Certains joueurs du Mistral de Sherbrooke étaient de retour sur le terrain, mercredi soir.
Certains joueurs du Mistral de Sherbrooke étaient de retour sur le terrain, mercredi soir.

Un «choc» bien accueilli chez les clubs sportifs

Le déconfinement sportif a franchi une autre étape, importante celle-là, alors que le gouvernement du Québec et la Santé publique ont autorisé l’ouverture des infrastructures sportives intérieures et la reprise des matchs de sports collectifs. Un choc pour plusieurs clubs sportifs, qui ne s’attendaient pas un déconfinement aussi rapide, mais un choc très bien accueilli dans les circonstances.

Le soccer, par exemple, pourra retrouver le terrain à un rythme plus ou moins normal, si on fait exception des mesures sanitaires mises en place, comme le nettoyage des équipements, par exemple.

Quand même, Soccer Estrie, qui a travaillé en étroite collaboration avec tous les clubs de la région à l’établissement de nouvelles règles afin de respecter l’exigeante première phase du retour progressif au jeu, voit des semaines de travail jeté aux ordures. Le sourire et la consternation se mélangent un peu, dit David Guicherd, adjoint au directeur technique à Soccer Estrie, et responsable du plan de relance du soccer.

« En effet, l’annonce de ce matin a ébranlé un peu tout le monde! Tous les clubs ont travaillé si fort sur les modalités requises pour la phase 1; alors de passer de la phase 1 à la phase 5, c’est très plaisant, mais ça implique qu’on jette le travail fait dans les deux dernières semaines! Mais on ne jettera pas tout. Plusieurs mesures d’hygiène vont demeurer; il n’y aura plus de poignées de main après les matchs, il faudra garder la distanciation sur les bancs des joueurs, il n’y aura plus d’échange de bouteilles d’eau et il faudra nettoyer l’équipement plus souvent », a poursuivi M. Guicherd.

« Mais on est vraiment content de ce retour au jeu. Il n’y a aucune frustration! Cela nous a permis de mettre plusieurs choses de l’avant et de travailler d’une autre façon. Par exemple, les DG de Baseball Québec et de Soccer Québec ont travaillé étroitement ensemble, depuis le début de la pandémie. Ce n’est pas quelque chose que l’on voyait avant. »

Un retour progressif à différentes vitesses

Si David Guicherd croit que les plus jeunes vont retomber dans leurs souliers à crampons très rapidement, le rythme risque d’être différent, selon l’âge des pratiquants.

Entraîneur de l’équipe U15 AAA du Mistral de Sherbrooke M. Guicherd que ces jeunes n’auront probablement pas de difficultés à renouer avec leur sport, malgré la longue pause.

Scénario qui risque d’être différent pour les joueurs de l’équipe masculine senior AAA qu’il dirige. Et ce, pour différentes raisons.

« Pour le U15, je ne crois que la longue période d’inactivité aura un impact sur la pratique, et le développement. Mais pour le senior, je crains un peu la catastrophe. Je vais en savoir plus mercredi soir. Les gars se sont entraînés fort et là on leur dit qu’ils doivent payer pour une saison écourtée. J’ai hâte de les entendre, j’espère qu’ils seront aussi enthousiastes que je le suis. La plupart sont étudiants universitaires, et ils se préparaient pour l’automne. Je ne sais pas si financièrement ils auront les moyens pour payer pour une saison aussi courte. Et surtout, une saison qui aura deux ou trois semaines de chevauchement avec la saison universitaire », s’est-il questionné.

« À notre dernière rencontre, les gars n’embarquaient pas du tout, avec les mesures de distanciation, et tout. Chez les seniors, c’est différent, la préparation physique se fait individuellement alors il ne leur reste que les matchs. »

« En U15, ils sont plus que prêts, ils auraient même été prêts à jouer sans ballon, s’il le fallait. Ils avaient soif de jouer au ballon. Et surtout, à cet âge. Mentalement, c’est important de retrouver le terrain et aller dehors. On en a tous besoin, après avoir été enfermés aussi longtemps. »

« Je ne crois pas qu’il y aura des dommages sur le développement. On pourra davantage en juger dans deux ou trois ans, au niveau de la formation du joueur. Ce sont des jeunes joueurs intelligents et passionnés, qui ont tout de même touché au ballon chaque jour pendant le confinement. Il y aura une perte, mais elle se comblera rapidement. Les habitudes, ça va revenir vite. Mais en fin de compte, je ne crois pas que ces trois mois d’inactivités vont mettre en péril cette génération de joueurs, peu importe les niveaux. Mais on verra bien. »

La gymnastique est heureuse aussi

Le Club Shergym travaille de son côté depuis trois semaines à peaufiner son plan de relance. 

« Cette semaine, on était sept entraîneurs au gym, à faire des changements, afin qu’on puisse respecter le deux mètres de distanciation, à faire des plans, à planifier les entrées et sorties des appareils, à commander le matériel de désinfection, et à préparer une vidéo sur ces nouvelles procédures, destinée aux parents. Alors oui, l’annonce de mercredi matin fut une surprise, mais une belle surprise », a précisé David Altmeyer, entraîneur-chef du Shergym.

« On a fait beaucoup de travail, mais ce ne sera pas pour rien. On va garder tout ce qu’on a fait comme changements. Shergym, tout comme la Fédération québécoise de gymnastique, on espérait cette annonce. Dans le fond, cette inactivité de trois mois à cause de la COVID, c’est dommage, mais on va tirer des leçons. On va changer nos façons de faire. Les mesures d’hygiène, entre autres, vont demeurer. C’est une bonne habitude à prendre, pour tout le monde », a-t-il poursuivi.

Shergym prévoit déposer son plan de relance ce vendredi à la Fédération québécoise et à la Ville de Sherbrooke, et si tout se passe bien, les activités compétitives pourront reprendre dès le 29 juin.