Thomas Nütten, sa conjointe Allison et ses fils, Tristan et Tyson, posent devant sa plaque du Panthéon des sports.

Tom Nütten immortalisé

Seul un ouragan qui a balayé la côte ouest de la Floride a empêché Tom Nütten d’être présent lors de son intronisation au Panthéon des sports de Sherbrooke, en septembre 2017. Cette semaine, avec sa famille, c’est avec beaucoup d’émotions qu’il s’est vu immortalisé sur une plaque de granite, près de la Halte des Nations.

Le colosse, ancien joueur de ligne offensive dans la NFL et gagnant du Super Bowl avec les Rams de Saint-Louis (en 2000), avait la voix étranglée par l’émotion.

Fils d’un industriel belge, qui fut entre autres propriétaire de l’usine Thona à Magog, Tom Nütten est né aux États-Unis (Ohio) et il a grandi en Allemagne. Il a passé ses étés d’adolescence dans les Cantons-de-l’Est. Une période qui fut déterminante pour le reste de sa vie.

« Ces années furent très importantes pour moi. À 16 ans, on a déménagé ici et c’est devenu la maison. J’ai fréquenté Bishop’s College School, Champlain. Je suis encore en contact avec mes entraîneurs de l’époque, Tony Addona et Albert McDonald. Je suis devenu un homme dans les Cantons-de-l’Est », s’est-il souvenu.

S’il croyait dur comme fer que son parcours de carrière était déjà tracé d’avance au sein de l’entreprise familiale, ses aptitudes athlétiques lui ont par contre fait suivre un autre chemin.

« J’appréciais le hockey, le rugby, mais c’est le football qui était le plus facile pour moi et c’est le sport qui m’a permis d’atteindre des buts que je croyais inaccessibles. Je n’avais aucun plan avec le football. J’ai commencé à jouer à 16 ans. J’ai participé à une école de football et Tony m’a demandé si j’étais intéressé à jouer avec eux. J’ai dit : ok, de toute façon, je vais déjà à Champlain pour l’école, alors pourquoi pas ? ».

De fil en aiguille, les talents de football du joueur de ligne offensive attirent l’attention de l’Université Western Michigan.

Il accepte une bourse d’études complète de l’institution américaine, en 1991. En trois ans là-bas, il a été partant et l’un des capitaines de l’équipe, pendant deux saisons.

« C’était la seule école qui m’a proposé une bourse. Sans ça, je serais resté au Canada. Tout était donc parfait, je jouais au football et je complétais mes études en marketing industriel. Je m’attendais à graduer et à ensuite occuper un poste de 9 à 5, tout simplement. Mais plus les matchs se succédaient, plus je m’améliorais », a-t-il dit.

Lors du repêchage de 1995 de la NFL, Nütten est choisi au 221e rang par les Bills de Buffalo.

La même année, les Tiger-Cats de Hamilton font de lui le tout premier choix du repêchage de la LCF.

Nütten choisit de tenter sa chance dans la NFL et est libéré après une seule saison avec les Bills. En 1997, il se joint aux Tiger-Cats de Hamilton pour une année.

L’année suivante, il signe un contrat avec les Rams de Saint-Louis et est délégué aux Admirals d’Amsterdam de la NFL Europe au printemps 1998. C’est là qu’il excelle et perce l’alignement des Rams l’année suivante.

Il est joueur partant pour les Rams pendant sept ans, incluant une victoire au Super Bowl XXXIV en 2000 et une participation au Super Bowl XXXVI en 2002. Il fait partie de l’attaque qui bat tous les records, connue comme « The Greatest Show on Turf », peut-on lire dans les documents du Panthéon.

« Quand je suis revenu dans la NFL, après mon passage dans la NFL Europe, j’ai eu la chance d’avoir des entraîneurs qui ont cru en moi. On m’a dit d’arrêter de m’en faire, qu’on avait besoin de moi pour la saison et que je n’avais pas à me casser la tête pour percer l’alignement. C’était la première fois que je pouvais relaxer. J’ai ainsi atteint mon plein potentiel. J’ai réalisé que ces gars-là n’étaient pas meilleurs que moi. »

En 2000, les Rams ont vaincu de justesse les Titans du Tennessee par 23-16, le dernier jeu du match se concluant à la ligne d’une verge des Rams.

Au Super Bowl de 2002, les Rams se sont inclinées de justesse par 20-17 face à un jeune quart-arrière prometteur, Tom Brady, et les Patriots de la Nouvelle-Angleterre.

« J’ai été chanceux de faire partie d’une équipe qui a participé à deux Super Bowl, et d’en gagner un. Ça fait partie de moi, mais ça ne me définit pas. J’ai encore la bague remportée en 2000, j’en suis très fier, mais ça ne me définit pas en tant que personne. »

Tom Nütten et ses anciens coéquipiers des Rams gardent le contact.


«  J’ai été chanceux de faire partie d’une équipe qui a participé à deux Super Bowl, et d’en gagner un. Ça fait partie de moi, mais ça ne me définit pas. J’ai encore la bague remportée en 2000, j’en suis très fier, mais ça ne me définit pas en tant que personne.  »
Tom Nütten

Nütten était d’ailleurs à Canton, l’an passé, pour l’intronisation au Temple de la renommée de la NFL de son ancien coéquipier, le quart-arrière Kurt Warner. Il a fait de même pour Orlando Pace et Marshall Faulk.

La NFL, mais pas trop

Nütten joue 78 matchs, dont 69 comme joueur partant. Il a pris sa retraite en 2005. Il a été intronisé au Temple de la renommée de l’Université de Western Michigan en 2009.

« Je suis encore les activités de la NFL, je regarde quelques matchs, mais surtout les faits saillants. Je trouve déplorable que les gens s’intéressent davantage aux stats à cause des paris sportifs que le match lui-même. Je ne supporte pas ça. Pour moi, le foot, c’est le concept d’équipe d’abord et avant tout. Surtout à la position que j’occupais, joueur de ligne offensive. Il n’y a pas un gars de cette position qui se retrouve dans le Fantasy football. »

Le cœur en Estrie

Résident de Tampa Bay en Floride, Nütten est désormais propriétaire d’un restaurant situé à Naples, le Lamoraga, spécialisé dans les mets méditerranéens.

Mais son cœur est dans les Cantons-de-l’Est. Chaque année, il vient visiter la famille.

« Si je pouvais déménager ici, je le ferais demain matin. Peut-être qu’un jour, je reviendrai. »