À 20 ans, le gardien Brendan Cregan pourrait bien jouer le rôle de mentor auprès des jeunes Thommy Monette et Thomas Sigouin.

Trois gardiens : le « luxe » du Phœnix

Miser sur trois gardiens pour commencer une saison n’est pas monnaie courante dans le monde du hockey. Cela n’empêche toutefois pas le Phœnix de Sherbrooke de s’offrir ce « luxe ». Une situation qui semblait inévitable selon l’organisation.

En comptant sur deux gardiens de 19 ans la saison dernière et en voyant émerger deux espoirs de 16 et 17 ans, la direction du Phœnix savait qu’un dilemme se pointerait à l’horizon: amorcer un virage jeunesse complet devant les buts en 2018-2019 ou opter pour l’expérience, en conservant au moins un gardien de 20 ans pour accompagner le gardien d’avenir. 

Le Phœnix a réglé le problème en gardant à la fois Thommy Monette (17 ans), Thomas Sigouin (18 ans) et le vétéran Brendan Cregan.

« Les trois gardiens méritaient de rester, estime l’entraîneur Stéphane Julien. En n’ayant qu’un seul joueur de 20 ans, Ryan DaSilva, on pouvait se payer le luxe d’avoir un gardien de 20 ans (NDLR: la limite est de trois). On a parlé aux trois joueurs. Ils acceptent tout ça, mais on sait que cette situation ne fera pas que des heureux. Il y en aura toujours un dans les gradins. »

Qui est donc le gardien numéro 1?

« Avec l’expérience qu’il possède, Cregan part avec une longueur avance », clarifie Julien. 

« Mais je ne fais pas de promesse, ajoute-t-il aussitôt. Il y a des chances que Cregan regarde quelques parties dans les estrades si la situation se présente. Celui qui sera le plus performant durant les matchs et celui qui travaillera le plus fort durant les entraînements aura le filet. »

Le but de cette manoeuvre audacieuse: gagner des matchs cette saison et préparer l’avenir devant le filet.

« On veut que nos jeunes gardiens prennent de l’expérience avec nous. C’est la même chose pour nos défenseurs. On en a deux en surplus et on vit très bien avec cette profondeur devant le filet et à la ligne bleue. »

Huit défenseurs aux atouts différents

Sans Luke Green et Thomas Grégoire, la défensive du Phœnix aura des airs de jeunesse.

Même le défenseur de 20 ans Ryan DaSilva dépasse à peine les 100 matchs disputés dans la LHJMQ. À 19 ans, Yann-Félix Lapointe a 89 parties à son actif et Jacob Arsenault 60. C’est donc dire qu’à 17 et 18 ans, après seulement une saison dans le junior majeur, Alexandre Joncas et Olivier Crète-Belzile deviendront des piliers défensifs dans le clan sherbrookois.

Grâce à son tir puissant, Jaxon Bellamy (17 ans) appuiera pour sa part DaSilva en avantage numérique. Crète-Belzile pourrait aussi se retrouver sur l’attaque à cinq. 

Ces six joueurs seront accompagnés de deux recrues: Dilan Savenkov et Jacob Rabouin, deux défenseurs de 17 ans. 

« On parle de huit défenseurs assez différents. Par exemple, DaSilva peut piloter l’avantage numérique, Bellamy a un beau potentiel, mais doit prendre de l’expérience, Crète-Belzile fait bien circuler la rondelle et est fiable défensivement et Joncas est très physique. J’aime bien aussi la progression de Lapointe. On aurait toutefois voulu ajouter un élément important à notre défensive avant de commencer la saison, mais on n’a pas réussi », admet Stéphane Julien.

Sans Green et Grégoire, le poste de général à la ligne bleue est donc vacant. Reste à voir qui saisira l’occasion. 

« On a beaucoup de travail »

Pour Stéphane Julien, pas question d’établir un objectif de classement lors de cette saison de transition.

« On a beaucoup de travail encore devant nous. Je n’ai pas vraiment d’objectif de performance en vue, mais tout ce que je sais, c’est que si notre équipe ne fait pas preuve de constance cette saison, ce sera difficile de se retrouver dans la première moitié du classement. Ça semble anodin, mais j’ai devant moi 14 nouveaux joueurs, dont Alex-Olivier Voyer, Édouard St-Laurent, Patrick Guay et nos deux Européens Oliver Okuliar et Taro Jetzsch. Tous ces joueurs ne se connaissent pas. Il faudra bâtir un esprit d’équipe. Ce n’est pas un aspect que je négligerai. »

Le meilleur atout du Phœnix? Sa profondeur offensive.

« J’ai trois trios qui peuvent contribuer à l’attaque. Ils sont vites, ils sont gros et ils ont du punch offensif. Même mon quatrième trio formé des jumeaux Julien et Vincent Anctil, Jérémy Rainville ou Nathael Roy amènera une dimension différente. »

La prochaine partie préparatoire du Phoenix aura lieu vendredi soir au Palais des sports contre les Cataractes de Shawinigan, et ce, après deux semaines d’entraînement sans matchs hors-concours.