Il court un cœur géant de 175 km

Sports

Il court un cœur géant de 175 km

Sébastien Lajoie
Sébastien Lajoie
La Tribune
Sébastien Roulier n’a jamais reculé devant aucun défi. Celui qui devait être à Boston lundi, pour la présentation de la 124e édition du plus vieux marathon au monde, s’est plutôt lancé le défi de tracer un cœur géant... de 175 km, dessiné à partir d’un parcours qu’il a emprunté sur les chemins de l’Estrie.

L’intensiviste-pédiatre du CIUSSS-Estrie-CHUS est un habitué des longues distances.

Sa passion de la course à pied le fait constamment repoussé les distances. Il a complété 58 marathons, il en a gagné neuf. Il a représenté le Canada dans cinq courses de Championnats mondiaux d’ultra-marathons en sentiers et sur route.

Avec l’annulation des courses au programme au moins jusqu’à la fin du mois d’août, Roulier se cherchait un autre défi.

« L’annulation de toutes les courses organisées ne m’a pas dérangé. À ce jour, j’ai exploré la course sous plusieurs facettes et c’est souvent les défis personnels ou ceux en duo qui m’ont le plus satisfait. Le 5 avril dernier, j’ai couru une distance de 120 km en 13 h 30 pour dessiner mon premier cœur. Alors que le gouvernement nous demande de ne pas voyager dans une autre région du Québec, je me suis dit : pourquoi ne pas visiter ma région? Aussi, avec les règles de distanciation sociale, je me suis imposé de transporter tout ce dont j’aurais besoin », relate l’athlète de 46 ans.

« Je ne m’ennuie jamais de la course, j’en fais toujours quand même. Les deux premières semaines de la pandémie ont été plus chargées, comme gestionnaire, mais tranquillement on trouve un rythme. C’est plus tranquille dans les hôpitaux, j’ai un peu de temps, les fins de semaine. Et comme on doit rester dans notre région, samedi matin je me suis dit, pourquoi pas? Je suis parti l’après-midi même! », a-t-il dit en riant. 

Cette idée de dessiner un cœur en géolocalisant son parcours lui vient de sa fille.

Baseball Estrie craint une baisse d’inscriptions

Sports

Baseball Estrie craint une baisse d’inscriptions

Jérôme Gaudreau
Jérôme Gaudreau
La Tribune
SHERBROOKE — Baseball Québec annoncera lundi qu’il souhaite lancer sa saison 2020 dès le 1er juillet. Le report du début des activités et la crainte liée à la pandémie de la COVID-19 pourraient faire chuter le nombre d’inscriptions chez Baseball Estrie selon son président Simon Therrien. 

« Il s’agit évidemment d’un scénario hypothétique, soutient Simon Therrien. Toutes les décisions seront prises en considérant les recommandations du gouvernement. Est-ce que la saison pourrait débuter avant? Peut-être. Il n’y a rien d’officiel encore, évidemment. »

La possibilité de lancer la saison le 1er août a également été envisagée. Après cette date, la saison de baseball pourrait être en péril. Il serait alors difficile d’éviter l’annulation des activités 2020.

« On termine normalement la saison tout juste avant la fête du Travail, mais on avait aussi du baseball d’automne. Techniquement, on a encore du temps devant nous puisque la saison de baseball commence normalement autour du 15 mai. Donc il n’y aurait pas d’impact majeur si le début de nos activités était le 1er juin. Tout serait simplement décalé de deux semaines. À ce moment, on limiterait les dégâts », indique le président de Baseball Estrie. 

La fin d’une vague de popularité

Depuis les Jeux du Canada de 2013, Baseball Estrie a assisté à une vague de popularité envers le baseball en région, ce qui s’est traduit par une hausse constante des inscriptions. 

En 2013, 613 joueurs étaient inscrits. L’an dernier, on parle d’environ 1300 membres chez Baseball Estrie, dont 400 seulement à Sherbrooke. 

« On s’attend à une baisse d’inscriptions. Les familles seront peut-être craintives et certains parents ne voudront peut-être pas voir leur jeune se regrouper pour la pratique de leur sport », avance Simon Therrien.

