Antony Auclair a joué trois ans pour les Cougars du Collège Champlain, dont les deux premières à titre de quart-arrière. Blessé à l'aube de sa troisième année, il a été muté à la position d'ailier rapproché, sous les recommandations de son entraîneur-chef Jean-François Joncas (arrière-plan). Un changement déterminant.

Un concours de circonstances profitable pour Antony Auclair

La semaine qui s'achève est fertile en émotions pour le joueur de football Antony Auclair, qui participera samedi au East-West Shrine Game, à St-Petersburg, en Floride. L'ancien joueur des Cougars du Collège Champlain a attiré les regards et les éloges des recruteurs des équipes de la NFL et plus d'une vingtaine d'entre elles auraient déjà démontré un intérêt envers le jeune colosse. Une histoire presque inimaginable qui trouve son origine dans une blessure et un concours de circonstances particulier.
Saison 2012 : le vétéran quart-arrière Antony Auclair se présente au camp d'entraînement des Cougars du Collège Champlain.
Il y a cependant un hic; Auclair a mal à l'épaule. Une tendinite le limite dans ses mouvements et dans son efficacité.
« On était alors placé devant un dilemme; mais une chance pour nous, on avait Philippe Giguère comme option. J'ai eu une courte rencontre avec Antony et je lui ai proposé d'évoluer à la position d'ailier rapproché. Avec son gabarit imposant, 6'5'' et plus de 230 livres, il devenait une arme de premier plan dans notre attaque. Antony a accepté tout de suite; il voulait jouer, il voulait aider l'équipe », s'est rappelé l'entraîneur-chef des Cougars du Collège Champlain, Jean-François Joncas, qui s'occupait également des ailiers rapprochés, à l'époque.
« Ce fut un changement bien accueilli par son père, mais je me souviens qu'au début, ça n'avait pas vraiment plu à sa mère! Elle me lançait parfois de longs regards! On a discuté à plusieurs reprises et ça a passé! »
Des qualités exceptionnelles
Auclair a par la suite évolué à cette position avec le Rouge et Or de l'Université Laval, où il fut une pièce plus qu'importante de l'attaque de l'équipe dirigée par le coordonnateur Justin Éthier.
Ses qualités physiques exceptionnelles ont fait de lui plus qu'une curiosité cette semaine en Floride; il est devenu l'un des principaux points de mire.
« Le changement de position lui a fait du bien, je crois. Il pouvait davantage s'extérioriser comme ailier rapproché. Et c'est en évoluant à cette position qu'il est véritablement monté dans les priorités des recruteurs, que ce soit au Québec ou aux États-Unis. Quand il a fait son vidéo de ses meilleurs moments de sa troisième saison, l'intérêt a explosé. Il a eu des offres de la NCAA, mais il a finalement choisi Laval où il a joué pendant quatre ans. »
« Stratégiquement, il nous offrait des possibilités incroyables; on l'utilisait parfois comme receveur éloigné! C'était trop injuste pour les petits demis défensifs qui tentaient de la contenir! On avait toute une équipe offensive en 2012, mais malheureusement, on a perdu le Bol d'Or contre Vanier. »
La Classique Shrine est le plus ancien match des étoiles universitaire aux États-Unis, et 2017 marquera la 92e édition de l'événement.
C'est essentiellement un match qui sert de contexte d'évaluation finale pour les 32 équipes de la NFL en prévision du repêchage.
S'il regroupe essentiellement des joueurs issus de la NCAA, la Classique Shrine accueille un ou deux joueurs provenant du Canada.
L'an dernier, le joueur de ligne offensive Charles Vaillancourt, originaire de Coaticook, qui y a participé, tout comme l'a fait le Sherbrookois Samuel Giguère, en 2008 ou le joueur de ligne offensive Laurence Duvernay-Tardif (2014). Ce dernier s'aligne maintenant avec les Chiefs de Kansas City.
« La NFL, c'est gros, et il y est presque; on parle du 1 % de 1 % des joueurs qui y accèdent. C'est tout à fait remarquable qu'il ait pu attirer l'attention d'autant d'équipes cette semaine. Il y a vraiment un buzz autour de lui. Je ne sais pas s'il sera repêché ou s'il sera invité à un camp. Je crois que s'il obtient d'excellents tests physiques avant le repêchage, il va grandement améliorer ses chances. Tout va passer par là », résume Jean-François Joncas.