« Les athlètes deviennent trop spécialisés trop jeunes », exprime Sylvain Guimond
« Les athlètes deviennent trop spécialisés trop jeunes », exprime Sylvain Guimond

Toucher à plusieurs sports : un avantage de la COVID-19?

La COVID-19 pourrait avoir un avantage chez les jeunes sportifs se spécialisant dans un seul sport, selon Sylvain Guimond, docteur en psychologie du sport, éducateur physique et ostéopathe. Ces athlètes pourraient être poussés vers d’autres sports, ce qui leur serait bénéfique.

« Les athlètes deviennent trop spécialisés trop jeunes, exprime M. Guimond. Ils font du hockey à en être écœurés. S’ils manquent un camp d’été, ils ont l’impression que le voisin va prendre le dessus. Le cerveau a une plasticité. Plus il apprend de différentes façons, plus il évolue. Un athlète complet va transférer ses habilités d’un sport à l’autre. J’ai vu des jeunes qui n’ont que fait du hockey dans la vie qui avaient de la difficulté à lancer. »

Les enfants et adolescents auront donc la chance de découvrir des sports comme le tennis, le golf, le vélo, le kayak et bien d’autres activités permises par le gouvernement. 

Selon lui, il est sain de s’ennuyer de son sport et d’avoir envie d’y jouer lorsque la saison est venue. « Quand on était jeunes, on jouait au baseball l’été et au hockey l’hiver. Quand ça sentait le gazon, on avait hâte de sortir nos gants de baseball et de commencer à se lancer la balle. Quand l’automne arrivait avec l’école, on avait hâte de sortir notre équipement de hockey des boules à mites. Quand c’est trop long, le jeune va s’écœurer. Le plus gros échec qu’on peut avoir dans le monde du sport, c’est quelqu’un qui joue, qui peut même devenir professionnel, et aussitôt qu’il prend sa retraite, il accroche ses patins et ne les met plus jamais », pense celui qui travaille encore avec plusieurs sportifs professionnels. 

« La réussite, c’est quelqu’un comme Guy Lafleur qui, même après avoir pris sa retraite, ne voulait pas arrêter de jouer, même pour le plaisir, enchaîne-t-il. Encore mieux, c’est quelqu’un qui a joué dans sa jeunesse, qui arrive dans la cinquantaine et qui ne voit pas le jour où il va arrêter de jouer tellement il a du plaisir. Il ne s’est jamais défait de l’amour de son sport. »

Et selon Sylvain Guimond, même les pros font autre chose l’été. « C’est correct de ne pas faire du hockey 12 mois par année, cite-t-il en exemple. Les professionnels, ils ne mettent pas leurs patins l’été. Ils s’entrainent, font autre chose et remettent leurs patins un peu plus tard. Ils prennent une pause. Je ne dis pas que l’arrêt dure longtemps, mais ils le font. »