David Perron pourrait devenir le premier Sherbrookois après Mathieu Dandenault à mettre la main sur la Coupe Stanley.

Tous derrière David Perron

BILLET / Ça ne peut pas toujours être parfait.

Après avoir perdu une grande partie de ma dentition à l’issue du deuxième tour éliminatoire dans la LNH à cause d’un terrible 0 en 4, j’ai récidivé et fait encore mieux — c’est-à-dire encore pire — en moffant les deux finales d’association.

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C’est donc avec le peu d’orgueil qu’il me reste que j’ai vu le Lightning se faire manger tout cru par Washington et, plus surprenant encore, j’ai secoué la tête de négation en constatant la leçon de hockey donné par Las Vegas aux pourtant très redoutables Jets.

Vous aurez compris que j’anticipe cette finale de la NHL avec la plus grande appréhension. Voilà donc pourquoi, plutôt que de tenter le coup des prédictions — visiblement, ce n’est pas mon année — j’émets un souhait.

Pour la première fois des présentes séries, je vais me ranger derrière les Golden Knights de Vegas. Et derrière le Sherbrookois David Perron.

Perron n’est plus qu’à quatre petites parties de gagner la Coupe Stanley, rêve de tout joueur de hockey.

Il deviendrait ainsi le premier joueur sherbrookois depuis Mathieu Dandenault avec les Red Wings de Detroit au début des années 2000, à soulever le précieux trophée.

L’histoire de Perron n’est pas banale; relégué au midget B pour toutes sortes de raisons, bonnes ou mauvaises, en passant par la LHJAAAQ et les Panthères de Saint-Jérôme avant d’être invité dans la LHJMQ avec les MAINEiacs de Lewiston, il n’a pas connu, disons-le, un parcours ordinaire.

Repêché en première ronde par les Blues de Saint-Louis en 2007, il a gradué dans la LNH l’automne suivant. Faut le faire.

Je me rappelle encore ce voyage à Boston fait l’hiver suivant, en compagnie du photographe de La Tribune Maxime Picard, pour aller assister au match entre les Blues et les Bruins; affable, Perron démontrait déjà une grande assurance et ce désir d’aller toujours plus loin.

L’été passé, après avoir appris qu’il avait été libéré par les Blues de Saint-Louis et plus tard, réclamé par Vegas, Perron était, disons, dubitatif de ce changement de carrière inopiné.

Rencontré à la Classique Pif Dépatie, à laquelle il participe religieusement chaque année ou presque, Perron répondait aux questions des journalistes à propos de ce nouveau départ.

On sentait la prudence, dans son ton. Après tout, il passait d’une équipe aspirante logique à la coupe Stanley à une équipe qui allait disputer ses matchs à domicile près des casinos dans le désert.

À l’aube de sa dernière année de contrat, âgé de 29 ans, il aurait certainement apprécié plus de sécurité.

Si l’année 2017-18 — jusqu’à présent — est celle des Golden Knights de Las Vegas, c’est aussi l’année de David Perron.

Le Sherbrookois, vivifié par l’air du désert et la confiance de l’entraîneur-chef Gérard Gallant, a connu la meilleure saison de sa carrière, statistiquement parlant; 66 points (16 buts et 50 passes) en 70 parties, et déjà 7 points en 11 rencontres éliminatoires jusqu’ici et ce, même s’il a dû s’absenter pour cause de blessures.

Cette renaissance de David Perron au sein de l’une des plus inspirantes histoires dans la LNH depuis des années, ne peut qu’influencer mon choix du futur vainqueur de la coupe Stanley.

Dans une série finale où les confrontations statistiques tiennent de moins en moins la route, laissant toute la place aux données intangibles, regardons un peu cet affrontement en encourageant le joueur local.

Le hockey sherbrookois aurait bien besoin de ce souffle de motivation. David Perron est, à ma connaissance, le dernier Sherbrookois issu du hockey d’ici à évoluer régulièrement dans la LNH.