Avec les choix 9 et 10 en banque lors de la séance de sélection 2019 présentée samedi au Centre Vidéotron, le directeur général Jocelyn Thibault aura les munitions nécessaires pour ajouter des joueurs capables d’aider l’équipe à gagner dès la saison prochaine en monnayant l’un de ces choix.

Transiger plutôt que repêcher

Plus le jour du repêchage approche, plus la même question m’est posée. Est-ce que le Phœnix tentera enfin le tout pour le tout pour gagner la coupe cette saison ou même l’an prochain ? Ma réponse : oui, et ce, dès le 8 juin prochain.

Alors que plusieurs formations sélectionneront les meilleurs espoirs admissibles à l’encan de la LHJMQ, le Phœnix de Sherbrooke, lui, devrait tenter de transiger plutôt que de repêcher. Une décision logique.

Avec les choix 9 et 10 en banque lors de la séance de sélection 2019 présentée samedi au Centre Vidéotron, le directeur général Jocelyn Thibault aura les munitions nécessaires pour ajouter des joueurs capables d’aider l’équipe à gagner dès la saison prochaine en monnayant l’un de ces choix. Et peut-être même les deux, sait-on jamais. 

Si l’organisation a souvent répété les mots « bâtir pour l’avenir », et bien le futur, c’est maintenant.

Difficile de croire que Jocelyn Thibault et son équipe de recruteurs et d’actionnaires grimperont sur la scène deux fois de suite lors de la ronde initiale. 

Pourquoi miser sur un joueur de 16 ans alors que les Oiseaux souhaitent s’envoler vers les grands honneurs dans quelques mois ? La seule raison qui me porte à croire que le directeur général conservera ses choix au repêchage, ce serait pour qu’il puisse mieux échanger les joueurs repêchés à Noël, à la fin de la période de transactions. Cette attente serait plutôt surprenante, étant donné qu’il s’agit d’une pratique rare, mais tout de même parfois empruntée. 

Étant situé à Sherbrooke, une ville possédant un collège et une université anglophones, le Phœnix a l’avantage de pouvoir repêcher plus tard que prévu l’un des nombreux joueurs des Maritimes récalcitrants, qui étaient tentés de faire le saut vers les collèges américains en échange d’une intéressante bourse d’études. 

Voilà une autre raison qui pourrait convaincre le Phœnix de conserver ses choix. Encore là, ces joueurs seront-ils vraiment dominants à court terme, ou du moins, d’une aussi grande utilité qu’un bon joueur de 18 ou 19 ans établi ? Laissez-moi en douter. 

Mettre ses œufs dans le même panier. Le Phœnix n’a jamais vraiment osé opter pour cette avenue, qui semble pourtant la seule option afin de rivaliser contre les équipes qui feront de même pour espérer vaincre les plus grandes puissances du pays lorsque le moment crucial viendra. 

Or, le Phœnix semble provenir de la même école que les Huskies de Rouyn-Noranda, les grands champions de la Coupe Memorial. Miser sur ses joueurs repêchés afin de tout rafler et transiger lors de la période des Fêtes pour ajouter un ou deux éléments importants. Comme des Joël Teasdale cette saison du côté de la formation abitibienne. Tout le contraire de la formule des Voltigeurs de Drummondville, bref.

Sans rien enlever aux joueurs du Phœnix, la troupe sherbrookoise ne possède pas de Noah Dobson à sa ligne bleue ou de Samuel Harvey devant le filet. Du moins, pas encore.

Voilà deux besoins urgents à combler si Sherbrooke souhaite se rendre loin lors des séries éliminatoires. Pour répondre à ce besoin pressant, quelques choix de première ronde doivent être sacrifiés. Le hasard fait drôlement bien les choses : Jocelyn Thibault en possède deux cette année, un autre l’an prochain et un quatrième en 2021. Sans parler de tous ces choix de deuxième ronde, qui demeurent intéressants pour une équipe souhaitant amorcer une reconstruction. 

Après avoir semé durant quelques années, le temps des récoltes est arrivé à Sherbrooke. Au grand plaisir des partisans, qui ne se contenteront plus d’une victoire en première ronde.