Thomas Chabot estime que les jeunes joueurs, comme Brady Tkachuk, amèneront de la vitesse et de l’énergie aux Sénateurs cette saison.

Surprendre, mais comment ?

CHRONIQUE / «Nous allons surprendre beaucoup de gens. »

Thomas Chabot a été le premier à dire cela.

Il a fait cette déclaration la semaine dernière. Il se trouvait à Chicago. Il représentait les Sénateurs dans une espèce d’événement médiatique durant lequel la Ligue nationale mettait en vitrine ses plus grandes vedettes, à l’approche d’une nouvelle saison.

Je ne sais pas trop dans quel contexte Chabot a dit ça.

J’imagine qu’il se promenait d’un plateau à l’autre. Il serrait des mains, il accordait des entrevues...

Les animateurs et les journalistes, polis, devaient le prendre avec des pincettes. Ils devaient quand même lui rappeler que tout le monde s’attend à ce que les Sénateurs passent – au moins – une autre année dans la cave du classement.

Un moment donné, un gars doit se tanner.

Chabot est un athlète professionnel, fier de son parcours, ambitieux pour l’avenir. Après un certain moment, il en a probablement soupé de répondre aux gens qui le croient battu d’avance.

J’avais le goût de lui parler de tout ça, mardi midi, quand je me suis pointé au tournoi de golf des Sénateurs.

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« Quand tu regardes les différentes années... Souvent, il suffit qu’un nouvel entraîneur débarque pour que tout change », a commencé Chabot, quand je lui ai demandé de préciser sa pensée.

« Tout le monde nous dit que nous sommes jeunes. Tout le monde nous place déjà en dernière position. Nous n’avons même pas encore commencé le camp ! Moi, je suis convaincu que cette saison va être agréable. Tous les gars sont contents d’être ici. Nous avons tous envie de faire nos preuves devant un nouvel entraîneur. Nous avons tous l’impression que le compteur sera remis à zéro. À partir de là, je me dis que tout peut arriver.

— C’est désagréable, Thomas, de se faire dire avant le début de la saison qu’on finira en dernière position ?

— Non, ce n’est pas le fun. En même temps, on se retrouve dans une position où il n’y a pas de pression. Même si on perd un match, ça change quoi ? Tout le monde s’attend à ce qu’on finisse au dernier rang ! Nous, on le sait qu’on a du talent. On a confiance et on a tous hâte que ça commence. »

Je voulais bien croire sa sincérité. Mais il me restait juste une petite question à poser. Un truc important à savoir.

« Comment comptez-vous surprendre les gens, exactement ? Sur quelle qualité comptez-vous miser, dès le départ, pour vous permettre de vous distinguer des autres équipes ?

— On va être jeunes ! On a du talent. On a beaucoup de vitesse, c’est certain. La jeunesse amène la vitesse. La vitesse amène l’énergie. Ce sont des choses qu’on va voir dès le début du camp d’entraînement. L’année dernière, notre club-école de la Ligue américaine a presque fait les séries. Il faut bien croire que certains jeunes qui étaient là-bas ont fait le travail. Pis les jeunes joueurs qui se trouvaient à Ottawa l’an dernier ont presque tous connu une bonne année. Nous n’avons qu’à bâtir là-dessus. Arriver au camp et prendre avantage des opportunités qui ne s’offraient pas nécessairement à nous lors des années précédentes. »

On va souhaiter bonne chance à Thomas Chabot, dans la poursuite de ses objectifs.

On va quand même se le dire : ce ne sera pas de la tarte.

Il régnait une drôle d’ambiance, mardi, au club de golf Marshes. Il y avait, d’un côté, tout plein de vétérans qui viennent d’arriver, qui sont sous contrat pour une ou deux saisons. Qui doivent comprendre, par la force des choses, qu’ils ne font pas partie des plans à long terme.

Il y avait aussi plusieurs jeunes joueurs qui sont prêts à faire leur place, sans savoir exactement quels sont les besoins.

Pierre Dorion a ouvert un joli panier de crabes en affirmant que personne n’est assuré de son poste, après deux saisons où son équipe a terminé au 30e, puis au 31e rang. Tout cela nous laisse croire, en somme, que tout reste à construire.

Les partisans s’interrogent depuis quelques jours, dans les réseaux sociaux, sur la pertinence de nommer un capitaine le plus rapidement possible.

Certains croient qu’on devrait donner le titre, tout de suite, à Brady Tkachuk.

Mon opinion : il est trop jeune. L’an dernier, il avait souvent l’air d’un ado dans un monde d’hommes.

Chabot est plus âgé. Plus mature. Plus calme. Sa candidature mérite d’être considérée.