Un premier contrat pro pour Alex-Olivier Voyer

Sports

Un premier contrat pro pour Alex-Olivier Voyer

Sébastien Lajoie
Sébastien Lajoie
La Tribune
SHERBROOKE — « J’ai maintenant un pied dans la porte. Je sais que le plus dur est à venir, mais rendu là, on ne sait jamais. »

Alex-Olivier a franchi une autre étape vers son rêve ultime, qui est d’évoluer dans la LNH un jour, mercredi, lorsqu’il a paraphé une entente avec le club-école des Bruins de Boston dans la Ligue américaine de hockey (LAH).

Ce contrat de deux avec le Bruins de Providence survient à l’issue de sa meilleure saison en carrière dans la LHJMQ, lui qui a battu plusieurs records d’équipe avec le Phœnix de Sherbrooke.

« J’ai signé mercredi officiellement. Je me sens super bien, je suis vraiment content! Surtout, je suis content de m’aligner avec l’organisation des Bruins. C’est une organisation qui valorise des valeurs que j’ai comme joueur de hockey », a dit l’ancien numéro 19 du Phœnix.

« Je connais un peu l’organisation, puisque l’an passé, j’ai participé à leur camp des recrues et ça avait super bien été. Je crois que c’est un peu pour ça qu’ils ont continué à me regarder pendant toute la dernière saison », a-t-il précisé.

Et ce dernier, justement, n’a pas raté son coup, en 2019-20.

Le joueur de 21 ans fut un des principaux rouages du succès du Phœnix, lui qui a formé probablement l’un des meilleurs trios de la LHJMQ, avec ses potes Félix Robert et Samuel Poulin.

Voyer a récolté 44 buts et 44 passes pour 88 points en 63 matchs, dont 20 points en avantage numérique, quatre buts en désavantage numérique et huit buts gagnants.

« Je n’ai pas eu de contacts directement avec les Bruins pendant la saison. Je sais que mon agent (André Ruel, CAA) leur a parlé à quelques reprises. J’ai joué ma saison et les bonnes choses que j’ai faites pendant la saison ont juste porté fruit. D’autres équipes m’ont approché et j’ai eu deux offres de contrat. Mais je suis vraiment très content que ce soit avec les Bruins. C’est la première organisation qui m’a fait confiance, qui m’a donné mon premier camp pro », a dit le Sherbrookois.

Des Aigles aux Bruins

« J’avais signé avec les Aigles bleus de Moncton (hockey universitaire canadien), où j’aurais pu continuer à jouer un bon calibre tout en continuant d’aller à l’école. Un contrat de deux ans, dans la LAH ça me donne du temps. Je voulais au moins deux ans, pour avoir une stabilité. Ça me donne une première année pour m’adapter, au début, et une deuxième année pour y aller plus fort », a dit l’attaquant droitier.

« Les Bruins ont aimé ma progression, mon développement. Je me suis amélioré chaque année, tant du point de vue personnel que du point de vue statistique. Alors ils doivent se dire, en regardant ça, que si je l’ai fait dans le passé, je serais sûrement capable de le faire dans le futur. Ce sont les mêmes marches, il faut continuer à monter. »

« J’ai toujours cru en mes capacités, je n’ai jamais abandonné. J’ai toujours cru au processus de devenir un bon joueur de hockey en faisant les bonnes choses, sur la glace et en dehors, je n’ai jamais dérogé de ça. J’ai toujours cru en moi, et mon entourage aussi. C’est un bon timing (après avoir connu sa meilleure saison en carrière LHJMQ), mais j’ai dû travailler fort pour ça. Ce n’est pas du hasard, sinon tout le monde se ferait offrir des contrats.

Je sais la somme de travail que ça prend pour se rendre là. »

Un rêve

En attendant la reprise des activités dans le monde du hockey, Alex-Olivier Voyer a amorcé son entraînement, à la maison, depuis deux semaines, sous la supervision, à distance, de Michaël Fullum, de Fonction Optimum.

