Matt Duchene a fait l’éloge de ses jeunes coéquipiers, mardi. « Ils ont fait un super boulot, ici, pour reconstruire un noyau talentueux », a-t-il déclaré.

Simple question de confiance?

CHRONIQUE / Pour un gars qui ne veut pas trop parler, Matt Duchene a dit un tas de choses diablement intéressantes, depuis le début de la semaine.

Mark Stone joue à l’homme invisible, ces temps-ci. Il n’est pratiquement jamais dans le vestiaire en même temps que les journalistes.

Duchene ? Tout le contraire. Vous avez des questions, les boys ? Je vous écoute !

Lundi, le centre numéro un a parlé d’esprit d’équipe. « Je n’ai jamais fait partie d’un groupe aussi uni », a-t-il proclamé.

Ce n’est pas de la frime.

J’ai parlé un moment avec l’organisateur du party du Super Bowl, le très populaire Jean-Gabriel Pageau. Une super soirée. À l’image du reste de la saison.

Me suis fait un peu rabrouer par le coach, plus tard, quand j’ai voulu parler d’esprit d’équipe durant sa conférence de presse.

« L’esprit d’équipe est exceptionnel. Je vous le dis depuis le début de la saison. Tu ne m’écoutes pas ? »

Ça, de toute façon, c’était la déclaration de lundi.

Mardi, Duchene a enchaîné.

Il a commencé par dire aux collègues qu’il ne parlerait pas de son lunch d’affaires avec le directeur général Pierre Dorion. Un lunch auquel son agent Pat Brisson a participé.

Il a donc parlé du développement de ses jeunes coéquipiers. « Ils ont fait un super boulot, ici, pour reconstruire un noyau talentueux. »

Il a parlé un peu d’argent. « Je ne pense pas à ça. Peut-être que je vous en dis trop, mais... Pour moi, le salaire, ce n’est pas une grosse priorité. »

Duchene a offert des réponses franches et claires à toutes les questions, mardi, sauf peut-être la dernière.

Un reporter lui a demandé ce qu’il pensait de la stabilité de la franchise professionnelle d’Ottawa. Des tas de gens se posent des questions quant au propriétaire. Vous, personnellement, vous en pensez quoi ?

« J’ai la chance de porter un chandail de la LNH, chaque jour. Je veux gagner des matches. À la fin de la journée, si on me donne la chance de gagner des matches... Rien n’est plus important que ça. »

Je l’ai écouté et réécouté. Je n’ai toujours pas compris cette réponse.

J’ai fini par me dire qu’il a peut-être simplement choisi de ne pas répondre ; de simplement contourner la question.

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Il faudra forcément que Duchene réponde à cette question, éventuellement. Stone aussi, tant qu’à y être.

C’est peut-être même la question la plus importante du prochain mois.

D’autres ont reproché à Pierre Dorion de ne pas avoir réglé ces dossiers plus rapidement. La meilleure partie de l’année pour discuter de gros contrats, c’est l’été.

Ces gens-là ont peut-être déjà oublié l’été 2018 à Ottawa. Les Sénateurs voguaient d’une controverse à l’autre. De nouveaux feux éclataient presque chaque semaine.

Dorion était, en quelque sorte, le capitaine du service des incendies. Et il travaillait sans équipe. Un des plus gros feux avait éclaté quand son bras droit s’est retrouvé derrière les barreaux.

Les conditions n’étaient pas optimales, pour parler de contrats à long terme avec des joueurs d’impact.

Le climat a tranquillement commencé à changer, en octobre, lorsque la saison régulière a débuté. Les mauvaises nouvelles ont commencé à s’espacer. Le développement des jeunes espoirs a pris le dessus.

Les Sénateurs ont frappé un mur, en décembre. C’était, à la limite, prévisible. Les recrues de talent font généralement du bruit en début de saison. Plus le temps passe, plus les vétérans se détachent.

Duchene reconnaît que ses jeunes coéquipiers ont du talent. Ils vont finir par connaître du succès, ensemble, dans la LNH. « C’est une simple question de temps. »

Il fait bon se trouver dans le vestiaire des Sénateurs, ces temps-ci. Ce n’est pas négligeable. Tant qu’à passer entre huit et 10 mois par année loin de la maison, aussi bien choisir des collègues de travail avec qui on s’entend bien.

Et, puisque l’argent n’est pas le facteur décisif le plus important...

Il reste la délicate question de la stabilité. En dépit des signes encourageants, peut-on se fier aux dirigeants qui sont en place pour que se poursuive la croissance ?

Quand on s’engage auprès d’une organisation pour une durée de huit ans, la confiance, c’est quelque chose de très important.