Pierre Dorion n’est pas le seul DG de la LNH qui se prépare doucement à une vente de feu.

Un peu d’action à la date limite?

CHRONIQUE / Pierre Dorion a envoyé une petite onde de choc aux quatre coins de la Ligue nationale de hockey, ce week-end. Il aurait demandé à tous les joueurs qui jouissent de clauses de non-échanges partielles de soumettre le nom des villes où ils ne souhaitent pas déménager.

On affiche une pancarte « à vendre » à Ottawa ?

Si tôt ? À deux mois de la date limite des transactions ?

Ce n’est pas tout à fait ça.

Pas encore, du moins.

La vente de feu n’a pas encore débuté. En tant que directeur général, Dorion doit cependant se préparer. Si les Sénateurs s’avèrent incapables de renverser la vapeur en gagnant la vaste majorité de leurs matches d’ici la fin du temps des Fêtes, il devra se rendre à l’évidence. Il s’agira d’une saison gâchée.

On fera alors grand cas de cette organisation canadienne. Pour cause. Le plongeon, entre 2017 et 2018, aura été vertigineux.

Dorion risque de ne pas être tout seul dans son navire.

Les équipes de la LNH auront jusqu’au lundi 26 février, cet hiver, pour troquer des joueurs et des choix de repêchage. Tout porte à croire que les semaines qui précéderont ce jour seront fertiles en rebondissements.

Les émissions spéciales diffusées sur les chaînes sportives à la télévision ont été plutôt mornes, ces dernières années.

Deux facteurs majeurs tendent à l’expliquer.

D’abord, puisque la majorité des vedettes sont sous contrat à très long terme, le marché des joueurs de location a passablement refroidi.

Le commissaire Gary Bettman a eu ce qu’il voulait, aussi. Quand la parité est forte, les équipes moyennes et marginales restent dans la course plus tard. Leurs dirigeants hésitent à sacrifier des éléments qui pourraient les aider.

Cette année pourrait, toutefois, faire figure d’exception.

Une bonne demi-douzaine d’équipes commencent déjà à prendre du retard sur le peloton. Dans l’Association Est, les Sabres de Buffalo et les Panthers de la Floride sont un peu dans le même pétrin que les Sénateurs.

Dans l’ouest, les Coyotes étaient déjà morts et enterrés à la fin du mois d’octobre. Les Oilers d’Edmonton, que plusieurs voyaient en finale, n’ont jamais réussi à décoller. L’Avalanche du Colorado fait un peu mieux que l’an dernier, mais pas tant que ça.

Combien d’autres équipes se sortiront de la course dans les huit prochaines semaines ?

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Erik Karlsson fait partie des joueurs qui possèdent une clause de non-échange partielle à Ottawa. Il pourrait donc, au même titre que tous les autres, avoir à soumettre une liste des équipes pour lesquelles ils ne veulent pas jouer.

Le meilleur défenseur de la LNH ne risque toutefois pas d’être échangé cette année. Les Sénateurs ne se sépareront pas du meilleur défenseur de leur histoire avant d’y avoir sérieusement réfléchi. Qui plus est, le capitaine est sous contrat jusqu’en juillet 2019. Rien ne presse.

Mike Green pourrait être le meilleur défenseur disponible en février. Il touche un salaire annuel de six millions $ US, mais il sera libre comme l’air l’été prochain. Dans les premières étapes d’un long processus de reconstruction, ils ne risquent pas de s’associer à très long terme auprès d’un quart-arrière âgé dans la trentaine.

Sinon, Gabriel Landeskog pourrait être la plus grosse vedette sur le marché. Le plan de relance de Joe Sakic passe par le départ de deux piliers au Colorado. Matt Duchene parti, il reste le capitaine.

NOS TROIS ÉTOILES DE LA SEMAINE

1. Rask

Le mois dernier, les partisans des Bruins de Boston étaient prêts à pratiquement donner Tuukka Rask. L’ancien récipiendaire du trophée Vézina n’était, apparemment, plus assez bon pour eux. Rask s’est drôlement bien racheté, depuis. Il a signé quatre victoires à ses quatre derniers départs. Il a été battu seulement cinq fois à ses 275 dernières minutes de jeu. Il a possiblement livré sa plus impressionnante performance de la saison cette fin de semaine, quand il a stoppé 30 des 31 lancers des Islanders de New York. Quand il retire son masque et ses jambières, Rask fait ce que tout bon vétéran fait dans la LNH. Il rend hommage à ses coéquipiers. «Les gars font de l’excellent boulot quand vient le temps d’éliminer les deuxièmes et les troisièmes lancers. Mon travail devient plus facile quand je n’ai pas à composer avec tous les rebonds», a-t-il déclaré au diffuseur des Bruins, NESN.

2. Monahan

Sean Monahan a joué les héros en prolongation, jeudi dernier, quand les Flames de Calgary ont vaincu le Canadien à Montréal. Il s’agissait, déjà, d’un 25e but gagnant en carrière pour le jeune attaquant de 23 ans. Seulement cinq joueurs, dans l’histoire des Flames, ont fait mieux. Monahan partage pour l’heure la sixième position avec le légendaire Lanny McDonald. Ce dernier a disputé les 492 derniers matches de sa carrière dans la métropole albertaine. Monahan n’a pas encore atteint le plateau des 350 parties. «Ce qui m’impressionne le plus, c’est qu’il est loin de se montrer égoïste quand il saute sur la patinoire, a déclaré McDonald dans une entrevue qui a été publiée dans les pages du Calgary Herald. Les marqueurs naturels qui sont capables d’alimenter leurs coéquipiers sont souvent les plus dangereux.» Monahan continue de lutter pour le trophée Maurice-Richard.

3. Raffl

Puisqu’il est question de buts victorieux... Michael Raffl doit se sentir drôlement bien en ce début de semaine. Les Flyers de Philadelphie viennent de réussir leur premier balayage de l’ouest canadien en plus de 20 ans. Ils ont réussi à gagner coup sur coup à Vancouver, Edmonton et Calgary parce que leur attaquant autrichien a réussi à marquer trois buts décisifs. Méchant revirement de situation pour celui qui a récemment mis un terme à une séquence de 42 parties sans point ! «J’ai travaillé fort tout au long de l’année, a-t-il déclaré au Philadelphia Inquirer. L’effort, c’est bien. Il faut aussi avoir un peu de confiance pour connaître du succès. Il suffisait de marquer un but pour que la confiance revienne.» De bons partenaires de trio, ça ne peut pas nuire, non plus. Raffl est gâté dernièrement. Il évolue dans le deuxième trio des Flyers avec le talentueux Jakub Voracek.