Claude Julien a dirigé le Canadien de 2002-2003 à 2005-2006.

Un choix logique selon les experts

Le choix de Claude Julien fait consensus chez les experts de la région estrienne. Jocelyn Thibault, Stéphane Robidas et Stephan Lebeau s'entendent pour dire que le congédiement de Michel Therrien demeure une surprise, mais que l'embauche de Claude Julien était la meilleure option.
L'ancien gardien de but du Tricolore Jocelyn Thibault a évolué sous les ordres de Michel Therrien à Pittsburgh. Comme plusieurs, il se doutait bien que son ancien entraîneur se trouvait sur la sellette.
« Mais je ne m'y attendais pas à ce stade-ci de la saison. Le Canadien profite d'une pause de cinq jours. Je croyais que si c'était pour arriver, le Tricolore l'aurait annoncé à la fin du mois dans le cas où le Canadien continuait de vivre des moments difficiles. En même temps, ça a du sens : le CH connaît des difficultés et Claude Julien était disponible. S'il ne s'en venait pas à Montréal, d'autres auraient sauté sur l'occasion. »
Thibault rappelle que Julien a connu du succès partout où il est passé.
« Que ce soit à Boston ou même au New Jersey, Claude Julien a toujours été un excellent entraîneur. Il jouit d'une grande crédibilité. Et ça prenait un francophone à Montréal. Michel Therrien ne sera pas sur le chômage très longtemps non plus. L'épisode avec Price a peut-être été dommageable. Il est à Montréal depuis longtemps et certains dossiers n'ont peut-être jamais été réglés au fil du temps. Je n'étais pas dans le vestiaire, c'est difficile de spéculer, mais Marc Bergevin ne devait pas aimer la progression de son club. »
Un style particulier
Pour sa part, Stéphan Lebeau rappelle que Bergevin connaît bien Claude Julien pour l'avoir fréquenté lors de la Coupe du monde avec Équipe Canada.
« Je suis surpris, parce que le CH est tout de même premier de sa division, souligne l'ancien membre du Tricolore. Tout souriait à Michel Therrien à un certain moment. Tout ce qu'il touchait se transformait en or. Phillip Danault a eu du succès sur les premiers trios, tout comme Paul Byron. Mais avec la dégringolade, il avait de la pression. »
« Pour avoir travaillé récemment au sein de la direction du CH, je peux dire que Michel a son style, renchérit Lebeau. Il est exigeant et gère moins bien les joueurs créatifs et talentueux. Il aime avoir le contrôle sur tout ce qui se passe sur la patinoire. Il est toutefois un excellent entraîneur. Et comme on l'a vu chez les Islanders, les Bruins et les Blues cette saison, un changement de garde peut être très bénéfique. »
Un contexte différent
Stéphane Robidas a de son côté évolué pendant cinq ans sous les ordres de Therrien.
« J'ai beaucoup de respect pour lui, confie le défenseur qui appartient encore aux Maple Leafs de Toronto. Il est dur, exigeant, mais a souvent obtenu du succès de cette façon. Claude Julien a toujours été excellent. Même quand j'étais dans le junior, il a gagné la Coupe Memorial avec Gatineau. Il revient peut-être avec le CH, mais l'équipe est complètement différente. Il n'y a que Tomas Plekanec et Andrei Markov qui le connaissent bien. »
Robidas estime que Marc Bergevin avait certainement ses raisons de remercier Therrien.
« Claude Julien est l'un des meilleurs entraîneurs de la LNH et je suis convaincu que Michel Therrien se trouvera du travail rapidement. Je lui souhaite la meilleure des chances », termine Robidas.