Leylah Fernandez (photo) a eu l'occasion de jouer en double avec la joueuse d'expérience Rebecca Marino.

Si on gratte la peinture...

CHRONIQUE / Le site du Challenger Banque Nationale de Gatineau a fière allure. Vraiment. Le nouveau kiosque d’accueil, le chapiteau plus spacieux où les spectateurs peuvent se cacher du soleil, le «food truck» du Gainsbourg, le court de mini-tennis pour les enfants...

C’est invitant.

La météo s’est mise de la partie. Pour la toute première fois, en six ans, aucun match n’a été remis, à date, pour cause de pluie.

Et le tennis est de qualité. Comme toujours.

Mais...

Puisqu’il y a toujours un mais...

« Je dois être prudent dans la façon dont je t’explique ça. »

Mathieu Toupin m’a dit ça trois fois, au moins, dans une conversation d’une trentaine de minutes, vendredi.

Le co-directeur du Challenger ne veut pas avoir l’air du gars qui se plaint.

« C’est notre plus belle édition. Nous sommes vraiment fiers », insiste-t-il.

C’est peut-être ma faute, au fond. Je voulais parler d’avenir, de projets de croissance...

Ses réponses m’ont laissé croire que de gros défis se pointent à l’horizon.

« Les terrains doivent être refaits. Ça, c’est un gros défi », m’a-t-il résumé.

Il semblerait que les joueurs d’élite internationaux qui visitent l’Outaouais aiment beaucoup de choses, dans l’organisation du Challenger.

Ils apprécient moins les infrastructures vieillissantes de Gatineau.

« Mettons que les murs de ta maison craquent. Si la visite débarque demain soir, tu peux tout cacher en donnant une couche de peinture. La semaine prochaine, le mur craquera encore. C’est un peu ce qui se passe ici. »

« La surface de jeu, ici, n’est plus bonne. La base n’est plus bonne. »

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Je vais m’éloigner un peu de mon sujet — mais pas trop.

Jeudi soir, dans ma voiture, j’écoutais Louis Borfiga jaser de la progression du tennis canadien à l’émission de radio Bonsoir les sportifs.

Depuis 13 ans, maintenant, il occupe le poste stratégique de vice-président du développement de l’élite à Tennis Canada. À son arrivée au Canada, l’entraîneur français avait été surpris par le manque d’ambition de ses nouveaux protégés. C’est un peu comme si le Canada ne se croyait pas capable de faire de grandes choses, dans cette discipline.

Chaque année, les tournois de la série Challenger qui sont présentés au pays nous prouvent que les choses évoluent.

Bianca Andreescu, Peter Polansky, Denis Shapovalov et Aleksandra Wozniak ont chacun leur tour triomphé, au parc De l’Île, depuis 2016.

Dans le court terme, l’événement va continuer de progresser. Les bourses remises aux dames vont même augmenter de façon significative, l’an prochain.

Il ne faudrait quand même pas que les petits problèmes d’aujourd’hui deviennent de gros problèmes, demain.

J’imagine que c’est un peu ça que Mathieu Toupin voulait me dire.

Il ne veut pas avoir l’air trop négatif parce que la Ville de Gatineau a souvent été réceptive à ses demandes.

Les canaux de communication sont toujours bien ouverts.

« Une réflexion est en cours. On pense parfois à développer un complexe d’excellence. Ici, nous sommes à côté d’une polyvalente. Est-ce que c’est vraiment le meilleur site ? Il y a un terrain de soccer, juste à côté. Le stationnement pose toujours problème. Nous empruntons celui de Bob Guertin, mais que va-t-il se passer avec Bob Guertin ? »

« Tout le monde est conscient des défis. Là, il faut mettre les projets en branle. »

« Nous ne sommes pas inquiets, mais nous ne savons pas exactement ce qui va se passer. »

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La joueuse d’expérience Rebecca Marino a donné un coup de pouce à deux étoiles montantes québécoises, cette semaine.

En plus de jouer en double avec Leylah Fernandez, elle a servi de partenaire d’entraînement à Mélodie Collard.

On m’a parlé d’une journée, en particulier, où Collard ne parvenait pas à très bien exécuter un coup en particulier. Elle se sentait mal de retenir Marino sur le terrain d’entraînement du parc Moussette.

« Relaxe. On est à la page, ici », aurait répondu la Vancouvéroise de 28 ans. Et elles ont continué de frapper des balles, un petit moment, jusqu’à ce que l’exercice soit complété.

C’est aussi pour ça, j’imagine, qu’existent les tournois de la série Challenger.