« Je me rapproche de mon rêve de jouer dans la LNH. Je vais évoluer dans la ligue en dessous, donc, je suis vraiment fier de ça. Encore plus avec les Bruins. Je sais qu’ils traitent bien leurs prospects. J’ai un programme d’entraînement personnalisé, je me suis fait un petit gym à la maison. Je suis revenu à la case départ, comme chaque été, jusqu’au retour au jeu. Mes parents m’ont toujours supporté, dans les mauvais comme dans les bons moments, je les remercie énormément. »

LHJMQ et Covid-19 : le deuil d’une famille d’accueil

Sports

LHJMQ et Covid-19 : le deuil d’une famille d’accueil

Jérôme Gaudreau
Jérôme Gaudreau
La Tribune
Elle les appelait ses « Boys ». « On n’est pas leurs parents, mais on s’attache. Quand il est venu le temps de leur dire bye, j’ai fait ça vite pour ne pas pleurer devant eux. » Nancy Chrétien accueillait chez elle et son conjoint Doug Blair le gardien du Phœnix Samuel Hlavaj et le défenseur Gregory Kreutzer, qui ont dû quitter leur famille de pension dans de tristes circonstances.

En raison de la Covid-19, le Slovaque et l’Américain ont regagné leur pays de façon expéditive le mois dernier. Sans même avoir la chance de soulever la Coupe du Président ou la Coupe Memorial avec leur équipe, classée numéro 1 au Canada. 

« On s’attendait à les avoir avec nous jusqu’à la fin du mois de mai, admet Nancy Chrétien. Quand la saison a été suspendue, on espérait que les activités reprennent rapidement. Samuel et Gregory ont trouvé ça difficile d’attendre. Ils n’en pouvaient plus. Du jour au lendemain, leur quotidien venait de changer. Leur raison d’être, c’est le hockey! Et en voyant tous ces événements être remis à plus tard ou annulés, on se rendait bien compte que ça regardait mal. »

Confinés dans leur maison de la rue Boright à Lennoxville, Samuel Hlavaj et Gregory Kreutzer ne sortaient que pour courir. 

« Le Phœnix avait demandé aux gars de garder la forme. Presque tous leurs coéquipiers étaient retournés à leur maison, mais le Phœnix suggérait à Taro Jentzsch, Samuel et Gregory de rester à Sherbrooke au lieu de retourner dans leur pays et risquer d’être en quarantaine durant 14 jours en revenant pour reprendre l’entraînement. On les occupait. On leur changeait les idées. Puis quand on a appris que tout était terminé, c’était simplement irréel », poursuit Nancy Chrétien. 

À contrecœur, le directeur général Jocelyn Thibault a indiqué aux deux amis de partir à la maison le plus rapidement possible. Le lendemain, Gregory Kreutzer était déjà au Michigan et une journée plus tard, Samuel Hlavaj se trouvait dans un avion en direction de Vienne, située tout près de la Slovaquie.

« Ce n’était pas facile pour le Phœnix de trouver un billet d’avion à Sam. J’avais dit à Jocelyn Thibault que peu importe ce qui arriverait, Sam allait être le bienvenu chez nous. Mais soudainement, il y avait un vide dans la maison avec leur départ. C’était très tranquille. Notre garçon Leighton avait peut-être quitté l’Université Brock pour revenir ici et continuer ses études à distance, mais ça faisait bizarre. Il ne se passait plus rien. On ne parlait plus de hockey autour de la table au souper. On ne jouait plus aux jeux de société avec les boys. »

Des adieux à Gregory Kreutzer?

Samuel Hlavaj pourrait bien revenir à Sherbrooke la saison prochaine. Or, le cas de Gregory Kreutzer demeure incertain. Celui qui aura 20 ans le 24 mai prochain devra obtenir l’un des trois postes de vétéran de dernière année disponibles et la course sera féroce. Le défenseur songe même à traverser l’océan pour évoluer en Europe. 

« Les voir partir du jour au lendemain m’a fait un petit pincement au cœur. Ils faisaient partie de la famille. Tout s’est passé trop vite quand ils ont quitté. Notre famille n’était pas prête à ça. On venait de rencontrer la famille à Gregory et celle de Samuel était venue manger à la maison en février. Ils s’étaient vraiment bien intégrés à notre famille. Ils ne restaient pas de leur côté. Ils venaient même avec moi pour aller voir les grands-parents de nos enfants Megan et Leighton! »

« Samuel avait hâte que l’on revienne à la maison pour nous parler ou partager de bonnes nouvelles, ajoute immédiatement Mme Chrétien. Quand il y avait un recruteur de la LNH qui l’appelait, on était parmi les premiers à le savoir. On leur souhaite d’évoluer chez les professionnels l’an prochain, mais on espère aussi les revoir, ce qui est un peu égoïste. Peut-être que Gregory ne reviendra pas, mais Sam a laissé des choses à la maison! J’imagine qu’il aimerait aussi revenir ici! » 

De la peine en famille

Le gardien slovaque a pulvérisé les records du Phœnix et aurait pu améliorer sa marque si la saison n’avait pas pris fin abruptement. 

