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Plusieurs terrains de soccer devraient voir le jour au parc Central, au cours des prochaines années. Les citoyens du quartier se mobilisent pour préserver le parc et ses espaces verts.
Plusieurs terrains de soccer devraient voir le jour au parc Central, au cours des prochaines années. Les citoyens du quartier se mobilisent pour préserver le parc et ses espaces verts.

Terrains de soccer au parc Central : une pétition qui dépasse les attentes

Sébastien Lajoie
Sébastien Lajoie
La Tribune
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Isabelle Lord était loin de se douter que la création d’un groupe Facebook et le lancement d’une pétition en ligne visant la protection de la section boisée du parc Central, plutôt que la construction de terrains de soccer et de 250 cases de stationnement, allaient soulever autant les passions.

Vendredi matin, plus de 1800 personnes avaient déjà signé cette pétition en ligne qui « vise à préserver et protéger la forêt de notre parc Central qui représente un écosystème pour plusieurs espèces », peut-on lire sur la page de la pétition en ligne.

Quelques heures après la création de son groupe Facebook, samedi dernier, plus de 450 personnes y avaient déjà adhéré.

Un élan de soutien qui renforce le désir de la citoyenne de l’arrondissement à vouloir faire entendre la voix populaire dans ce dossier.

Rappelons que la Ville de Sherbrooke procédera, en 2021, à la conversion du plus vieux terrain de soccer du parc Central en terrain à surface synthétique.

Mais c’est plutôt l’ajout des 252 cases de stationnement, de trois terrains de soccer à 9, d’un terrain de soccer à 11, et, dans une moindre mesure, de six terrains de micro soccer qui ne passe pas aux yeux de certains citoyens.

« On n’a pas d’objectifs de signatures, pour la pétition. Ce qu’on voulait, au départ, c’était s’assurer que tous les utilisateurs du parc soient au courant des projets de développement. Ce n’est pas tout le monde qui écoute les séances du conseil municipal ou d’arrondissement. Beaucoup d’utilisateurs des sentiers pédestres du parc et les citoyens du quartier à qui j’ai parlé régulièrement depuis samedi dernier ne sont pas au courant. Ces gens-là ont le droit de s’exprimer en amont pour ce genre de projet », poursuit Isabelle Lord.

Tout a commencé il y a un peu moins d’une semaine, par l’envoi d’une lettre d’un citoyen, qui décrivait les projets de construction des terrains de soccer au parc Central.

Enchaînement rapide

Tout s’est rapidement enchaîné, par la suite.

« J’ai reçu la lettre publiée sur les réseaux sociaux sur le pas de ma porte, samedi passé. J’ai contacté l’auteur de lettre et il m’a transféré tous les documents qu’il a obtenus de la Ville, par l’entremise d’Éric Basque, de l’arrondissement de Rock Forest. »

« J’ai par la suite communiqué par courriel avec Pierre Tremblay, le conseiller municipal responsable dans ce coin-là. Je n’ai pas eu de réponse au moment de la création du groupe Facebook, et j’ai écrit aussi à Mme (Nicole) Bergeron, qui m’a répondu par un courriel courtois, mais court, qui ne démentait pas les informations que j’avançais. Donc là, avec les documents en main, on s’est dit qu’il fallait agir, qu’on devait informer les gens. On a fait du porte-à-porte, et les réseaux sociaux nous ont permis de communiquer rapidement et de nous regrouper. Ça s’est fait de manière exponentielle! » dit Isabelle Lord.

« On comprend qu’il y a une volonté de regrouper des terrains de soccer à cet endroit, pour créer un pôle de soccer. Je ne veux pas qu’on me dépeigne comme un anti-soccer, j’ai joué longtemps, c’est un sport merveilleux, mais je me questionne seulement : est-ce le bon endroit pour le faire, ce pôle? Je ne suis pas certaine. Je veux juste lever ce drapeau-là aux citoyens et aux élus, qu’il y aurait peut-être d’autres endroits, plus appropriés. On prévoit bien sûr déposer notre pétition au conseil municipal, mais on n’a pas arrêté de date encore avec les autres membres du comité. »

« Les conseillers municipaux interrogés disent qu’ils veulent conserver les sentiers, et qu’on ne touchera pas aux arbres matures, mais il va y avoir quand même de la destruction de terrains. Et dans ce coin-là, il n’y a pas seulement des arbres matures, mais des framboisiers, des arbustes, qui abritent des oiseaux. Et il y a aussi beaucoup d’animaux. Faire des terrains de soccer va avoir des impacts sur l’environnement c’est sûr », dit Isabelle Lord.

Les 252 cases de stationnement, de même que les six terrains de micro-soccer seraient situés sur un terrain vague actuellement.

« Mais pour les autres terrains, les trois moyens et le grand, il y aura un impact. »

« On considère que c’est beaucoup de terrains qui pourraient disparaître. Il n’y a peut-être pas d’arbres matures dans cette portion, mais il y a des arbustes et des asclépiades, une plante préférée des monarques, une espèce de papillons en voie d’extinction. C’est précieux cette plante-là et il y en a beaucoup dans cette portion du parc », précise Isabelle Lord, dont la passion est l’identification des plantes, activité qu’elle pratique avec ses enfants au parc Central.

Un manque à combler

La Ville rappelle que ce projet est une orientation visant à combler le manque de terrains de soccer dans cet arrondissement. La transformation du terrain de soccer numéro 2 actuel par un nouveau en surface synthétique (terrain pour le soccer à 11 avec 2 terrains à 7 aux extrémités) viendra ajouter au moins 60 heures supplémentaires pour la pratique sportive, dont le soccer, sport le plus pratiqué à Sherbrooke. L’échéancier pour la réalisation du projet serait entre trois et cinq ans.

Dans une publication sur Facebook, la conseillère municipale Annie Godbout rappelle qu’« il est important de mentionner que le parc Central n’est pas un parc nature comme le parc du Boisé-Fabi ou le bois Beckett, où la notion de conservation est la vocation première. Dans le plan directeur des parcs, le parc Central est considéré comme un parc de quartier. »

Elle assure également que la population sera consultée.

Jeudi, le Mistral de Sherbrooke a réagi positivement à l’annonce de la concrétisation de la transformation du terrain #2 en terrain à surface synthétique.

« Ce nouveau terrain synthétique répond donc à un besoin urgent, surtout dans ce secteur de la ville, plus particulièrement en début et en fin de saison, ou les terrains naturels sont impraticables et les autres terrains synthétiques sont occupés par les écoles pour leur programme sportif interne (soccer, football, rugby, etc.). »

Ce terrain synthétique sera, précisons-le, propriété de la Ville de Sherbrooke. Elle sera donc la première à utiliser les heures de disponibilité, ce qui n’est pas le cas des autres terrains à surface synthétique situés aux quatre coins de la ville, qui ont été financés avec d’autres partenaires.