Xavier Desharnais

Traversée du lac St-Jean: Desharnais entre dans la légende

Xavier Desharnais fait maintenant partie de la légende de la prestigieuse Traversée internationale du lac Saint-Jean. Il doit ce nouveau fait d'armes à sa victoire au marathon de 32 km du lac Saint-Jean, victoire qu'il doit partager toutefois avec le vétéran Tomi Stefanovski de la Macédoine.
Même le photofinish n'a pu déterminer qui avait été le premier à toucher la plaque d'arrivée à Roberval. C'est seulement après une soixantaine de minutes de délibérations que Stefanovski, qui était le champion défendant, et Desharnais ont été proclamés co-vainqueurs. À 24 ans, Desharnais inscrit donc sa première victoire sur le circuit Grand Prix de la FINA. Déçu de partager cet honneur avec un autre nageur ? «Aucunement, répond sans hésitation le Sherbrookois. Depuis quatre ou cinq ans, on avait presque oublié que le lac Saint-Jean est ni plus ni moins qu'une mer intérieure. Samedi, on a retrouvé le véritable lac Saint-Jean, celui avec du vent, des vagues, des épisodes de pluie et de l'eau froide, surtout au départ. Je n'ai pas été déstabilisé pour autant et j'ai effectué la course que j'avais planifiée sauf que je ne pensais pas avoir encore Tomi aux fesses dans les 200 derniers mètres. Il m'a forcé à puiser dans mes dernières onces d'énergie pour résister à sa poussée. Je ne peux pas être déçu de partager ma victoire avec un gars comme Tomi, un modèle pour moi. C'est incroyable ce qu'il est en mesure de réaliser à 43 ans.»
Vague profitable
Même si Stefanovski a réduit l'écart le séparant de Desharnais dans les 500 derniers mètres, ce dernier ne s'est jamais vraiment inquiété. «Je savais qu'il sprinterait, mais dans mon livre il n'y avait plus aucun doute que ça se jouerait dans les 200 derniers mètres. Je l'ai laissé s'approcher, espérant un épuisement de sa part et en profiter pour lancer une attaque à mon tour. Ce fut peut-être ma seule petite erreur et à un moment donné il a profité d'une de mes vagues pour remonter nez à nez avec moi. C'est peut-être ce qui m'a empêché de monter seul sur la première marche du podium. Mais je ne regrette rien. On a donné tout un show», fait valoir Desharnais, qui peut maintenant être considéré comme faisant partie de l'élite mondiale de son sport.
«Pour moi, cette question est réglée depuis longtemps et je ne veux pas paraître hautain en disant cela. Tu ne survis pas dans ce milieu si tu ne crois pas en tes moyens. Si ça prenait une victoire pour convaincre les gens que je peux me tirer d'affaires dans toutes les conditions, je ne m'en offusquerai pas pour autant et tant mieux si mon fan club vient de prendre du volume.»
Desharnais assure qu'il aura récupéré d'ici samedi prochain et qu'il sera prêt une fois de plus à être à la hauteur de sa réputation dans les eaux du monstre Memphré.
«Pratiquement tous les nageurs sont dans la même situation. Ce n'est rien de nouveau pour moi. Le Memphrémagog, c'est mon lac et je n'ai pas l'intention de décevoir les gens qui viendront m'encourager», de terminer le favori local.