Contrairement à son frère aîné Jérémy, qui a disputé 181 matchs de saison dans la Ligue américaine de hockey, mais aucun en séries, Thomas Grégoire peut se vanter d’avoir pris part à un match de séries éliminatoires chez les professionnels, dans la LAH également.

Un baptême particulier pour Thomas Grégoire

Une journée bien ordinaire attendait Thomas Grégoire le 19 avril dernier. Jusqu’à ce que son agent Philippe Bureau lui annonce la nouvelle : le club-école des Sharks de San Jose était à la recherche d’un défenseur afin de disputer le reste des séries éliminatoires de la Ligue américaine de hockey. Le choix n’était pas difficile à faire pour le défenseur du Phœnix de Sherbrooke.

« Je venais juste de me réveiller. Je me préparais pour l’école. Je pensais à mes devoirs et à mes travaux que je devais faire. Mon père m’a alors dit que mon agent devait me parler et que je devais faire mes valises : je partais pour San Jose. Je suis allé chercher ma poche et je suis parti tout de suite vers l’aéroport », explique le défenseur sherbrookois.

Thomas Grégoire a disputé sa première partie chez les professionnels mercredi. Le match numéro 3 de la série entre le Barracuda de San Jose et les Roadrunners de Tucson, club-école des Coyotes de l’Arizona. Rien de moins.

Résultat de la partie : une défaite de 6-0 du Barracuda, ce qui donne les devants 2-1 aux Roadrunners dans cette série trois de cinq.

« Tout s’est bien passé pour moi. Je ne pense pas avoir eu l’air fou. C’est dommage par contre d’avoir perdu 6-0. J’ai effectué quelques présences en première période, mais j’ai moins joué en deuxième puisque l’équipe devait combler un déficit et j’ai retrouvé mon tour régulier en troisième période. J’ai terminé avec un différentiel de -1 et je pense avoir évité les erreurs. J’ai bloqué quelques tirs, j’ai tenu mon bout, mais je n’ai pas réussi à montrer ce que je peux faire offensivement », souligne-t-il.

Le joueur de 19 ans avait pu prendre part à deux entraînements avant son baptême particulier chez les pros. Pas de camp de sélection, pas de matchs de saison : c’est ce qu’on appelle plonger dans le bain rapidement. Tout cela parce que l’infirmerie déborde.

« J’ai eu le temps d’apprendre le système de jeu et de regarder une partie avant de participer à ma première partie. Les joueurs sont rapides et plus imposants. C’est assez différent de la LHJMQ. Les installations sont impressionnantes. On peut compter sur plusieurs responsables de l’équipement et sur quelques physiothérapeutes. C’est spécial d’arriver tout de suite en séries. Je ne le vois pas comme une pression supplémentaire, mais plus comme une belle occasion. »

Un match sans lendemain

Son expérience cette année chez les professionnels pourrait prendre fin aussi rapidement qu’elle a commencé puisque San Jose pourrait subir l’élimination dès vendredi dans le cas d’une défaite à Tucson.

« C’est de l’expérience en banque pour moi. Je vois les professionnels réagir sous pression, en séries et lors d’un match suicide. Je l’ai vécu en tant que vétéran dans le junior majeur récemment. Cette fois, je regarde les vétérans agir dans le vestiaire et sur la glace », explique Thomas Grégoire, qui connaît entre autres le gardien Antoine Bibeau et son ancien coéquipier chez le Phœnix Jérémy Roy, blessé.

Pas de contrat

À la suite de ces séries, Grégoire pourrait être libre comme l’air puisqu’il a uniquement obtenu un essai chez les professionnels sans signer de contrat.

En fait, il devra passer par le repêchage avant de parapher une entente avec une formation. Qu’il soit repêché ou non, il pourrait par la suite accepter une offre pour un contrat d’entrée chez les professionnels. Sinon, il disputera une dernière saison avec le Phœnix en ayant plusieurs responsabilités à Sherbrooke.

« J’espère avoir la chance de disputer d’autres parties avec le Barracuda. Je suis en audition et je tenterai de saisir cette chance qui se présente à moi », résume Grégoire.