Chez les Fontaine, le talent de sauteur en ski acrobatique se transmet de père en fils. Nicolas Fontaine a été tête d’affiche du sport pendant 13 ans. Miha Fontaine, lui, deviendra jeudi l’un des plus jeunes athlètes à participer aux Championnats du monde de ski acrobatique, freeski et snowboard.

Un autre Fontaine aux Mondiaux

Deer Valley, Utah. C’est là que la fructueuse carrière internationale de Nicolas Fontaine a pris fin aux Championnats du monde, il y a exactement 16 ans. Et c’est là que s’amorce cette semaine celle de son fils de 15 ans, Miha Fontaine, aussi aux Mondiaux.

Chez les Fontaine, le talent de sauteur en ski acrobatique se transmet de père en fils. Tête d’affiche du sport pendant 13 ans, Nicolas Fontaine a été champion du monde (1997), vice-champion olympique (1992) et champion de la saison de Coupe du monde (1997 à 2000) quatre années de suite, record qui tient toujours.

Miha Fontaine deviendra jeudi l’un des plus jeunes athlètes à participer aux Championnats du monde de ski acrobatique, freeski et snowboard. L’athlète de Lac-­Beauport sera de la nouvelle épreuve par équipe de sauts avec Catrine Lavallée et Félix Cormier-Boucher.

«Deer Valley, j’ai toujours entendu parler de ça! J’ai hâte de voir c’est quoi. J’ai souvent regardé des vidéos de mon père qui l’a vécu, là et ailleurs comme au Japon, où j’ai aussi hâte d’aller», explique au Soleil celui qui a gagné l’épreuve de la Coupe nord-­américaine tenue vendredi soir au Relais de Lac-Beauport. Le lendemain, il a fini cinquième.

Mais c’est sa performance à la Nor-Am précédente, à Lake Placid, qui lui a ouvert les portes des Mondiaux. L’équipe canadienne étant décimée cet hiver en l’absence des Olivier Rochon, Lewis Irving et Travis Gerrits, les entraîneurs ont pigé au sein de la relève. Fontaine fils a donc remporté la compétition contre ses coéquipiers de l’équipe du Québec Alexandre Duchaîne et Nicolas Martineau pour une participation aux Mondiaux.

Saisir sa chance

«Au début, je me disais que c’était juste une belle occasion pour lui, mais après, j’ai réalisé que c’est une méchante grosse affaire!» s’exclame d’abord le paternel, avant de renfiler sa tuque d’entraîneur-chef de l’équipe du Québec.

«Ça va lui donner confiance. J’ai déjà vu une amélioration dans ses sauts depuis qu’il s’est qualifié. Miha est l’un des meneurs de notre programme et son expérience va tirer l’équipe du Québec au complet vers le haut», fait valoir Nicolas Fontaine.

Il se rappelle avoir lui aussi bénéficié d’une occasion du genre, en 1992, alors que les sauts faisaient leur entrée olympique en démonstration. «C’était juste ma deuxième année en Coupe du monde. Mais Lloyd Langlois et Jean-Marc Rozon, les deux meilleurs, ont pris leur retraite cette année-là et ça m’a permis d’aller aux Jeux. Je n’étais pas censé y aller et j’ai fini deuxième», explique-t-il, comme quoi il faut être prêt quand le train passe.

L’ajout d’une nouvelle épreuve par équipe — on songe aussi à une épreuve en duo synchronisé — permettra à davantage de sauteurs d’accéder aux prochains Jeux olympiques. «Un de la gang pourrait se faire inviter en 2022. Ce ne sera peut-être pas Miha, ça pourrait être Nic ou Alex. Et ça va les préparer pour les Jeux de 2026», poursuit le coach.

Cassettes VHS

Qui jure ne pas forcer son fils à visionner la centaine de vieilles cassettes VHS empilées dans le sous-sol où sont enregistrés ses exploits d’athlète. «Il regarde ça tous les jours. Des fois, c’est à se demander si ce n’est pas trop... Mais il est vraiment passionné», constate-t-il, se revoyant plus jeune.

«À Lake Placid, il ne faisait pas beau le mardi et tous les athlètes attendaient en dedans, sauf Miha qui enlevait la neige sur le saut en attendant que ça recommence. Ce n’est pas quelque chose que je lui ai montré, mais quand j’étais en Coupe du monde, je pouvais passer cinq, six heures tout seul à sculpter mon saut.»

Si Nicolas Fontaine a déjà triomphé à Deer Valley, ses cassettes recèlent d’autres moments moins glorieux. Comme ses derniers Championnats du monde, décevants adieux où il a fini 20e. «Je tombais tout le temps sur le dos! Mais dans ma tête, j’avais déjà arrêté. Miha est venu au monde l’année suivante», conclut celui qui sera sur place à titre de contrôleur vidéo auprès des juges.