« On était tellement tristes pour eux quand la saison et les séries ont été annulées. Sam vivait une première expérience au Québec. Il impressionnait et améliorait ses chances d’être repêché rapidement dans la LNH cet été. Gregory espérait aller loin en séries. Ça lui aurait permis de se faire davantage remarquer et de peut-être gagner la coupe à l’une de ses dernières saisons dans le junior majeur. On avait vraiment de la peine de voir ces occasions s’envoler. » 

Le premier deuil? L’annulation de la partie contre l’Océanic de Rimouski et Alexis Lafrenière alors qu’il restait encore cinq matchs à jouer. On annonçait d’ailleurs une salle comble pour ce duel présenté au Palais des sports.

« Tout le monde attendait cette partie, soutient-elle. Les gars se préparaient mentalement et physiquement pour accueillir Lafrenière et son équipe. C’était une première déception. Une victoire allait booster encore plus les joueurs à quelques jours des séries. »

Ce n’est que partie remise

La famille Blair-Chrétien s’ennuiera de l’ambiance qu’amenaient leurs deux joueurs en pension.

« On recevait souvent les joueurs anglophones à la maison, comme Bailey Peach et Israel Mianscum puisqu’ils demeuraient à quelques rues d’ici. Jaxon Bellamy venait faire son tour à l’occasion. On les invitait à souper. Ils étaient aussi par exemple venus à la maison avant de partir pour leur party d’Halloween chez Alex-Olivier Voyer. On aimait les voir s’amuser autrement qu’en jouant au hockey », indique Mme Chrétien.

« Doug et moi, on n’est pas leurs parents, rappelle-t-elle aussitôt. Il faut les nourrir, les héberger, mais ce n’est pas à nous à faire la discipline et de toute façon, on n’avait pas à le faire. Samuel et Gregory sont à leurs affaires. Ce n’est pas tous les adolescents qui feraient ces sacrifices de joueur de hockey du junior majeur. »

Cette dernière espère maintenant que le Phœnix reprenne là où il l’a laissé la saison prochaine. 

« De belles choses attendaient l’équipe, mais ce n’est peut-être que partie remise! »

Une édition à ne pas oublier

Sports

Une édition à ne pas oublier

Jean-Guy Rancourt
Jean-Guy Rancourt
La Tribune
COMMENTAIRE / Ironiquement, il aura fallu un virus pour faire tomber au combat les Cantonniers de Magog une première fois en trois ans dans les séries de la Ligue midget AAA du Québec.

Champions en titre depuis 2018, la bande de Félix Potvin se dirigeait vers une 10e série gagnée d’affilée jusqu’à l’arrivée soudaine du coronavirus.

À défaut d’avoir été empêchés par la COVID-19 de s’approprier une troisième coupe Jimmy-Ferrari de suite, les Cantonniers peuvent toujours se vanter de n’avoir jamais été expédiés dans les boules à mites par une autre équipe du circuit Lévesque depuis maintenant trois ans.

Lorsque dans la prochaine décennie on reviendra sur les succès des Cantonniers sous la férule de Félix Potvin, il faudra placer l’édition 2019-2020 sur le même pied que les deux précédentes qui ont été couronnées championnes. Évidemment, qui peut prétendre avec exactitude que les Cantonniers auraient réussi le coup une troisième année de suite? Ils étaient bien partis avec aucun signe de faiblissement qui pointait à l’horizon. Toutefois il restait encore huit victoires à ajouter au compteur. Ce n’est pas négligeable. On se dirigeait vers une autre série palpitante contre Châteauguay en demi-finale. Un rendez-vous annuel entre ces deux formations.

De l’édition 2019-2020, il faudra surtout se rappeler d’une équipe qui avait le souci des détails et d’une éthique de travail incomparable. Lors des deux saisons précédentes, les Cantonniers comptaient sur des joueurs tels Patrick Guay, William Villeneuve, Charles Beaudoin, Simon Pinard, Rémi Poirier, Justin Robidas, Alexandre Doucet, Olivier Adam, Isaac Belliveau, Jacob Dion, et j’en passe, qui figuraient parmi l’élite de la ligue. On le savait dès le camp d’entraînement.

