur les 35 nageurs présents.

Avec trois classements dans le top 20 de la Coupe du monde en 2012, Xavier Desharnais est parmi les deux représentants de son pays à prendre part à l’épreuve de qualification olympique pour les Jeux de Londres. Malheureusement, son rêve ne se réalise pas.

La même année, il termine deuxième à Magog et l’année suivante, en 2013, il répète son exploit et il termine l’année au 8e rang mondial des épreuves de longues distances avec seulement trois courses contrairement à huit pour la plupart de ces compétiteurs.

L’année 2014 fut l’année de l’explosion; Desharnais remporte la 60e édition de la Traversée internationale du Lac-Saint-Jean, ex-aeqo avec Tomi Stefanofski, l’éventuel gagnant du circuit des Coupes du Monde la même année!

Desharnais réédite son exploit en 2015, en remportant seul les grands honneurs de cette course mythique.

Il devient alors le 2e Canadien seulement à gagner deux fois de suite cette épreuve, et le premier en près de 60 ans.

Malheureusement, pour une deuxième fois, il échoue dans sa tentative de se qualifier pour les Jeux olympiques, cette fois à Rio en 2016.

Xavier Desharnais s’est classé 4e au classement général mondial en 2014 et 3e en 2015.

En 2017, Desharnais a terminé quatrième à Roberval et 12e à Lac-Mégantic.

Même s’il a subi une blessure importante récemment à l’entraînement, Xavier Desharnais assure qu’il sera d’attaque pour le Championnat de France, en juin, mais aussi pour Roberval.

L’an dernier, il a terminé quatrième à son épreuve fétiche. « J’aimerais terminer ça sur le podium, cette fois, avant d’aller faire les coupes du monde en Europe », a-t-il dit.

Longtemps supervisé par l’ancien nageur international Mohamed Marouf, Desharnais a confié sa dernière année de préparation à l’ancien nageur français Bertrand Venturi.

« J’ai adoré travailler avec Marouf, mais il était de moins en moins disponible. Je voulais aussi essayer une nouvelle approche. »

Il faut dire que la situation de la nage en eau libre a facilité sa décision.

Depuis le retrait de la Traversée internationale du Lac Memphrémagog, d’autres épreuves ont aussi disparu du circuit Grand Prix de la FINA, ces dernières années.

Le fait que ce soit uniquement l’épreuve du 10 km en eau libre qui soit acceptée aux Jeux olympiques a plombé l’intérêt pour les épreuves de longue distance.

L’obligation du port de la combinaison isothermique a aussi miné l’essence même de ce sport pratiqué essentiellement dans des plans d’eau froids.

« La perte de Magog a été un gros morceau pour le circuit; depuis quelques années, il n’y a que trois ou quatre courses; l’Argentine, Roberval, la Macédoine et l’Italie, hypothétiquement. On est loin de la dizaine qu’il y avait il y a quelques années », a déploré Desharnais.

« L’entrée du 10 km aux Jeux fut excellente, mais pas pour le circuit de longue distance. Pour les fédérations sportives, tout est question d’argent. Alors si le sport est aux Olympiques, elles vont investir pour gagner des médailles. »

Cette saison 2018 mettra un point d’exclamation à une carrière nautique amorcée il y a 21 ans au Club de natation de Sherbrooke.

Même s’il ne pourra représenter le club, officiellement, lors de compétitions de nage en salle, Desharnais tenait à ce retour. Pour le principe, et pour la symbolique. Mais aussi afin de participer aux compétitions internationales, Desharnais devait être affilié à un club.

« C’est là que tout a commencé, ça me rend nostalgique. J’ai toujours adoré Sherbrooke et je suis très fier de porter à nouveau ses couleurs. »