Thomas et Jérémy Grégoire ont vécu des saisons en montagnes russes, l’an passé dans la Ligue américaine de hockey. Mais le meilleur est à venir, confirment-ils.

Thomas et Jérémy entrevoient la prochaine saison avec enthousiasme

C’est retour à la maison pour les frères Thomas et Jérémy Grégoire, après une saison dans la Ligue américaine de hockey (LAH). Les deux frangins ont connu des hauts et des bas, mais ils entrevoient chacun la prochaine saison avec un optimisme grandissant.

Jérémy Grégoire, d’abord, a vu sa saison être scindée en deux. D’abord avec les Admirals de Milwaukee (club-école des Prédateurs de Nashville), avant d’être échangé à l’organisation des Coyotes de Phœnix, avec les Roadrunners de Tucson.

Ironiquement, l’aîné des frères Grégoire a marqué autant de buts à Milwaukee (5 buts en 42 matchs), qu’à Tucson (5 buts en 26 matchs). Une production cumulative de 19 points en 68 matchs, donc.

S’il a connu des difficultés en début de campagne, Jérémy est enthousiaste quant à son passage dans le désert. Une offre de contrat est d’ailleurs déjà sur la table, dit-il.

« Oui, ce fut une saison divisée en deux. Je suis arrivé blessé à Nashville, alors je n’ai pas eu de camp d’entraînement, j’ai démarré derrière tout le monde. En plus, un nouvel entraîneur a été engagé (Karl Taylor), qui ne me connaissait pas. Ça a pris du temps avant que je sois intégré dans l’alignement et que je prenne mon rythme. Après une trentaine de matchs, j’avais un but. Dans les 10 derniers matchs avec Milwaukee, j’en ai réussi quatre, ça commençait à se replacer. »

« La situation était totalement différente en Arizona. L’entraîneur (Jay Varady) me faisait jouer sur le troisième trio et sur la première vague en désavantage numérique. C’est mon rôle, ce que je suis capable de faire. »

Les Roadrunners ont raté les séries éliminatoires par un tout petit point.

« Et dès ma rencontre de fin d’année, l’équipe m’a dit qu’elle voulait me signer pour la prochaine saison. Mon agent Philippe Bureau a déjà une offre et on est en négociation. Faire partie d’une équipe qui te démontre de l’intérêt aussi vite après une saison, ça fait différent. Je vais passer un été moins stressant que l’an passé, alors que j’ai attendu deux mois que Montréal prenne sa décision », a dit l’attaquant de 23 ans.

Moins de pression

Son arrivée dans l’organisation de Phœnix est une bénédiction, croit Jérémy.

« C’est une jeune organisation, en reconstruction. Il va y avoir plus de place l’an prochain, plus que dans d’autres équipes de la LNH. Il y a encore une opportunité pour moi là-bas. Ma fenêtre d’opportunité pour accéder à la LNH se rétrécit, mais je sais qu’elle est encore là. Je n’ai pas abandonné mon rêve. Je ne veux pas prédire l’avenir, mais la saison s’est bien terminée à Tucson et j’espère que ça va se poursuivre comme ça. »

Affronter son frère

Jérémy et Thomas ne se sont affrontés qu’une seule fois, et c’était dans la LHJMQ. L’aîné jouait pour Baie-Comeau et le plus jeune, avec le Phœnix de Sherbrooke.


«  Faire partie d’une équipe qui te démontre de l’intérêt aussi vite après une saison, ça fait différent.  »
Jérémy Grégoire

« J’avais 19 ans et il en avait 16, alors on s’est rarement croisé sur la glace », a dit Jérémy.

Le scénario fut différent la saison dernière; les deux frères se sont affrontés à deux reprises.

« Ce fut bizarre comme feeling. Je voulais gagner, mais je voulais qu’il joue bien, aussi. Avant le match, les gars me narguaient, en me disant que je n’oserais pas frapper Thomas. À ma première présence, je lui ai donné une mise en échec, plutôt solide, et je me suis senti mal! Après le match, tu sais comment Thomas est, je me suis excusé pour la mise en échec, et il a dit: oh non, je suis tellement mou, que je l’ai pas senti! C’était le fun, mais pas trop souvent! »

« Sur la glace, ça va, mais quand je suis sur le banc, je le regardais jouer comme si j’étais un spectateur, ça déconcentre un peu. »

Première saison professionnelle ardue pour Thomas

De son côté, Thomas n’a pas beaucoup joué, à sa première saison complète dans la LAH. Seulement 26 parties, avec les Barracudas de San Jose, club-école des Sharks.

Le cadet Grégoire l’avoue; elle fut difficile, cette saison. À un certain point, il a même pensé revenir jouer pour le Phœnix. Mais il estime avoir grandi dans l’adversité.

« En janvier dernier, je ne jouais pas beaucoup et j’en ai discuté avec la direction. Oui, j’ai un petit mot à dire sur ma situation, ils m’ont écouté, mais ils ont le dernier mot. »

« On m’a dit que c’était mieux pour mon développement de rester avec une équipe gagnante, de rester dans la LAH et de pratiquer chaque jour. Ils voient mon développement à long terme. Ils ne voulaient pas que je retourne dans le junior, que je joue 35-40 minutes par match et que je me brûle pour rien. »

« J’étais quand même déchiré. Je mentirais si par bout, je ne souhaitais pas retourner avec le Phœnix. Mais en même temps, je ne voulais pas prendre la voie facile, juste parce que je trouvais ça difficile. Ça forge le caractère. On ne se le cachera pas, c’est difficile d’être laissé de côté, des fois. Jusqu’à deux semaines sans jouer, c’est difficile. C’est dur. Tu vois ton nom sur l’alignement du match du lendemain. Tu arrives à l’aréna et tu ne joues pas. Mais j’ai grandi dans ça. »

Grégoire et ses coéquipiers Jérémy Roy, Francis Perron et Jeffrey Viel ont partagé une maison pendant la saison.

Pour la prochaine saison, Grégoire entrevoit un scénario différent.

« L’organisation veut m’accorder plus de temps de jeu en avantage numérique. Quand j’ai occupé ce rôle cette année, ça a bien été, même si je jouais pas beaucoup », a dit celui qui a amassé deux buts et sept passes, avec un différentiel de +10 à sa première année complète dans la LAH.

« En même temps, il n’y a rien de sûr, il n’y a jamais rien d’acquis. L’organisation peut signer des joueurs, repêcher des gars, signer des gars NCAA. On ne sait jamais et il faut être prêt. J’ai un contrat (encore valide pour deux ans, NDLR), mais je ne veux pas me limiter à ça, je veux leur montrer que mon but ultime c’est de jouer dans la LNH.

Jouer contre son frère

« Oui, ce fut spécial! Mon frère c’est son jeu, il m’a frappé après une passe en sortie de zone. Je savais qu’il s’en venait, il m’a frappé, ça a fait du bruit, j’ai absorbé. Le plus bizarre, quand j’étais sur le banc, j’étais comme un spectateur qui regardait son frère jouer! Je devais me ressaisir avant de sauter sur la glace! »

« Le plus drôle? J’ai écopé d’une punition pour coup de bâton. Je me suis mis à chialer un peu contre l’arbitre et Jérémy, qui était sur la glace, a lui aussi commencé à chialer! Il s’est rendu compte de la situation et il est parti changer! C’était assez drôle! »