Après une carrière d’athlète et d’entraîneur, Paul Asmuth souhaite simplement profiter de la vie, en se lançant entre autres dans des projets d’écriture comme celui de son autobiographie.

Traversée internationale du lac Memphrémagog : le retour du roi

Les plus âgés se souviendront de lui. Les plus jeunes découvriront son histoire. Le roi du Memphré était de retour en région lors des derniers jours. Après avoir gagné six fois la Traversée internationale du lac Memphrémagog dans les années 80, Paul Asmuth lance son autobiographie intitulée La nage en eau libre : sport de l’âme.

Peter Stoychev détient peut-être encore le record de onze victoires dans les eaux du Memphré, mais l’Américain Paul Asmuth a laissé sa marque dans les souvenirs des Magogois. 

Environ 40 ans après avoir dominé le monde de la nage en eau libre, Paul Asmuth revient sur ses années de gloire. Si la version anglaise de son autobiographie a déjà été publiée à la fin de 2018, la version française traduite de l’anglais par Renée-Alexandra Marion sera disponible sur Amazone dans les prochains jours. Une façon de dire merci à ses admirateurs du Québec. 

« Magog et le lac Saint-Jean ont toujours eu une place dans choix dans mon cœur. Magog est devenu l’une de mes villes favorites. On m’a toujours bien accueilli ici en région. Je me sens comme à la maison. »

Son histoire est digne de celles d’Hollywood. Considéré comme un espoir de médaille au 1500 mètres style libre lors des Jeux olympiques de 1980 à Moscou, Paul Asmuth a finalement vu les États-Unis boycotter l’événement, ce qui lui a permis de réaliser tous ces exploits à la Traversée internationale du lac Memphrémagog.

La fin d’un rêve devenait le début d’un autre pour le nageur de 22 ans. 

« C’était important d’écrire mes souvenirs dans ce livre, confie-t-il. J’y pensais depuis longtemps. Donc lorsque le moment est venu d’écrire, la rédaction était facile pour moi. Dès que j’ai commencé, je ne pouvais plus m’arrêter. Je mettais entre 15 et 20 heures par semaine dans l’écriture de ce livre, pour un total d’environ 300 heures de rédaction. Et je suis fier du résultat. Plusieurs se rappelleront de bons souvenirs en lisant mon autobiographie. »

L’œuvre peut bien sûr inspirer les jeunes nageurs qui tenteront un jour d’imiter Paul Asmuth.

« Je parle de mes années en tant qu’athlète, mais aussi en tant qu’entraîneur. Je parle aussi de ma vie en général, de ma famille notamment. Quand arrivait le moment d’aborder des instants plus émotifs, c’est là que la rédaction devenait plus difficile », explique celui qui a gagné de nombreuses courses de calibre mondial.

Un pionnier dans son sport

Paul Asmuth n’a jamais hésité à sortir des sentiers battus. 

« J’ai été le premier à intégrer des techniques et des stratégies de la natation en bassin. Je me souviendrai toujours aussi de ma première participation à Magog. J’étais le seul qui avait rasé tous les poils sur mes bras et mes jambes, comme à la piscine. Je ne comprenais pas pourquoi les autres ne l’avaient pas fait. C’était pourtant une course importante. Le monde riait de moi et ne croyait pas que ça pouvait faire une différence. L’année suivante, tout le monde m’avait imité. Mes compétiteurs comprenaient aussi que le succès ne venait pas seulement avec l’entraînement, mais aussi avec la stratégie. »

La nage en eau libre est certainement une épreuve physique, mais aussi mentale. Voilà pourquoi une partie du livre raconte les difficultés auxquelles il a dû faire face.

« Je n’ai jamais voulu connaître la distance qui me restait à nager durant les épreuves. Pour une question psychologique. Savoir qu’il reste encore 23 miles à nager quand on est déjà fatigués, c’est décourageant! Je ne faisais que penser aux prochains 15 minutes. De toute façon, je me sentais bien dans cet univers. On est seuls dans l’eau pendant des heures. On oublie nos cinq sens à un certain moment. C’est la raison pour laquelle j’ai nommé ce livre sport de l’âme. »