Après ses deux saisons dans la LHJMQ, Tim Wieser est aussitôt retourné en Suisse pour y poursuivre sa carrière de hockeyeur.

Tim Wieser : «C’était les plus beaux moments de ma vie»

SHERBROOKE — Tim Wieser ne s’en cache pas: ses deux années à Sherbrooke sont inoubliables. S’il est très fier de ses saisons avec le Phœnix, le petit attaquant admet que sa plus grande fierté est de gagner sa vie aujourd’hui en jouant au hockey, et ce, dans son pays d’origine: la Suisse.

Le joueur format de poche a été l’un des préférés du public sherbrookois. Normal, car en plus d’avoir maintenu un ratio d’environ un point par match lors de son passage dans la LHJMQ, Wieser gagnait le cœur des amateurs grâce à son charisme.

Quitter la Suisse à 17 ans n’a pas été facile, mais dans la tête de Tim Wieser, il s’agissait de la seule option possible.

« J‘ai choisi le Canada parce que je pensais que c’était la meilleure chose à faire. C’est dans la Ligue canadienne de hockey que l’on retrouve les meilleurs joueurs d’âge junior au monde et la ligue junior en Suisse n’est pas l’idéale pour s’améliorer. Ma première saison à Sherbrooke était un peu bizarre pour moi. Je ne parlais pas anglais ni français et j’étais tout de même à 8 h de vol de ma ville natale, de ma famille et de mes amis. »

Le numéro 53 du Bleu et Crème s’est fait apprécier rapidement de ses nouveaux coéquipiers.

« J’ai rencontré des gars qui sont devenus mes meilleurs amis même encore aujourd’hui. Carl Neill et Chase Harwell m’ont vraiment aidé à m’adapter. Après quelques semaines, tout était devenu plus facile grâce à eux. Malheureusement, on comptait sur une jeune équipe lors de la deuxième saison de l’histoire du Phœnix et on n’a pas fait les séries. Malgré tout, c’était les plus beaux moments de ma vie », admet-il.

L’année suivante, après une saison de 44 points en 54 matchs, il a pu compter sur la présence d’un autre joueur de la Suisse: Kay Schweri.

« C’était irréel. Je ne peux pas expliquer à quel point c’était génial de jouer avec mon ami Kay. Il m’a même permis d’établir le record du plus grand nombre de buts en une saison chez le Phoenix (38). Je profitais de ses talents de passeur. J’aurais voulu accéder au deuxième tour des séries, mais ces deux saisons ont été la meilleure période de ma vie. J’étais tellement fier de jouer pour le Phœnix et d’écrire l’histoire du hockey junior à Sherbrooke. Je vais aussi toujours me souvenir de ma famille de pension et du directeur général Patrick Charbonneau, qui était comme mon deuxième père. »

Le retour au bercail

Même s’il est tombé en amour avec le Québec, Tim Wieser a choisi de retourner en Suisse à l’âge de 20 ans.

« J’avais discuté avec mon agent et ma famille de mon avenir et de ma carrière. Je me rappelle que Pat m’avait proposé de rester pour disputer mon année 20 ans dans la LHJMQ, mais j’ai décidé de retourner jouer en Suisse chez les professionnels pour gagner plus d’argent, enfin! »

Or, Tim Wieser s’est rapidement ennuyé du Canada.

« Ma vie en Suisse maintenant n’est pas comme celle au Canada. Cette époque me manque. Ici, en Suisse, tout est différent. Je joue dans la meilleure ligue suisse et je travaille à temps partiel dans un cabinet d’avocats. Je ne suis pas satisfait de mon évolution des dernières années. J’ai eu des hauts et des bas et j’ai connu de bonnes et de mauvaises expériences depuis mon départ du Phœnix. »

Tim Wieser admet ne rien regretter malgré tout.

« Je suis vraiment fier de voir à quel point j’ai déjà vécu de nombreuses expériences à l’âge de 23 ans. J’en suis rendu à ma quatrième formation en Suisse. J’habite un bel appartement et je joue pour un club prestigieux dans mon pays natal: Winterthur EHC. »

L’ancien Phœnix admet que son but demeure le même: jouer dans la meilleure ligue de son pays.

« J’aimerais par contre revenir à Sherbrooke à l’occasion. Je m’ennuie de l’endroit et des gens. Je suis vraiment reconnaissant envers toutes les personnes qui m’ont donné la chance de jouer au Canada et d’y être heureux. Ces expériences m’ont permis de devenir l’homme que je suis aujourd’hui », résume-t-il.