Nouveaux meneurs

Au mois d’août 2019, c’était plutôt tranquille à ce chapitre. Les vétérans venus compléter une deuxième saison dans le midget AAA campaient surtout dans des rôles de soutien en 2018-2019. Il leur fallait maintenant devenir les nouveaux leaders. Ils n’ont pas essayé de jouer à la vedette. Les Mathys Poulin, Justin Bergeron, Félix Paquet, Zackary Michaud, Julien Bourget, Mathis Zakorzermy ont montré une attitude irréprochable. Le mot influenceur est à la mode de nos jours. Ils en étaient pour leurs coéquipiers. Il y a aussi le très talentueux Tristan Roy qui est revenu au bercail après les Fêtes. Lui on savait ce dont il était capable.

Avec de tels vétérans comme chefs de file, les recrues ont acheté le modèle sans maugréer. Quand on voit Zackary Michaud, meilleur compteur de l’équipe, continuer à bloquer des rondelles avec une priorité de six ou sept buts en fin de partie, l’effet d’entraînement est automatique. C’était ça les Cantonniers. Jamais de demi-mesure chez les recrues comme les vétérans.

Cette équipe de no name est demeurée au sommet de la ligue du premier au dernier jour du calendrier régulier. Ils ont ravi leurs partisans et convaincu les incrédules qu’une équipe unie, dont le seul objectif demeure la progression de l’équipe, peut abattre tous les obstacles, sans exception. 

L’édition 2017-2018 savait fabriquer des buts; celle de 2018-2019 pouvait se placer au-dessus de la mêlée de toutes les façons. Cette saison, on a eu droit au modèle parfait de ce que représente une équipe avec un mental et un moral d’acier. Une bande d’adolescents qui n’ont jamais reculé, qui connaissaient leurs limites, les acceptaient, et savaient que tout passait par le travail collectif. Que jouer en unité de cinq plutôt que de miser sur deux ou trois vedettes était loin d’être un désavantage. Tous ont mis l’épaule à la roue. Pas de place pour du nombrilisme.

Un modèle pour les plus jeunes

En cette période de l’année où le mot propagation est malheureusement à la mode pour les raisons que l’on sait, permettez-moi d’ajouter que s’il y a une façon de jouer au hockey qui devrait se répandre chez nos jeunes et leurs entraîneurs, c’est celle des Cantonniers 2019-2020. Tout reposait sur le collectif, la patience, l’acharnement au travail, une confiance à toute épreuve. C’est le courant qu’il faut suivre pour avoir du plaisir sur une surface glacée. Ils venaient à l’aréna radieux. À l’opposé, j’ai rarement vu une bande de gars accepter aussi mal la défaite.

Ils étaient beaux à voir ces adolescents. Du bonbon! Ce serait dommage qu’ils sombrent dans l’oubli parce que le coronavirus s’est introduit sournoisement dans nos vies.    

Je ne pouvais vous laisser sans un dernier mot sur le coach Potvin. Voilà trois ans de suite qu’il fait des Cantonniers une équipe championne même s’il doit rebâtir presque à zéro chaque automne. Exploit rarissime.

En terminant, Félix Potvin a communiqué avec moi pour demander à ses joueurs, son personnel hockey, la direction, les parents, les familles de pension et les partisans de l’équipe de prendre soin de leur santé.

Frédérik Cabana barricadé en Allemagne

Sports

Frédérik Cabana barricadé en Allemagne

Jérôme Gaudreau
Jérôme Gaudreau
La Tribune
Le hockeyeur sherbrookois Frédérik Cabana habite au cœur de l’Europe, qui est loin d’être épargnée par la pandémie de la COVID-19. Sa saison a été annulée en Allemagne et depuis, il demeure barricadé à la maison avec sa famille.

« L’Italie n’est qu’à quatre ou cinq heures de route de chez moi. Il y a près de 400 décès par jour là-bas. C’est juste à côté d’ici. Depuis un mois, ça ne fait que parler du coronavirus. Vous avez réagi vite au Québec. Pas ici. Le monde ne comprenait pas que c’était dangereux. Il y a des milliers de personnes infectées maintenant. Pour ma famille et moi, pas question de quitter la maison. »

Le plus loin que ses enfants Rosalie (7 ans), Leonie (5 ans) et Amelie (2 ans) peuvent aller : les limites de leur terrain.

