Pour se préparer au Triathlon Xtrême de Lac-Mégantic, Eva Alexy a décidé de tout voir en noir.

Triathlon Xtrême de Lac-Mégantic : la fidélité d'Eva Alexy et Roger Girard

On ne pourra pas accuser Eva Alexy et Roger Girard, deux participants du Triathlon Xtrême Canada Man/woman de Lac-Mégantic qui se déroulera dimanche, de manquer de fidélité envers leurs amis Daniel Poirier et Jean-Thomas Boily d'Endurance Aventure, organisateurs de cet événement
Roger Girard espère bien voir les étoiles lorsqu'il franchira la ligne d'arrivée, au sommet du Mont Mégantic.
C'est sur l'insistance de Daniel Poirier que les deux triathlètes ont accepté d'être à la ligne de départ. « Impossible de laisser tomber des amis. Nous avons embarqué dans cette aventure même si la tête nous disait non. Le coeur a finalement eu le dernier mot. On a tous des amis qui nous donnent moins de misère que ça », ont déclaré conjointement à la blague les deux sexagénaires.
Pourtant, Alexy et Girard, respectivement de Sherbrooke et Magog, ne sont pas les derniers venus dans les épreuves d'endurance. Le prestigieux Ironman d'Hawai n'a plus de secret pour eux. À Lac-Mégantic, ce sera un triathlon Ironman de plus au compteur pour les deux, mais celui-ci, le nom de l'événement le dit bien, sera un Ironman qui se démarque par son côté extrême et sauvage avec 226 km à franchir en autonomie complète, sans poste de ravitaillement.
Début du triathlon à 4 h 30 le matin avec 3,8 km de nage. Les participants enchaîneront avec la portion vélo de 180 km dans des côtes à perte de vue et que dire du marathon de 42,2 km de course à pied qui clôturera une journée complètement folle au sommet du Mont Mégantic, à 1105 mètres d'altitude en espérant toucher aux étoiles avant minuit comme le dit le slogan de l'événement.
De déclarer un Roger Girard pince-sans-rire : « Ces foutues étoiles ont besoin d'être au rendez-vous sans quoi mes amis organisateurs auront de mes nouvelles. »
Débile
Girard a beau s'adonner au triathlon depuis 27 ans, avoir 23 Ironman à son palmarès, le Magogois qualifie le Canada Man/Woman de débile. « Avec départ de la nage à 4 h 30 le matin, aussi bien oublier les heures de sommeil. Le parcours de vélo va ensuite nous arracher le coeur avec autant de côtes. Pourtant je me considère comme un bon cycliste. La course à pied va venir chercher nos dernières énergies. À Hawaï, je me motive en comptant les postes de ravitaillement qu'il me reste à franchir. Et il y a des spectateurs partout parce que justement c'est Hawaï. À Lac-Mégantic, ce sera différent à bien des égards. Le paysage est sublime, mais je doute que ce soit suffisant pour me faire oublier mes douleurs physiques et mentales et le fait que ça s'éternise », souligne-t-il.
Comme à chacune de ses participations à une course, Roger Girard sera nerveux, mais pas pour les mêmes raisons. « Je suis toujours nerveux avant un Ironman, mais je sais que je vais toucher l'arrivée. Dans cet Ironman extrême, la nervosité va encore s'emparer de moi, mais cette fois ce sera parce que je ferai face à l'inconnu. »
Tout noir
De son côté, Eva Alexy ne cache pas qu'elle s'ennuiera du confort du salon familial. « Faut croire que l'amitié, c'est plus fort que tout. Je n'étais vraiment pas chaude à l'idée de m'inscrire, mais j'ai fini par plier », raconte-t-elle.
Et comment se prépare-t-elle face au plus grand défi de sa carrière? « Ça va vous étonner, mais en voyant tout en noir. L'eau froide, ce n'est pas ma tasse de thé et à l'heure qu'on nagera, je m'attends au pire. Il y aura aussi, les côtes, la montagne, la solitude sur une aussi longue distance, je me dis que ce sera interminable. Une fois partie, je suis certaine que ce sera moins pire et je vais progresser en m'encourageant. Il ne sera plus temps de reculer. »
Eva Alexy redoute même son ami et organisateur Daniel Poirier. « Je sais ce dont il est capable. Il nous mettra des obstacles dans les jambes, surtout en montagne. C'est son genre. Rien de bien rassurant », confie Eva Alexy.
Même son de cloche chez Roger Girard. « L'équipe d'Endurance Aventure a une expertise reconnue à travers le monde. On va y goûter, mais dans le fond, on sait qu'on ne s'en va pas dans une petite balade du dimanche sur la route. »
Des regrets avant de passer à l'action dimanche? « Pas du tout. Ce sera fou, on va souffrir, mais au final, on ira voir les organisateurs pour leur donner une tape dans le dos et les remercier de nous avoir fait vivre cette expérience unique », de répondre Alexy et Girard.