« On a la chance d’être un peu plus en campagne dans un village appelé Obersulm-Eichelberg et de pouvoir profiter d’un grand terrain, mais en Europe, les gens habitent plus souvent dans des blocs et de petits appartements. Les écoles sont fermées depuis longtemps. Les garderies et les magasins aussi. On ne peut qu’aller à l’épicerie. Mes filles ne voient même pas leurs grands-parents. On devait aussi venir à Sherbrooke quelques jours cet été. Je pense qu’il faudra oublier le projet », avance l’attaquant des Steelers de Bietigheim, membre de la DEL division 2. 

L’ancien joueur des Cantonniers de Magog habite l’Europe depuis bientôt 12 ans : une année en Autriche et plus de dix ans en Allemagne. Il a déjà vu son pays d’adoption sous un jour meilleur. 

« On est appelés à rester à la maison et ça peut durer encore longtemps. Plusieurs tablettes d’épicerie sont vides. En Europe, on a également vu les gens se lancer vers le papier de toilette, mais aussi vers le vin et les condoms! » lance-t-il en riant. 

Le quotidien de toute la population européenne a changé en peu de temps. 

« Ça devient déprimant. On pense toujours deux fois à ce que l’on fait. Si tout le monde respectait les règles, le problème serait beaucoup moins grave. On resterait moins de temps confinés à la maison. C’est quoi un mois dans une vie? Ça sauverait la vie de bien des gens. Le peuple doit suivre les consignes. Il n’y a malheureusement pas encore de vaccin. Donc il ne reste plus qu’à attendre. Je passe beaucoup de temps avec la famille. On continue d’aider Rosalie dans ses travaux scolaires sinon on s’amuse et on suit l’actualité. » 

Un début de saison en péril

Les Steelers venaient de subir l’élimination lorsque la DEL a mis fin à ses activités. 

« On a disputé toute une saison pour finalement ne jamais savoir qui est le champion cette année. C’est dommage. Le prochain camp d’entraînement est prévu au mois d’août normalement. Quand on regarde les nouvelles, on se demande s’il aura lieu à la date prévue », affirme le choix de 6e ronde des Flyers de Philadelphie en 2004. 

Et pour garder la forme?

« J’ai quelques appareils chez moi, soutient le Sherbrookois de 33 ans. Je fais du vélo stationnaire et à la limite, je sors parfois avec mon vélo dehors. En me promenant, je vois les gens faire la file à l’épicerie, tous entassés les uns sur les autres. Je ne comprends pas. »

Fredérik Cabana est par ailleurs d’avis que cette crise nuira énormément à l’économie, dont celle des équipes de hockey du circuit. 

« J’ai hâte de voir comment on s’en sortira sur le plan financier. Tout est fermé. J’ai aussi perdu mon emploi à temps partiel dans un gym. Je ne peux plus travailler, comme bien des gens ici. C’est épeurant de voir tout ce qui se passe et je souhaite à tout le monde que je connais au Québec de rester en santé, en espérant que ça passe plus vite qu’ici. »

LHJMQ: «On devient quasiment une ligue bouche-trou» [VIDÉO]

Sports

LHJMQ: «On devient quasiment une ligue bouche-trou» [VIDÉO]

Steve Turcotte
Steve Turcotte
Le Nouvelliste
Carl Tardif
Carl Tardif
Le Soleil
Québec — Avec neuf des 21 meilleurs espoirs qui entretiennent le mystère sur leur avenir, il fut évidemment question de cette épine dans le pied de la LHJMQ lors du point de presse annuel de Gilles Courteau.

Beaucoup d’équipes ont fait savoir leur mécontentement au cours des derniers jours. Devant les médias, comme derrières les portes closes. Même les Remparts et l’Océanic, qui ont tiré profit dans le passé de ce genre de manœuvres, se rangent maintenant dans le camp des insatisfaits. Une lettre d’intention a été soulevée et à nouveau, cette solution n’a pas été retenue. Par contre, une proposition de laisser de côté ceux qui auraient pris des engagements aux États-Unis fait actuellement son chemin… «Un comité va étudier la question et pourra ensuite nous soumettre une recommandation», a reconnu Courteau.